LA FEMME ROUGE ÉPISODE 8
GARDONS ESPOIR
Épisode 8
- Anita
La scène était effrayante. Il aurait fallu venir d'un autre monde pour y rester sans avoir des battements de cœurs extrêmes.
Le jeune enseignant ne sut à quel moment cette maman et son bébé n'étaient plus devant lui. Il se leva et commença une course en marche arrière avant de se retourner pour s'enfuir.
Il savait au fond que tout cela avait un lien avec Meda. Il ne demandait qu'une femme pour une petite famille et son petit travail.
A aucun moment il n'avait pensé à entrer dans un monde extraordinaire. La frayeur porta de bons fruits en faveur de la femme rouge.
Au lieu d'aller à l'hôpital, il rentra chez lui faire ses affaires pour aller au village. Il savait que ses parents allaient mieux le guider sur la situation qu'il venait de vivre.
Sa promesse de revenir voir Meda était tombée à l'eau. Allongé dans son petit lit, elle se demandait où il pouvait bien être.
Elle en devenait triste. La porte s'ouvrit et elle pensa que c'était lui. Anita entra avec des éclats de rires.
Meda : pourquoi tu ris ? Tu as vu quoi ?
Anita : c'est un docteur ici qui m'amuse. Il a failli tomber.
Meda : Martin n'est pas revenu comme il me l'a promis
Anita : une femme est venue le chercher tout à l'heure. Elle était avec leur fils, il a dut partir. Il n'a même pas fait cours le reste de la journée.
Meda : je ne te comprends pas
Anita : je te dis que sa femme et son fils sont venus le chercher. Tu pensais vraiment qu'il était un homme célibataire sans enfant ? À son âge ? Tu es bête ?
Meda : tu mens, tu mens... Il ne peut pas me dire de l'attendre et il ne vient pas pour cette raison. Il m'a dit qu'il allait rester avec moi. Que...
Anita : il t'a vendu des rêves ma chérie. Moi à ta place je vais réfléchir à un moyen de faire payer à ces gens-là ce qu'ils m'ont fait subir. En plus tu penses que quel homme normal, sachant que tu as été violé par trois hommes va vouloir se coucher avec toi ? Sois réaliste ma chère.
Meda : comment tu sais qu'ils étaient trois ? Je n'ai encore rien dit à personne
Anita : je suppose juste. Je suis en train de te dire de faire payer à tes violeurs. Ils doivent payer le prix fort, ils doivent payer de leur vie. La police va prendre les dépositions, se promener comme si une enquête était en cours et par la suite on va classer l'affaire et plus jamais tu n'entendras parler de ton cas.
Meda : tu crois que toute seule je vais faire ça comment ? Mère Esther ne va pas accepter
Anita : c'est à toi qu'on a fait du mal et à personne d'autre. Tu n'as besoin de dire à Mère tout ce que tu fais. En plus je suis là pour t'aider. Tu sais ce que tu as à faire.
Meda : je ne sais pas
Anita : tu le sais. Fermes les yeux et dis-le !
Mère Esther entra au même moment. Elle avait fleuré un mauvais augure dans les parages. Les docteurs ayant confirmés que la petite allait mieux, elle préféra qu'elle rentre dès ce soir.
Mère Esther : on va partir maintenant. Je ne sais pas pourquoi Martin n'est pas revenu. Il a réglé le reste de la facture par téléphone.
Anita : il est rentré avec sa femme et leur fils. C'est pour ça qu'il n'est pas revenu
Mère Esther : en tout cas nous devons sortir de l'hôpital. Ici nous ne pouvons pas grand-chose contre elle.
Meda : contre qui ma mère ?
Mère Esther : je vais te raconter ça quand on sera à la maison
Anita était mécontente mais elle n'avait pas le choix. Les affaires furent pliées et ils rentrèrent sur le moment. Une fois sur place, Meda fut dirigé directement vers la salle de prière.
Pendant qu'on priait, elle cherchait dans sa tête le moyen par lequel elle pouvait obtenir vengeance. Sur le moment, l'image d'une visite mystérieuse qu'elle avait reçu à l'hôpital s'éclaircie dans sa tête.
