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LA FEMME ROUGE ÉPISODE 1

GARDONS ESPOIR

Aug 21, 2024 - 9 Minutes

Épisode 1

  1. À l'école 

Par une matinée des plus lumineuses, glaciales et apaisantes, La petite Meda faisait étendre le linge sur les cordes de la grande cours. Tous ces vêtements étaient colorés de blanc et de noirs, couleur par excellence dans ce couvant où elle avait passée toute sa vie.

Orpheline de père et de mère, la petite lycéenne en classe de terminale avait des rêves de grandes dames. Elle voulait devenir un modèle pour les personnes dans sa situation.

Son innocence et son goût de vivre malgré le mépris de la société étaient tout son charme auprès des sœurs de ce grand manoir. En étalant son linge elle chansonnait, se balançait dans tous les sens au rythme des louanges divines.

Elle perdait le temps à faire son tout premier travail de la journée, elle y était depuis plus d’une trentaine de minute. La Mère Esther arriva et la trouva en pleine réjouissance.

Mère Esther : tu danses jeune fille, tu chantes aussi. Est-ce que tu sais qu’il y’a un tas d’assiette qui sous ta responsabilité dans cette cuisine ? (pointant la cuisine du doigt)

Meda : excusez-moi ma mère, c’est juste que ma note de science me plait toujours. J’ai bâché tout le monde en classe.

Mère Esther : rendons grâce au tout puissant

Dotée d’une intelligence sans pareille, Meda se faisait encore plus d’ennemies à cause de sa capacité de compréhension et de rétention. Aucune notion en salle ne lui échappait.

Elle n’était peut-être pas toujours la première mais personne n’avait son esprit de génie dans la salle. Sa note de science lui avait fait oublier un instant qu’elle gagnait ses sous de l’école en réduisant les travaux ménagers des sœurs. Heureusement pour elle, Mère Esther était toujours là pour le lui rappeler.

Mère Esther : je te signale que ton argent de beignet de la semaine dépend de ton travail. Tu devrais bouger tes petites fesses sur le travail et non sur la danse.

Meda : vous savez très bien que je vais tout faire pour terminer mes travaux avant la prière du soir. Je suis toujours à l’heure pour ça.

Mère Esther : chaque jour n’est pas dimanche ma petite

La petite s’était de plus en plus pressée pour finir avec ses travaux de la journée. Manquer à une seule prière était pour les sœurs un péché. Meda avait horreur d’être réprimandée par ces femmes qui avaient plus fait pour elle que n’importe qui sur cette terre.

Elle n’était encore qu’un nourrisson à son arrivé. Ses parents s’en étaient allé dans un accident de voiture non loin du couvant. Les bonnes sœurs l’avaient recueilli et en avait fait la fille que l’obédience chrétienne les interdisait d’avoir.

Sautillante et pétillante, elle faisait de chaque journée une aventure qu’elle racontait à Mère Esther après la prière.

Ce soir, elles étaient toutes deux assises à la cuisine, triant les graines de haricots de bonnes qualités pour le repas du jour suivant. Comme à ses vieilles habitudes, Meda racontait ses aventures.

Meda : aujourd’hui j’ai lavé plus d’habit que d’habitude. J’ai aussi nettoyé toute la cuisine après avoir lavé les assiettes. J’espère que ce chichard d’Igor va me donner plus de sous pour la semaine.

Mère Esther : mords-toi la langue jeune fille. Tu ne dois pas simplifier ce qu’on te donne. Contente toi de cela et ne pense pas à mal de lui, pas même en pensé.

Meda : mais ma mère, il est très chiche. Parfois il me donne ci peu d’argent que je n’arrive même pas à tenir toute la semaine. Parfois je viens même vous voir avant la fin de la semaine.

Mère Esther : il te donne ce qu’il peut te donner. Ne soit pas ingrate

Meda : je ne suis pas ingrate, je dis juste qu’il doit me payer en fonction du travail que j’ai fait. Il a pourtant beaucoup d’argent

Mère Esther : tu as déjà les longs yeux ma fille. Si je t’entends encore parler comme ça je vais surement te fouetter. Repend-toi !

