MON HANDICAP ÉPISODE FINAL
GARDONS ESPOIR
Épisode final
- Le bonheur inouï
De retour à la maison, Je ne cessais d’avoir la tête qui tournait et des envies de vomir. C’est net à cet instant que je me rendis compte que depuis la dernière visite de Franck, je n’avais pas revu mes menstruations.
J’allai m’enfermer dans ma chambre avec une panique totale car je ne connaissais pas la réaction de mon frère face à cette situation que je pressentais.
Pendant que je fouillais dans mes pensées pour voir si c’était pendant ma période d’ovulation que je m’étais donné à Franck, Sarah frappa à ma porte de façon à faire tomber mon cœur dans mon ventre.
Moi : Merde tu cognes fort comme ça pourquoi ?
Sarah : tu es seulement de mauvaise humeur ? Tiens ! (en me tendant une sorte de tube)
Moi : c’est quoi ça ?
Sarah : vas dans la douche faire un test de grossesse
Moi : mais…
Sarah : ne me demande pas comment j’ai deviné car je suis une femme comme toi. Hier tu marchais comme si tu allais tomber.
Moi : mais comment on utilise ça ?
Sarah : comme c’est test en stylet tu places directement sous le jet d’urine et tu attends quelques minutes. Si tu vois un trait coloré se dessiner c’est que tu n’es pas enceinte mais si c’est deux traits tu viens on part commencer la layette du bébé.
Moi : Marcel va me tuer
Je me dirigeais dans les toilettes de ma chambre avec la plus grande peur du monde. Avant de retirer le test de son emballage, je m’étais déjà vu en train d’aller au campus avec un bébé. Mes soupçons se confirmèrent après quelques minutes.
Ces deux traits s’étaient dessinés là comme s’ils m’attendaient depuis longtemps. Une fois sorti de la douche, Sarah devina tout juste en voyant ma tête.
Sarah : je sais que c’est un imprévu mais puisqu’il est déjà là essaie de lui sourire.
Moi : je déçois mon frère une fois de plus, je ne sais pas comment il va prendre la nouvelle. Il me demande chaque jour si je me protège avec Franc et je réponds ‘’oui’’ alors qu’on ne connaît même pas le prix du préservatif. Maintenant ça a cuit
Sarah : vois le bon côté des choses, la famille s’agrandie
Moi : on commence la layette quand alors ?
Sarah : dès que Stella viens pour les vacances donc dans un mois
Moi : avec la santé qui me dérange comme ça je vais même bien finir l’année ? La normale commence la semaine prochaine.
Sarah : pardon ne parle pas comme ça ! Tu vas bien terminer parce qu’il te faut tout valider pour le niveau trois.
C’était incroyable parfois mais Sarah était devenue cette sœur que j’avais toujours eue mais que mes yeux ne voulaient pas voir. Je ne savais pas comment annoncer cette nouvelle à mon frère et à Franck alors je décidai de finir avec les examens de fin d’année et d’attendre le retour de Stella avant d’annoncer la grande nouvelle.
Le dernier jour de la composition, je rentrai avant midi car on en avait juste pour deux heures avec cette dernière épreuve. Marcel était assis au séjour à m’attendre comme s’il avait une nouvelle à m’annoncer.
Moi : tu n’es pas allé au travail grand frère ?
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Marcel : viens t’asseoir ici et dis-moi ce que ce test de grossesse fait dans ta chambre
J’avais l’impression ce jour que c’est papa qui me posait la question, je n’arrivais plus à dire un mot alors je baissai juste ma tête.
Marcel : si c’est une fille on va sauf que l’appeler Marcelle
Mon frère avait ce sourire qui me remit dans la confiance, il était tellement heureux !
Marcel : tu as déjà dit à Franck ? Il doit déjà payer les taxes hein
Moi : pas encore mais demain je vais lui dire, je ne suis pas encore prête
La joie se retrouvait dans chaque coin de notre maison ce jour. Tobi rentra et la nouvelle le rendit plus que fou.
Tobi : façon je vais apprendre à l’enfant là comment on mange hein
Moi : donc de tout ce qu’on peut apprendre à un enfant, pour toi c’est la nourriture qui est le plus important ?
Tobi : s’il ne mange pas il va encore faire quoi ? En tout cas je vous préviens déjà, je ne lave pas ses couches mais je peux boires sa bouillie
Ce petit ange que les parents avaient rejeté était un vrai génie comme je l’avais imaginé. Ses notes étaient époustouflantes du coup Marcel le préparait déjà pour qu’il compose son BEPC en classe de 4eme, l’année suivante.
Un soir quand j’avais bien mangé et bien cherché les mots pour annoncer ma grossesse à Franck, mon téléphone sonna et c’était lui.
Franck : je viens d’arriver dans la ville mais avec la pluie ci je ne sais pas comment on va se voir. Je dois reprendre la route dès le soir et c’est ma seule heure de libre maintenant.
Moi : comme tu viens toujours sans prévenir là !
Franck : humm tu ne veux pas me voir chérie ?