Elle ouvrit les yeux pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Elle ne remarqua pas l'endroit dans lequel elle se trouvait. Les sœurs qui étaient en prière autour d'elle n'étaient plus là, la mère Esther non plus, elle avait disparu.
Elle était au milieu d'une grande cour. Elle entendait des cris, des pleurs mais ne voyait personne. Elle se leva et voulut avancer mais ne put bouger.
Elle vit une femme marcher en souriant, on aurait dit que c'était elle même mais il y'avait quelques traits de différences.
Elle aperçut un homme venir vers la jeune femme, la bousculer de force par terre, l'ouvrit les jambes et fit avec la femme ce qu'avait fait ses violeurs il y'avait un peu plus de vingt-et-quatre heures.
Meda se mit à hurler sans jamais entendre le son de sa voie. Lorsqu'elle revint à elle, elle vit la femme rouge placée juste devant elle.
Meda : qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Pourquoi suis-je la seule à vous voir ?
-tu me vois parce que tu veux que je vienne à toi. Tu veux que je vienne à toi parce que tu es mon sang. Tu n'es pas la seule à me voir, celle dont je suis un bout de chaire me voit aussi.
Meda : je ne vous comprends pas.
-tu me comprends très bien. Tu perds le temps et bientôt on ne pourra plus faire payer à ces gens ce qu'ils t'ont fait. Tu as vu la petite femme qui se faisait agresser dans la cours. C'était moi ! Je suis passé par le même chemin épineux que toi mais j'ai su obtenir vengeance.
Meda : il n'y a que Dieu pour condamner les gens. Je ne prierai que lui
-Dieu tu dis. Tu sais qu'il a le pouvoir de soulever la pierre la plus lourde et de déplacer l'arbre le plus enraciné. Demande toi pourquoi il n'a pas pu empêcher ces gens d'agresser ton ami après lui avoir pris tous ses sous et de t'avoir abusé. Dieu avait le pouvoir de faire ça mais il ne l'a pas fait.
Meda : mais pourquoi ? Je l'ai toujours servi
-Tu n'es pas sa favorite, c'est tout. Il choisit ceux à qui il va donner une meilleure vie. Mais moi je viens remédier à cela. Pour moi, tout le monde doit avoir ce qu'il mérite. Tu mérites de te soulager du poids que tu as sur les épaules, tu mérité de ne plus souffrir.
Meda : comment faire ? Quand je ferme les yeux je vois ces hommes me toucher. Je les sens me déchirer. Je ne veux plus penser à ça. Je ne veux plus les voir.
- cette nuit dans ton lit, prie-moi comme je te l'ai appris et je viendrai.
Meda : mais vous êtes déjà là
-je ne suis que dans ta tête. Pour que je sois de chair et d'os comme toi, il faut que tu fasses le rituel. N'en parles à personne, surtout pas à Mère. Fais-le toute seule.
Meda : et vous allez m'aider ?
-on va les faire tomber un à un. Non seulement eux mais aussi tous ceux qui ont eu la malchance de te jeter ne serait-ce qu'une pierre. Tu n'auras qu'à donner un nom.
Pendant qu'elle vivait ce moment dans sa tête, on essayait de la réveiller dans sa salle de prière car elle s'était soudainement écroulée. Mère Esther priait de toutes ses forces.
Son lien dans cette histoire était un frein à l'accomplissement de ses prières. Meda se réveilla et ne parla à personne.
Elle se leva et sortit de la salle sans répondre aux appellations de la Mère supérieure.
La petite adolescente peinte de vengeance fit un tour à cuisine. Elle y ramassa une lame de cuisine et une boite d'allumette avant de rejoindre sa chambre où elle s'enferma.
Couché dans cette chambre toute noire, la gamine ouvrait la porte aux malheurs au nom de la justice. Elle fit exactement ce qui lui avait été demandé de faire.
Meda : Femme rouge, Femme rouge, Femme rouge !
Elle alluma une buchette d'allumette et fit chauffer la lame avant de se couper la peau avec. Elle porta le sang qui s'y écoulait jusqu'à sa poitrine.
Elle venait de faire revenir des enfers le démon qui avait emporté sa génitrice.
Dès qu'elle eut terminé avec le rituel, Anita surgit devant elle.
