MON BOURREAU ÉPISODE 17
GARDONS ESPOIR
Épisode 17
- Le mensonge
J’étais resté dans la douche tellement de temps que Paul s’en inquiétait déjà.
Paul : tout va bien Muriel? Tu ne veux plus sortir de la douche ou quoi ?
Moi : j’ai juste quelques étourdissements, c’est à cause de la cure de désintoxication. Donne-moi encore quelques minutes.
A contre cœur, je dus sortir de la douche. Je voulais tout lui raconter mais mon cœur avait bien trop peur de le perdre. Je ramassai mon sac sur le canapé et me dirigeai vers la sortie sans dire au revoir.
Paul : olaaa… Mais où vas-tu comme ça ?
Moi : je dois rentrer, ma mère m’attend.
Il m’attrapa le bras et me tira vers lui.
Paul : on ne peut pas bien parler et puis tu changes complètement d’humeur pour rien comme ça. Parle-moi
Moi : je veux juste que tu saches que cette relation…
Paul : cette relation quoi ? Je t’ai dit que je ne te mettrai pas de pression et j’étais sérieux. Ta maman n’y a pas trouvé d’inconvénient et je n’ai pas eu des gestes déplacés bien que ce ne soit pas l’envie qui me manque.
Moi : je sais tout ça, je sais que tu m’aimes mais…
Paul : mais quoi chérie ? Qu’est-ce qui a changé en moins d’une seconde ?
Moi : j’ai peur que ce ne soit qu’un rêve, que quelque chose vienne tout gâcher.
Paul : si tu ne te reproches de rien, si tu es véridique avec moi alors il n’arrivera rien à cette relation.
Je voulais tout lui raconter à cet instant, je l’avais au bout de langue mais rien ne pus sortir. Je me contentai de lui sourire et de m’en aller. Ce que je venais de découvrir était un nouveau chemin de malchance.
A la maison, maman Florence m’attendait avec impatience. Elle avait un plat à en mordre les doigts comme elle savait ci-bien le faire. Mon entrée ne fut pas comme elle avait imaginé.
Maman : mais… Pourquoi tu es comme ça ? Qu’est-ce qui s’est passé avec Paul ? Il t’a touché ?
Moi : non maman, il ne se passe rien.
Je la laissai là et montai dans ma chambre. J’étais encore sous le choc de la nouvelle. Tomber amoureuse du fils de ma victime. Je ne voyais pas d’issus à cette nouvelle épreuve.
Dans cette nouvelle maison, cette nouvelle maman et ce nouvel homme dans ma vie, qui m’avait accepté malgré mon passé ; j’espérais avoir une nouvelle vie mais mon vieux passé revenait encore et encore. Les bruits que faisaient maman sur ma porte me donnaient des maux de tête et me stressaient.
Je me mis à fouiller partout pour voir s’il me restait une pilule mais rien. Je devais calmer ma tête. Je mis ma chambre sans dessus dessous jusqu’à ce qu’un coup de pieds ouvre ma porte.
Paul : Muriel calme-toi, viens vers moi…
Moi : je veux juste une toute petite pilule. Rien de bien grave, je veux juste me changer les idées.
Paul : si tu arrêtes de tout casser, tu auras ce que tu veux. Viens on sort de cette chambre
Moi : tu me promets que tu vas me donner ce que je veux ? Tu le jures ?
Paul : viens d’abord…
Une fois dans ses bras j’eus l’impression que mes pensées retrouvaient leur place. Nous étions à plus de six mois de relations mais jamais nous n’avions échangé un simple baiser. Ce soir ma nouvelle pilule fut ce baiser, un véritable baiser. Un comme je n’en avais jamais eu de toute ma vie. Sans aucune contrepartie.
Paul : dis-moi que ça va mieux…
Moi : je ne veux pas que tu m’abandonnes un jour. Ne me quitte jamais.
Paul : une fois que tu seras financièrement assise, je ferai de toi ma femme. Le jour où j’ai décidé d’entrer dans ta vie, je savais déjà que cette vie était la nôtre.
De loin, maman nous observait avec un large sourire mais beaucoup d’inquiétude. Depuis que j’avais commencé mon traitement, rien de tel ne s’était produit. Une fois que Paul prit congé de nous, maman voulut que je lui raconte ce qui s’était passé.