Moi : on veut te voir
Franck : non ma princesse je ne peux pas voir tout le monde aujourd’hui, je dois dé…
Moi : notre bébé et moi voulons te voir
Franck raccrocha sans même prononcer un mot. Mes pensées se mélangeaient, je pensais à toutes ces filles qui ont été abandonné par leurs partenaires à cause de la grossesse.
Je rappelai encore et encore mais Franck ne répondait plus à son téléphone. Sarah vint me rejoindre au salon et constata mon inquiétude.
Sarah : c’est la grossesse-là qui te met dans cet état ?
Moi : j’ai dit à Franck que je suis enceinte il a directement raccroché. Je rappel il ne prend même pas
Sarah : attendons voir ! Peut-être il a eu un problème
Moi : quel genre de problème jusqu’à c’est quand je lui annonce ma grossesse que ça surgi ? Il a dit qu’il est dans la ville en plus.
Sarah : raison de plus pour attendre, il doit être très occupé… Qui frappe au portail comme ça ?
Moi : avec une forte pluie comme ça quelqu’un est dehors ?
La pluie était dévastatrice ce jour, Quand Sarah se couvrit pour aller ouvrir, je fus un peu surprise qu’elle revienne avec ce sourire qu’elle affiche souvent quand elle a une bonne nouvelle à annoncer.
Moi : le personne est seulement où ?
Je vis Franck entrer mouillé de la tête au pied, il s’essuyait le visage en sautant comme un enfant à qui on avait promis un jouet avant noël. Il me prit dans ses bras, c’était tellement bon d’être collé à lui que je ne ressentais pas l’humidité de ses vêtements.
Dès la venue de Stella comme prévu, on commença à faire des achats pour préparer la venue du bébé. Mes résultats de fin d’année et ceux de Tobi étaient vraiment bon et cela enchantait beaucoup Marcel qui était notre mentor.
Au cours de ma grossesse, j’eus tout genre de malaise mais la maman de Franck que j’avais enfin rencontré me donnait une panoplie de remède naturel. Pour elle, les médicaments pharmaceutiques n’étaient que des produits chimiques mais je ne pouvais pas non plus m’en passer car c’était des prescriptions de mon gynécologue.
Au terme de ma grossesse, une petite fille, ma petite fille vit le monde. Je décidais de l’appeler Marcelle en l’honneur de mon grand frère. S’il n’avait pas été près de moi pendant tout ce temps, je ne serais peut-être plus en vie.
Les deux années qui suivaient mon accouchement n’étaient pas faciles car Sarah était allé vivre avec Alain et Stella continuait son séjour à Douala en exerçant dans l’entreprise de son père. Tobi quant à lui était tellement concentré sur son probatoire qu’il préparait ardemment et Marcel avait été affecté dans une autre filiale de l’entreprise où il travaillait à Douala.
J’étais donc toute seule avec Tobi et ma petite Marcelle mais son père venait plus souvent nous rendre visite. Entre la garderie où j’avais inscrit ma fille, le repas pour la maison et le campus universitaire, j’avais vraiment du pain sur la planche mais je réussissais à valider mes journées.
Mon changement avait étonné tout le monde et particulièrement Fabrice qui avant d’aller en Allemagne, avait décidé de venir me rendre une petite visite à la maison.
Fabrice : je n’aurais jamais pu imaginer que tu deviennes une jeune maman aussi responsable
Moi : nos erreurs et leurs conséquences nous font grandir plus qu’il ne le faut. Encore désolé pour le mal que je t’ai fait par e passé
C’était la toute dernière conversation que j’eus avec lui car dès son départ pour l’Allemagne, je n’avais plus jamais eu de ses nouvelles.
Cette soirée était très calme et comme d’habitude, Tobi étudiais en jouant par moment avec la petite qui l’aime d’ailleurs beaucoup. Pendant que je révisais mes cours, Franck fit son entré sans même frapper à la porte.
Franck : on vous a dit que la ville est immunisée contre les bandits n’est-ce pas ? Ça aurait pu être n’importe qui il serait entré de la même façon.
Je lui fis juste un bisou forcé et j’allai verrouiller la maison avant de revenir. Après les saluions, il me fit comprendre que sa venue avait une raison particulière.
Tobi alla dans sa chambre avec Marcelle qui ne mit pas plus d’une minute avant de venir nous retrouver dans le séjour.
Moi : c’est comme si l’enfant veut seulement entendre ce que tu veux dire.
Franck : ce n’est pas un problème, elle est curieuse comme son papa. Comme je le disais, j’ai fait le déplacement pour une raison spécifique ma chérie
Moi : quand tu parles comme ça j’ai peur hein, dis-moi, tu quittes encore le pays ?
Franck : tu es prête ?
Moi : donc c’est le genre de nouvelle qu’il faut s’apprêter avant de recevoir ? Je te préviens, tu pars je te suis seulement.
Franck : je t’ai connu comme une fille capricieuse, arrogante et quelque peu méchante mais je n’ai pas cessé de t’aimer pour autant. La vie nous a séparées pour une longue année et à mon retour les choses avaient complètement changé mais tu étais toujours là ! Une femme comme toi ne mérite pas d’être la mère de ma fille.