Meda : tu fais quoi là ? J'étais seule dans la chambre
Anita : le rituel a marché et maintenant nous pouvons leur faire payer ce qui t'ais arrivé.
Meda : je veux comprendre comment tu fais pour être au courant de tout.
Anita ferma les yeux et leva les mains. Une fumée noire sortit de nulle part et l'entoura. Avant que Meda n'ait le temps de réaliser ce qui se passait, la femme rouge était là.
Meda : tu es la femme rouge ?
-non ma fille, j'utilise juste le corps de cette jeune fille. Demain tu redeviendras la petite lycéenne timide et influencée par tout le monde. Tu vas chercher le nom de chacun de tes bourreaux et tu n'auras qu'à prononcer leur nom pour obtenir satisfaction.
Meda : j'ai peur
-n'ai pas peur mon enfant, je suis là pour toi. Tu ne dois avoir de pitié pour personne. Tu ne dois écouter personne en dehors de moi. Oublie tout ce que Mère Esther t'a enseigné, ça ne t'a pas aidé hier, ça ne t'aide pas aujourd'hui et demain encore ça ne t'aidera pas. Oublie cet enseignant de pacotille qui te fait l'aimer alors qu'il a une famille et des enfants. Il est ton ennemi et non ton amour. Tu devrais même le mettre sur la liste des gens à éliminer.
Meda : c'est compris
-couches-toi et dors. Demain on s'apprêtera pour l'école comme si de rien n'était. Tu souriras comme tu l'as toujours fait. Une fois à l'école tu deviendras la guerrière que tu aurais dû être depuis toujours.
Meda se coucha et s'endormit aussitôt. La femme rouge posa les mains sur sa tête. D'un doigt ensanglanté, elle fit descendre une goutte de sang sur la tête de la petite.
Une lumière rouge jaillit de ses yeux et elle disparut, laissant la place à Anita.
Le matin arriva. Meda se lava de son lit sans faire sa prière. Elle s'habilla sans prendre sa douche. Ses douleurs entre les jambes n'étaient plus là. Elle ramassa son sac sans chercher à savoir ce qui s'y trouvait.
Elle était une toute autre personne. Il était cinq heures trente du matin. Elle sortit du couvant sans laisser de trace.
Marchant sans s'arrêter, elle se dirigeait vers la scène du crime. Une fois sur place, elle coupa une herbe et renifla. Elle remit cette herbe dans son sac et prit la route du lycée.
Cette jeune et douce enfant innocente était devenue l'objet d'un être diabolique. Elle alla se placer devant le portail comme si elle fut une revenante.
Elle resta sur une position unique jusqu'à ce que le portail soit ouvert.
Elle n'alla pas en salle. Elle resta là à observer tous les élèves qui entraient au lycée. D'un moment à l'autre elle aperçut son premier bourreau.
Elle se mit à le suivre jusqu'à sa salle de classe. Celui-ci faisait la classe de première et était compté parmi les plus riches des élèves du fait de l'étendu de la richesse de sa famille.
Elle marcha sur ses pas jusqu'à ce qu'il se retourne et vienne vers elle car il avait fait le constat.
-toi c'est qui et pourquoi tu me suis ?
Elle sourit, fit la coquine en lui caressant le pantalon.
Meda : moi mon nom n'est pas important. C'est le tient que je veux connaitre.
Ce jeune homme qui était soule pendant son acte impur sur la jeune fille ne l'avait pas reconnu pendant son moment de lucidité.
Emporter par la petite caresse de Meda, il se mit à sourire tout bêtement. Animé par des désirs sexuels, il se disait être tombé sur un bon gibier.
-je te dirai mon nom ce soir. Que dis-tu d'un petit rendez-vous ? Juste toi, moi et ce que nous avons en dessous ?
Meda : humm... Il n'y a pas de soucis. Je t'indiquerai le lieu et l'heure. Tu me plais beaucoup
Cette fille de nature pudique ne ressentait aucune honte à se faire mater par un homme au milieu des élèves de classe inférieure. Son premier poisson venait de mordre à l'hameçon.
La seule personne qui pouvait empêcher la petite Meda de devenir une meurtrière c'était son enseignant qui était en plein cœur de Ndoh, son village natal, à chercher des réponses à ses questions.
À suivre...
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