Maman : je sais qu’il y’a encore quelques chose que tu ne dis à personne. Même pas à moi.
Moi : le mieux c’est que je garde ça pour moi et que ma vie continue. Ce n’est pas bien grave maman, je vais surmonter.
Maman : je ne sais pas si tu penses un peu à moi ma chérie. Tu fais carrément une rechute et tu me dis de rester calme comment ? Je dois savoir ce qui ne va pas.
Moi : il va m’abandonner, je le sais déjà. Cet homme n’est pas pour moi.
Maman : je t’ai déjà dit que si tu ne te sens pas à l’aise dans cette relation tu le quittes. J’ai donné mon accord juste parce que tu avais besoin d’une épaule sur laquelle pleurer en tant que femme.
Moi : je sais maman
Maman : il te met la pression ? Il veut le sexe ?
Moi : non maman, notre relation est presque amicale. Ce baiser que tu as vu était le premier. Il ne me dérange pas car il sait ce que j’ai vécu. Il me traite comme un petit bébé.
Maman : c’est donc quoi le problème ?
Moi : il va m’envoyer en prison et me détester pour toujours. J’ai tellement peur
Maman : mais parles moi mon enfant
Moi : j’ai tué son père il y’a de cela cinq ans. Je suis la meurtrière de son papa
Maman : tu perds déjà la tête ma fille. Tu dis quoi comme ça ?
Moi : il y’a exactement cinq ans…
Je lui racontai dans les détails ce qui s’étaient passé ce jour. Elle en était muette tellement la vie de sa pauvre fille avait des virages dangereux.
Maman : écoute jeune fille, tant que je vivrai et que j’aurai ma position sociale, personne ne t’enverra en prison. Ce que tu vas faire c’est que tu vas lui dire la vérité.
Moi : c’est impossible maman, je ne peux pas parler avec lui d’une telle chose. Il en deviendrait fou de rage.
Maman : tu as vu ce qui est arrivé à Astride à cause d’une vie de mensonge. Tu veux finir comme ça ? Peu importe la façon avec laquelle tu vas lui cacher ça, il finira bien par tout découvrir. Dis-lui quand il est encore temps.
Moi : je vais le perdre maman…
Maman : ma chérie on n’est pas ici à mbeng, tu vas te battre à accepter tout ce qu’il va te dire. Si par chance il te pardonne, sois heureuse et continuez votre vie. Mais si par malheur il te rejette, porte tes deux pieds et continu ton chemin.
Moi : c’est facile à dire.
Maman : ce n’est pas une question de facile à dire. Le fait ici est que tu dois te reconstruire et tu n’as pas besoin de quelqu’un qui va te ralentir. Avec ta rechute d’aujourd’hui, ton docteur va certainement prolonger tes séances alors qu’on attendait plus que son approbation pour que tu commences les cours.
Moi : je sais maman…
Maman : tu vois que tu as mieux à faire que de t’accrocher à un homme. C’est un bon type mais en fonction de ce qu’il va te dire sur ce sujet, tu vas choisir ta voix sans faiblir. Dis-lui la vérité, présente-lui tes plus plates excusent en lui racontant l’histoire telle qu’elle s’est produite.
Moi : et si j’arrêtais juste la relation ? Comme ça on se sépare sans histoire.
Maman : quand on veut se reconstruire une vie, on doit s’assurer que l’ancienne vie est bien derrière nous. Ma fille, tu sais que le plus grand juge sur cette terre c’est notre conscience. En gardant cela pour toi, tu ne pourras jamais avancer sans revoir à chaque fois tes démons du passé.
Moi : tu vas être là pour me soutenir, n’est-ce pas maman ? Tu ne vas pas me laisser tomber.
Maman : bien sûr que je serai toujours avec toi. Demain on l’invite et tu lui dis tout. Pour m’assurer qu’il ne te fera rien de mal je vais mettre au courant mes hommes de main.
Moi : on n’a pas besoin d’en arriver là maman
Maman : tu vas annoncer à un policier que tu es impliqué dans le meurtre de son père. Tu penses vraiment qu’une sécurité plus renforcée n’est pas nécessaire ? Je ne vais pas permettre qu’il t’arrive quoi que ce soit.
