MON BOURREAU ÉPISODE 18
GARDONS ESPOIR
Épisode 18
#Mon_Bourreau
- Love ♥️
Dire la vérité, je ne l’avais pas fait. J’avais privilégié le bonheur de cette relation en pensant que me taire était le mieux à faire. Ça faisait déjà quelques mois depuis son départ.
Il était devenu tellement rare qu’à certains moments, je pensais qu’il m’avait déjà oublié. C’est lorsqu’en révisant mes leçons, je recevais un appel vidéo de lui que je le ressentais à nouveau dans ma vie.
Il s’était débarrassé de ses barbes et de ses cheveux, il avait beaucoup perdu du poids.
Moi : là-bas on ne mange pas ? Tu as perdu trop de poids
Paul : on mange mais juste deux fois et en petite quantité. On veut nous apprendre à surmonter la famine au cas où.
Moi : jusque-là, on devrait bien vous faire manger. Tu es devenu comme une chicotte.
Paul : et toi alors ? C’est l’école qui te fait maigrir comme ça ?
Moi : en partie, mes enseignants à domicile disent que si je continue dans la même lancée, je pourrai me présenter pour le brevet l’année prochaine. J’ai hâte.
Paul : je ne doute pas de toi. Tu as une grande volonté et la mère qu’il faut pour te stimuler dans le sens de la réussite. Tu vas y arriver
Moi : j’ai aussi l’homme qu’il faut
Paul : tu es mignonne, je resterai là toute la vie à parler avec toi mais je dois dormir. Ma journée a été tellement fatiguante que j’ai l’impression que ce n’est même plus moi qui parle.
Moi : et tu vas encore faire des semaines sans me joindre
Paul : on n’en a déjà parlé et tu sais que j’ai des raisons. Tu dois te concentrer sur tes cahiers et moi sur ma formation. En plus je te fais signe à chaque fois que j’ai la possibilité.
Moi : hummm
Paul : humm aussi…
Moi : passe une excellente nuit chéri
Paul : j’aime mieux ça, je t’aime très fort.
En entendant cette phrase je me sentais comme un bébé à qui on avait donné une sucette. Je souriais bêtement et me la répétait sans arrêt. Le temps allait aussi vite qu’une fusée, on ne voyait même pas l’année passée.
J’étais prête d’après mes enseignants pour déposer mes dossiers de brevet, ce qui fut fait. Paul et moi avions mis une grande distance entre nous afin de pouvoir mieux nous concentrer sur nos objectifs. Je voulais braver dans mes études.
Cette année fut comme je l’avais rêvé, avec bravoure, j’obtins ce diplôme et le concours d’entrer en capacité en droit. Il nous était possible de faire ce concours au niveau BEPC. Je devais faire deux ans en capacité avant d’entrer en faculté.
J’étais tellement heureuse ce jour. Papa était venu et nous avions organisé une petite fête entre nous. Entre manger et boire à notre faim, j’en avais oublié de parler de ma nouvelle réussite à Paul.
Je m’étais éloigné des bruits pour faire part de ma joie à mon homme. A l’autre bout du fil, il semblait tellement fatigué de sa journée comme d’habitude.
Paul : waouh, mes félicitations ma chérie. Je savais que tu allais y arriver
Moi : mais c’est quoi cette voix ? Tu as l’air très fatigué
Paul : ma journée était monstrueusement dure mais ça va aller. Plus qu’une année de formation et je rentre.
Moi : je vais donc te laisser te reposer.
Paul : n’oublie pas que ma sœur va passer te chercher demain pour aller chez ma mère. Je veux qu’elle te connaisse et qu’elle commence à s’habituer à toi.
Moi : elle doit certainement être au courant de tout ce qui s’est passé. Et si elle ne m’accepte pas ?
Paul : ma mère est comme moi chérie, elle va t’accepter. Je lui ai déjà tout raconté sur toi et elle sait que tu n’as été qu’une victime dans tout ça.
Moi : j’espère vraiment qu’elle ne va pas me chasser
Paul : mais que dis-tu… Bon, je vais dormir. Je t’appelle très tôt le matin. Si tu n’es pas en ligne je vais partir donc prends tes dispositions.
Moi : c’est compris, dors bien mon chéri.
Peu importe la façon avec laquelle il me rassurait, j’avais toujours peur que sa mère ne m’accepte pas. Ce doute me vola ma bonne humeur pour cette belle soirée que m’avait organisé mes parents. Maman me trouva toute pensive sur le balcon.
Maman : ne me dis pas que tu vas pleurer un jour comme celui-ci ? C’est quoi le problème ?