Moi : Euil j’ai fait quoi de mal mon bb ? Pourquoi tu me dis ça ?
Franck : une femme comme toi mérite d’être la mère de toutes mes filles, de tous mes fils et la maitresse de ma maison.
Mes yeux se mirent à briller comme une bille toute neuve, je n’arrivais pas à y croire. Franck sortit de sa poche un petit anneau avec un diamant au bout et le passa dans mon doigt avec ces mots que jusqu’à ma mort je ne pourrai oublier.
Franck : fait moi la grâce de devenir mon bras droit pour le reste des jours que nous avons sur terre et même après notre mort. Veux-tu m’épouser Nelly ?
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Moi : même maintenant on peut aller se marier mon chéri… OUI je… Je veux me marier avec toi. Comme je t’aime !
Ce moment était tellement sensationnel qu’on se mis à s’embrasser sous le regard de la petite avant d’être coupé par Tobi qui venait chercher Marcelle.
Tobi : je dis hein ??? Vous tournez maintenant novelas devant l’enfant hein
Moi : je vais me marier youpiiii !
Tobi : je me vois déjà dans une veste un genre un genre
Sacré Tobi ! Il remplissait mes journées de fou rire et me proposait de cuisiner des mets tellement bizarre mais très bons au final. À mes 26ans, je me trouvais marier à l’homme de ma vie, mon basketteur.
Franck louait un très bel appartement à Yaoundé et je le rejoignis avec Marcelle après avoir soutenu mon mémoire de Master 2. Tobi était resté tout seul dans la maison après mon mariage et s’en sortait très bien. Un plus tard, c’était au tour de Sarah et Alain.
Leur mariage avait fait le tour du monde car Alain était un grand homme d’affaire du pays et même hors du pays. Marcel et Stella avait un peu tardé avant de se marier à cause du travail qui faisait beaucoup voyager mon frère mais ‘’le temps de Dieu reste le temps de Dieu’’.
Ils finirent par se marier et eu des jumeaux qui au bout de Cinq ans ressemblaient tous deux à leur père comme des goûtes d’eau, deux mignons garçons.
Entre le mariage de Sarah qui avait mis au monde deux garçons d’un an écart entre eux et le mariage de mon frère, J’avais encore accouché deux jolie petite fille et je ne voulais plus d’enfant mais mon mari n’était pas du même avis car il voulait un garçon.
Franck : un tout dernier bébé pour clôturer nor, on va venir dans ma maison voir qu’il y a seulement les filles ?
Moi : on a des projets de constructions et je te signale que nos salaires ne passent même plus depuis cinq mois, concentrons-nous sur les trois qu’on a déjà. En plus on n’est pas sûre que si le prochain entre il sera un garçon.
Franck : tout ce que tu dis n’a rien à voir avec ce que je te demande. Vas à l’hôpital on te retire le stérilet là !
Moi : humm chéri tu veux te fâcher à cause de ça ?
Franck :…
Cette période était vraiment difficile à la maison car Franck me faisait du chantage surtout avec la nourriture. Je finis par accepter à la seule condition qu’on patiente jusqu’à ce que notre maison soit construite, chose qu’il accepta avec quelques réserves.
Franck : j’espère que tu sais que la ménopause ne fait pas d’exception
Moi : tu veux par là dire qu’à 35ans j’aurai déjà la ménopause ? Humm chéri n’exagère pas aussi.
Nos projets avaient marchés comme prévu, cet autre petit ange sorti de mes entrailles était un garçon, mon tout premier et dernier garçon.
À vous qui avez lu mon histoire jusqu’à maintenant, sachez que nous sommes déjà à la fin. C’est vrai que j’ai retenu la leçon et j’ai changé mais il y a des nuits où je rêve encore de mes parents et mes remords refont un passage dans mes pensées mais je ne peux que vivre avec.
Retenez que nul n’est un Dieu sur terre car Brenda a voulu rendre justice toute seule et aujourd’hui elle est réduite à tenir la boutique de sa maman pour s’en sortir depuis sa sortie de prison. La marque de mes erreurs de jeunesses est resté gravé sur ce demi pieds qui à chaque fois me fait repenser à celle que j’étais, je me prenais pour une déesse.
Par son courage, sa persévérance et sa foi, Tobi à 26ans seulement apprête son doctorat en économie mathématique tout en faisant les stages dans diverses entreprises grâce à l’influence d’Alain, le mari de Sarah. J’aurais aimé que maman m’entende dire haut et fort que ‘’l’humilité précède la gloire’’ mais hélas !
Aujourd’hui cette histoire est sur ce bout de papier que je donnerai un jour à mon fils qui est de plus en plus curieux en ce qui concerne l’absence d’un de mes pieds. En attendant je mets un point à mon histoire pour rejoindre…
Franck : mais madame c’est quoi ce livre que tu écris depuis bientôt deux semaines comme ça ? Tout le monde n’attend plus que toi.
C’est l’histoire de mon handicap chéri.
FIN