Meda : ça va alors, je ne parle plus de lui. Parlons plutôt de vous ma mère. Il y’a une question que j’ai toujours voulu vous poser.

Mère Esther : j’espère que ce n’est pas l’une de tes questions sur la science et la bible. Tu sais très bien que ce débat ne finira jamais entre toi et moi.

Meda : je veux juste savoir pourquoi il vous est interdit de vous marier et de faire des enfants. Je sais que vous m’avez déjà expliqué cela mais je veux comprendre pourquoi vous particulièrement avez choisi ce chemin.

Mère Esther : oulala ma fille, je n’ai pas choisi ce chemin, ce sont les voix du seigneur qui m’ont guidé jusque-là.

Meda : moi je veux avoir beaucoup d’enfant quand je serai en âge. Avec un mari beau comme tout et…

Mère Esther : bientôt je vais te laisser tout ce haricot et je vais aller dormir. Dans les normes on dort tout de suite après la prière. Je ne sais pas pourquoi je suis tous les soirs assise avec toi à écouter tes histoires de bébé.

Meda : chaque fois que je parle de mon avenir vous n’êtes pas contente.

Mère Esther : je le suis mon enfant, juste que je veux que tu penses d’abord à avoir une bonne position aux yeux du très haut, dans la société ensuite et enfin tu pourras penser à tes bébés comme tu voudras.

Meda : mais je serai déjà vieille et aigrie si je dois attendre d’avoir tout ça.

Mère Esther : ne sois pas pressé. Tout arrive à temps et si tu sais être patiente, tu auras les meilleures choses. Ne te presse pas pour avoir un bonheur éphémère. Allons dormir, on continuera ça demain. Je tombe de sommeil.

Meda : Passez une bonne nuit ma mère. Jamais je ne cesserai de vous remercier pour m’avoir prise sous votre aile. Dieu vous bénisse ma mère.

Mère Esther : orrr ma petite enfant… Dieu te comble de toutes ses merveilles. N’oublie pas de prier avant de te mettre au lit. Ne dors pas non plus sans jeter un coup d’œil dans ton cahier. Le weekend n’est pas fait pour dormir uniquement.

Meda : j’ai compris ma mère

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Elle sautilla jusqu’à sa petite chambre au lit à place unique. Elle ouvrit son cahier et y jeta un coup d’œil avant de le refermer sur le moment. ‘’J’ai jeté un coup d’œil comme promis’’, se murmura-t-elle.

Elle fit rapidement un signe de croix, récita deux, trois paroles bibliques. ‘’J’ai prié aussi’’, se convaincu-t-elle. Meda plongea dans la couverture et y épongea toute sa fatigue jusqu’au petit matin.

Son dimanche ne fut pas très différent de la journée qui venait de passer. La seule particularité de ce jour était le fait qu’il soit pleinement consacré aux louanges.

Meda commençait la journée à l’église et la terminait dans la cuisine avec Mère Esther après avoir fait mille travaux.

Le weekend passé, c’était le moment d’éteindre la lumière sur son visage lumineux et faire place à la tristesse né du mépris des autres.

Le lundi était sa journée la plus sombre. Elle savait qu’on lui avait concocté de nouvelles insultes, de nouveaux coups montés.

Cette matinée était particulièrement affligeante pour elle. Elle était restée au lit jusqu’à ce que Mère Esther vienne la chercher à sept heures du matin.

Mère Esther : mais ma fille, tu fais quoi au lit à cette heure ? Tu vas t’apprêter à quelle heure jusqu’à arriver au lycée ? Tu veux qu’on te ferme hors du portail ?

Meda : je ne veux pas y aller ma mère. Les gens se moquent de moi de plus en plus. Je veux rester ici.

Mère Esther : laisses les mauvaises langues faire ce qu’elles ont à faire. Ta gloire est détenue par le tout puissant. Sois forte ma petite enfant, laisses les parler.

Meda : pourquoi ils font ça ? Pourquoi sont-ils méchant avec moi ?

Mère Esther : lorsqu’une personne sent en elle des manquements qu’une autre personne n’en a pas, la jalousie nait. Ils ne sont pas méchants ma fille, ils souffrent de cette maladie qu’on appelle la jalousie.