Devant moi j’avais l’exemple d’une vraie mère. Elle savait quoi me dire sans que je ne me sente encore plus mal que je ne l’étais. En ce moment j’avais envie de mettre un terme à cette relation précoce entre Paul et moi mais je savais très bien qu’en dehors de lui, aucun autre homme ne m’accepterait avec ce passé. La nuit me portera conseil, m’étais-je dit.
Dans la matinée, maman fit venir Paul en lui faisant comprendre que j’avais des révélations à faire. Il ne se fit pas prier avant de venir car il se précipitait toujours sur tout ce qui me concernait. J’étais encore dans ma chambre lorsque j’entendis ma mère ouvrir la porte du séjour et accueillir Paul.
Maman : bonjour mon fils, tu es matinal hein
Paul : c’est juste que j’aie un voyage imprévu ce soir. Même si vous ne m’invitiez pas, je comptais venir ici à cette heure.
Maman : mais pourquoi ?
Paul : je dois dire au revoir
Cette phrase me fit comprendre qu’en disant cette vérité ou pas, il sortira de ma vie de toutes façons. J’allai les rejoindre sans montrer que j’avais compris quoi que ce soit. Assise en face de lui et à côté de ma mère, je cherchais au fond de moi le plus grand des courages pour annoncer une telle chose à mon homme. Il regardait régulièrement sa montre.
Paul : on va faire un truc Muriel, moi je vais te dire ce que j’ai à te dire et une fois que je serai un peu plus libre on parlera même si ce n’est pas face à face. Je suis tellement pressé
Moi : tu as quoi à me dire ?
Paul : je dois quitter la ville ce soir. Avant ça je dois me rendre au poste pour remplir des formalités.
Moi : bon à ton retour de voyage on pourra parler alors
Paul : le problème c’est que je ne vais pas rentrer aussitôt. Je pars à la capitale pour deux semaines et de là, j’irai en Amérique suivre une formation pour au moins trois ans, je t'en avais parlé.
Moi : et tu me dis ça comme ça ? Le jour-j ?
Paul : ils ont changé le programme sans nous en parler ma chérie, je suis désolé.
Moi : tu me quittes comme ça ?
Paul : tu sais, je ne suis pas un romantique mais je sais une chose : tu es le pilier de notre relation. Si tu t’effondre alors on tombe tous les deux. Je te donne ma parole d’honneur que je t’épouserai une fois de retour mais tout dépend de toi.
Moi : et si tu te trouves une autre plus bien que moi là-bas ? Tu es sûr que tu vas même rentrer dans trois ans là ?
Paul : oui, je vais rentrer… Je veux juste qu’à mon retour je trouve une femme accompli. Une femme qui ne pleure plus au moindre bruit, une femme qui a passé l’éponge sur son passé. Je veux qu’à mon retour tu sois désormais comptée parmi les femmes les plus respectés.
Tout ce qu’il disait me perçait le cœur. Je n’arrivais pas à croire que j’allais vivre dans le doute. Sans savoir si ses paroles sont sincères ou pas. J’en avais oublié la véritable raison pour laquelle on l’avait fait venir.
Moi : je t’attendrai Paul. Tu as intérêt à revenir car je ne supporterai pas que tu me brises aussi.
Paul : je suis entré dans ta vie pour te sauver, est-ce l’œuvre de Dieu ? Certainement ! Seulement je n’ai pas pu me détacher de toi. C’est toujours l’œuvre de Dieu.
Il s’en alla en me laissant cet espoir. Je devais l’attendre en me forgeant une vraie vie. Maman fut extrêmement déçut de mon choix.
Maman : tu es le pilier d’une relation basée sur le mensonge ma fille. Cette maison va s’écrouler et tous ceux qui y seront vont mourir. Tu dois lui parler.
Moi : s’il ne le découvre jamais alors pourquoi devrai-je m’inquiéter ? Toute vérité n’est pas bonne à dire maman.
Maman : c’est vrai ma chérie mais les relations font la plus grande des exceptions. Une relations basée sur le mensonge fini toujours et très mal car pendant que le mensonge va à grande vitesse dans l’ascenseur, la vérité compte ses pas sur les escaliers et fini un jour par arriver.
À suivre...