Moi : c’est que demain je dois aller voir la maman de Paul
Maman : c'est une très bonne chose. Pourquoi tu fais donc cette tête.
Moi : tu connais mon passé maman, en plus je pars voir la femme donc j'ai en parti tué le mari.
Maman : je crois que tu dois maintenant arrêter cette farce. Si tu ne dis pas la vérité à Paul dès son retour, je le ferai moi-même. Vous ne pouvez pas vous marier avec ce mensonge.
Moi : humm... Ne parlons pas de ce sujet. Papa va venir avec nous?
Maman : mais non ma chérie, c'est à Paul de venir voir papa une fois de retour. C'est moi qui vais venir avec toi.
Moi : j'espère que cette maman est comme son fils
Maman : si son fils est confiant au point de te demander d'aller la voir même sans lui, c'est qu'elle a bon cœur. En plus si elle te traite mal, je vais sortir mes griffes.
Moi : j'ai confiance, hahaha
Il n'y avait que ma mère pour me redonner confiance en moi. J'avais passé le reste de la soirée à imaginer comment serai ma conversation avec ma future belle-mère, même la nuit j'avais rêvé d'elle.
Très tôt le matin, je reçus comme convenu l'appel de Paul. Il était tellement pressé qu'il oublia de me dire bonjour.
Paul : j'espère que tu es prête ma chérie.
Moi : je suis super stressée, je ne sais même pas comment je vais me présenter.
Paul : tu n'as pas à avoir peur. Tu sais que mon retour sera comme un flash. Quand je vais rentrer, on devra vite faire de se marier et retourner ici ensemble. Je n'aurai même pas deux mois à faire là-bas.
Moi : je sais, c'est pour ça que je dois me familiariser avec ta mère pendant cette année.
Paul : d'accord, une fois là-bas, fait moi signe. Je verrai comment me libérer pour assister à ça.
La matinée avait été assez agitée avec maman et moi dans nos gardes robes. Je ne voulais pas que ma future belle maman voit une erreur sur moi. Le temps arriva et la sœur de Paul vint nous chercher. C'était une jeune femme très belle et aimable, comme son frère.
Elle ne parlait pas beaucoup mais souriait même pour un rien. Une fois à la maison, elle nous installa au séjour avant d'aller chercher cette vielle maman non pas usée par la force de l'âge mais par celle des maladies. L'accueil fut particulièrement chaleureux, tellement qu'elle se mit à parler en dialecte avec maman.
Je n'y comprenais rien mais je riais quand elles riaient. C'est ce jour que je rencontrai mon sauveur. Paul n'était pas en ligne alors on dut passer cet agréable moment sans lui. Au moment de prendre congé de la famille qui n'était constitué que la mère et de la fille comme maman et moi, un monsieur robuste entra dans la salle.
Il ressemblait au papa de Paul comme si ce fut lui en personne. Mon cœur se mit à battre fortement, ce cauchemar n'allait jamais se terminer. Il se présenta et nous reprocha d'être déjà en partance.
-vous ne pouvez pas venir nous présenter notre future femme et partir comme ça... Je suis l'homme de la famille. Oncle Mathias pour la famille et Docteur Mathias pour mes patients. Montrez-moi celle que le cœur de mon fils a choisi
La maman de Paul, qui se faisait appeler Magne, prit la parole.
Magne : tu nous as dit que tu ne pourras pas te libérer, tu viens maintenant ici nous déranger. Donne d'abord la boisson ici avant de t'asseoir.
Mon cœur s'était un peu apaisé. Ce n'était qu'une ressemblance. Les présentations furent à nouveau faites et le Docteur Mathias prit place près de moi.
Il ne cessait de répéter que je suis celle qui devait ramener la lumière dans cette famille. Aussi, il allait se charger des examens médicaux prénuptiaux.
Dr Mathias : Paul m'a dit qu'il pouvait venir à n'importe quel moment et nous devrons célébrer les deux mariages à la fois. Civile et coutumier. Nous viendrons donc vous voir d'ici peu pour demander la main et récupérer la liste pour la dot.
Mon Dieu ! Ce n'était pas un rêve. J'allais me marier d'ici la fin de l'année. J'étais tellement heureuse.
Dr Mathias : Demain tu viendras à l'hôpital Muriel, je vais te diriger vers mon collègue pour les examens. Depuis l'Amérique, Paul va faire ses examens et nous envoyer ses résultats. Mais à son retour on va refaire. Je veux m'assurer que vous soyez vraiment compatible.
Les choses avaient été dites comme il le fallait. Tout fut fait à temps et à contre temps. Maman m'accompagnait pour faire les examens et pour récupérer les résultats.