Meda : qui pourrait être jaloux d’une personne comme moi ? Je n’ai ni père, ni mère. Ils ont tous brulé et m’ont abandonné. Qui peut bien être jaloux de moi ?

Mère Esther : ma pauvre enfant ! Pourquoi tu t’affliges pareille souffrance ? Ne sais donc tu pas que tu es une enfant de la lumière ? Le tout puissant t’a remis entre nos mains pour que nous soyons ta mère et ton père. Cesses de te faire du mal à cause des haineux.

Meda : ça fait tellement mal, leurs mots. C’est tellement blessant. J’ai peur de les entendre à nouveau. Je veux rester là aujourd’hui. Demain j’irai !

Mère Esther : tu vas te lever de ce lit, prendre une douche, manger et aller à l’école. Que tu y aille demain ou après-demain, ils ne changerons pas leur manière de te parler. Tu ne peux pas mettre ta vie en pause à cause des gens qui n’ont pas d’objectif. Sois fortes, je te le dis toujours.


Elle ne pouvait pas contester les ordres de la mère suprême. Elle se leva avec paresse et alla se doucher péniblement. Il n’y avait plus de temps pour manger alors elle emporta son pain tartiné à l’école.

Le lundi matin était dédié au rassemblement de tous les élèves et des enseignants dans ce lycée situé en plein cœur de la ville Dschang, à l’ouest Cameroun.

La levée des couleurs demandait du patriotisme de la part de tous les élèves. Les retardataires étaient obligés d’attendre jusqu’à la fin de la cérémonie avant d’entrer dans l’enceinte de l’établissement.

Meda faisait partie de ces retardataires. Elle savait déjà que sa semaine allait mal se dérouler. La cérémonie matinale s’était déroulée assez rapidement.

Elle était la dernière à arriver en salle de classe à cause du portier qui les avait fait trainer. A son arrivé, les yeux de tous les élève était rivés sur elle.

Certains murmuraient son nom en riant, d’autres lui souriaient avec hypocrisie pendant que certains avaient assez de courage pour lui dire à haute voix ce qu’ils avaient à dire.

Parmi ces élèves il y’avait un groupe de trois filles. Les stars de la classe, les plus sexy et les plus riches. Les plus convoités et les plus respectés.

Elles avaient la particularité d’être sans gêne lorsqu’elles voulaient se faire entendre. Que ce soit pendant les cours ou pendant la pause.

L’heure du premier cours avait sonné. Meda était assise au premier banc comme toujours. Elle était concentrée sur la voix et les explications de son enseignant d’histoire et géographie.

Pendant que celui-ci dispensait son cours, son téléphone l’interrompu et il dut faire une pause. C’était le moment pour les hippies de la classe de faire passer un sale quart d’heure à la petite orpheline. Orlane, la plus insupportable, commença.

Orlane : notre petite sans père, sans mère est arrivée en retard aujourd’hui. C’est comme ça quand tu n’as personne pour te réveiller le matin. Ce n’est que normale que tu viennes en retard à l’école.

Morgane, la seconde fille du trio ajouta,

Morgane : en plus elle n’a que deux nattes sur la tête. De laides nattes hein, on dirait les battons de maniocs.

Orlane : ce n’est pas de sa faute. Où est la mère qui va la coiffer ? Il faut te raser ma chérie, ne fait plus souffrir tes cheveux pour rien.

Morgane : elle va trouver l’argent où pour se raser ? Les bonnes sœurs là lui donne même combien par jour ?

Tous se mirent à rire d’elle. Une envie de pleurer l’envahit. Elle se demandait ce qu’elle avait bien pu faire à ces personnes qui ne cessaient de lui briser le moral. Elle serra les dents, ravala ses larmes, se leva et se mit devant tous les élèves.

Meda : je n’ai pas demandé à perdre mes parent (remontant les larmes), je n’ai pas demandé à ce que le feu les consume, je n’ai pas souhaité être orpheline (pleurant à chaude larme). Vous m’insultez, me rabaissez mais un jour vous vous en mordrez les doigts. Mon heure de gloire n’appartient qu’au seigneur et non à vous.

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Merci pour la lecture ♥️♥️

À suivre...

Jalousie
Résilience
Orphelinat
Ambition
Mépris Social