Il n'y avait aucun problème tant au niveau de mon groupe sanguin que de mon facteur rhésus. Quelques jours plus tard, Paul envoya ses parts de résultats et ce fut également parfait.
La vie m'avait souri, mon monde avait changé et je devais en profiter. Le temps passait rapidement et plus que deux mois pour le retour de Paul, enfin, c'est ça que je pensais.
Ce matin, j'avais décidé d'aller passer la journée chez sa mère pour lui faire à manger et passer du temps avec elle. Je n'avais aucun cours prévu pour la journée. À mon arrivé, elle s'apprêtait pour aller à l'hôpital comme chaque fin du mois.
Moi : j'espère que les nouvelles du docteur seront bonnes comme celles de la dernière fois.
Magne : tu t'occupes tellement bien de moi que je ne vois pas comment ça pourrait aller mal... Tout est déjà là pour la cuisine. Je vais certainement rentrer en soirée. Tu sais que Mathias ne me laisse jamais rentrer. Surtout avec son projet d'ouvrir une propriété pour orphelins et pour personnes âgées. Il va passer toute cette journée à me raconter ça.
Moi : il a vraiment un bon cœur
Magne : c'est vraiment un homme bien. J'espère juste que l'Etat va financer son projet comme promis.
Qui aurait cru que j'allais un jour me retrouver dans cet endroit? Ma journée commença au rythme de la musique. Je cuisinais en secouant mes grosses fesses jusqu'à ce que j'entende frapper à la porte.
Je me disais que Magne était rentrée plus tôt que prévu. Qui l'aurait cru? Pour une surprise, s'en était une. Dès que j'ouvris la porte, je tombai nez à nez avec Paul.
Moi : Paul...
Paul : on ne peut même pas vous faire de surprise dans ce pays.
Comme cet instant fut magnifique ! Quand je me remets dans ma peau de jeune fille et que je revis cet instant, j'ai l'impression qu'on peut remonter le temps mais hélas. Je sautai dans ses bras sans même lui débarrasser de ses affaires.
Si avant son départ je ne l'avais pas bien embrassé, je comptais bien me rattraper. On ne voulait plus se détacher l'un de l'autre mais il fallait bien que j'aille regarder ma sauce en cuisine.
Moi : si ce n’était pas la nourriture au feu, c'est qu'on restait comme ça jusqu'au jour du mariage.
Paul : la nourriture là va sauf que bruler au feu
Moi : allons t'installer et je retourne à la cuisine.
Paul : pourquoi tu es encore collée à moi alors?
Moi : parce que tes bras ne veulent pas me lâcher... Comme tu m'as manqué mon chéri
Paul : toi aussi ma belle, j'ai compté les heures pour te faire cette surprise. Tu as fait comment pour atterrir ici?
Je me détachai de lui et on emporta ses valises dans sa chambre. La causerie n'avait pas encore sa place car ma sauce se condensait déjà dans la marmite.
Pendant qu'il se mettait à son aise, j'installais la table. On avait fini de manger et magne n'était toujours pas rentré.
Moi : Raconte-moi tout. Tu n'étais pas sensé rentrer dans deux mois?
Paul : oui mais la semaine passée, les ordres ont changé. Du coup je suis là. Je voulais débarquer chez vous pour t'arracher le cœur mais j'ai toujours réussi. Seul ton père et ma mère savaient que j'arrivais.
Moi : tu es encore plus fou que ce que j'avais imaginé.
Paul : si c'est fou d'amour alors merci pour le compliment... Il y'a des douceurs dans mon sac, va en chercher s'il te plait.
Moi : les chocolats de Mbeng...
Je courus dans la chambres mais il y'avait tellement de valise que je ne savais pas par quelle commencer. Je lui criai à l'aide et il vint à mon secours. Au lieu de chercher les douceurs, il était figé là, à me regarder.
Paul : si je faisais un geste déplacé, tu me giflerais?
Moi : essai donc pour voir
Cet autre baiser n'était pas comme les autres. Il m'appelait ailleurs et je comprenais très bien le message. Pour la première fois de toute ma vie, je ressentais le désir sans avoir à me pulvériser avec quoi que ce soit.
Ses caresses étaient vraies, ses baisers étaient vrais. J'avais imaginé ce moment pendant nos noces mais je n'étais pas non plus contre cette anticipation. À chaque coup je le ressentais au fond de moi et je souriais.
Il y allait avec tellement de douceur, il avait certainement peur que je repense au passé. On consomma cet amour comme si c'était la dernière fois. Seulement, je ne savais pas que c'était la première et la toute dernière fois.
#À_suivre