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Tributaire; - Mariée malgré elle

Jul 31, 2024 - 8 Minutes

Contrainte d’épouser un homme froid et cruel pour sauver son père de la prison, Julie cherche désespérément un moyen de se libérer de  cette situation oppressante. Comment va-t-elle réussir à sortir de cet enfer dans lequel elle vit depuis de nombreuses années ?  L’amour sera au rendez- vous. Grâce à cet amour, elle trouvera la force nécessaire pour échapper à cet enfer et vivre une histoire incroyable qui la délivrera de ses années de souffrance.

Vêtu d’une robe simple mais élégante, d’un blanc immaculé, symbolisant l’innocence et la pureté, Julie avançait au bras de son père avec précaution sur le tapis rouge qui la conduisait vers l’hôtel ou allait se dérouler la cérémonie de mariage. Le cœur battant, elle s’approchait de celui qui allait devenir son époux. C’est le regard froid et méprisant qu’il la regardait venir vers lui. L’atmosphère qui régnait dans les lieux était tendue et chargée d’électricité. Les invités étaient peu nombreux. Seuls étaient présents, quelques proches et témoins, ignorant la raison profonde de cette union. Julie se sentait prisonnière de cette situation. Elle savait qu’elle se jetait à l’eau, c’était un bond vers l’inconnu car elle était sur le point de se lier à un homme qui ne l’aimait pas et pire, qui s'était imposé à elle. Elle était partagée entre son désir de sauver son père et sa profonde réticence à sacrifier son propre bonheur. Chaque pas qu’elle faisait vers l’hôtel était empreint d’une lutte intérieure. Une fois devant l’hôtel, son père la confia à Raphaël comme la tradition le voudrait et retourna s’asseoir.

Pendant la célébration, Raphaël n’avait pas daigné regarder Julie une seule fois. Il était froid et distant. La cérémonie fut brève. Après que l’officier eut fini de célébrer, il les déclara mari et femme et leur demanda de s’embraser afin de sceller l’union. Raphaël s’approcha froidement de Julie, son regard glacial transmettant un message sombre et il murmura d’une voix basse à son oreille.

— Dit à Dieu à la liberté. Lâcha-t-il d’un ton glacial.

Julie eu un frisson, sentant une vague de peur la traverser. Elle le regarda incrédule. Ce qu’elle lisait dans les yeux de Raphaël était de la satisfaction malsaine reflétant une lueur terrifiante. Julie baissa instinctivement la tête, cherchant à éviter ce regard troublant. Il s’approcha encore plus près d’elle, si près qu’elle pouvait sentir son souffle froid. Il lui donna un baiser sur sa joue, qui était loin d’être doux et tendre. Ce baiser était empreint d’amertume et de froideur donnant l’impression à Julie d’avoir reçu le baiser de la mort. Un frisson parcouru son échine comme si cet acte symbolisait sa descente inévitable vers un destin sombre et sinistre.

— Souri mon amour. N’oublie pas le sourire… Dit-il en plongeant son regard ténébreux dans celui de Julie.

Julie savait qu’elle devrait sourire pour garder les apparences. Car personne n’était au courant de leur arrangement. Alors elle s’exécuta et ils sortirent sous les applaudissements des invités. Une fois à l’extérieur, ils partirent vers la voiture de Raphaël garée au loin, il ouvrit la portière à Julie et elle s’y glissa. Il s’installa au volant, démarra et ils partirent à vive allure.

Dans la voiture, il régnait un silence de mort. Julie n’arrivait toujours pas à croire qu’elle venait de se marier, elle revivait encore la façon dont tout s’était déroulé et sentit un pincement au cœur. C’était bien loin de ce qu’elle avait imaginé. Les rêves qu’elle avait nourris depuis son enfance s’étaient effondrés en un instant, remplacés par une réalité décevante. Cependant, malgré cette déception, elle gardait une lueur d’espoir dans son cœur. Raphaël était un homme séduisant, avec un charme qui ne laisserait aucune femme indifférente. Elle se disait que peut-être avec le temps, il finirait par voir au-delà des apparences et apprécier la personne qu’elle était réellement. Apres tout, elle était loin d’être repoussante comme femme, elle avait ses propres atouts et qualités qui ne demandaient qu’à être découvert et apprécié. Julie s’accrochait à cette lueur d’espoir, se disant que malgré la carapace froide et impénétrable de cet homme qui venait d’être son mari, il y avait un cœur qui battait et qu’elle espérait pouvoir toucher un jour. Il y avait forcément des émotions cachées derrière cette façade austère. Elle tourna doucement la tête vers lui et le contempla pendant un moment. Son visage était d’une beauté saisissante, avec des traits forts et une expression imperturbable. Ses yeux fixés sur l’horizon semblaient refléter une profondeur insoupçonnée. Soudain, comme s’il avait ressenti le regard de Julie posé sur lui, il détourna lentement le visage et croisa le regard de Julie. Un frisson parcourut son corps et elle détourna immédiatement la tête et porta son attention sur la route.

Après quelques heures de trajet, ils arrivaient enfin devant une immense maison moderne que la voiture traversa à toute vitesse l’entrée principale et se gara dans la cour. Il sortit du véhicule et Julie fit pareil. Il venait d’être 20 heures. La résidence était éclairée de toute part, et les employés de maison se hâtaient à finir les dernières tâches. Une serveuse vint vers eux et Raphaël lui demanda d’emmener Julie dans la chambre qui lui avait été préparée.

Quelques heures plus tard, Julie était dans une immense chambre. La serveuse après l’y avoir laissée, sortit. Julie s’assit dans le lit et pleura un bon coup. Elle avait la sensation d’être entrée dans sa prison. Elle alla prendre un bain. Une fois fini, elle ouvrit le dressing et il y avait une panoplie de vêtements à sa taille. Elle en choisit une robe de nuit et l’enfila. Quand elle voulut se mettre au lit, on frappa à sa porte. La serveuse lui dit qu’elle était attendue dans la salle à manger. Elle refusa d’y aller mais la serveuse insista car Raphaël le lui avait ordonné. Elles descendirent ensemble. Raphaël était assis à l’autre extrémité de la table, absorbé par son téléphone. Quand Julie arriva, il leva la tête et la regarda deux secondes avant de détourner le regard.

— Tu n’étais pas foutue de t’habiller correctement ? Demanda-t-il d’un ton froid

— Si ma tenue te gène tant que cela, laisse-moi aller dormir. Dit-elle en croisant ses bras sur sa poitrine.

— Assieds-toi ! Ordonna Raphaël.

La vue du repas réveilla la faim de Julie. Elle s’assit et se servit un verre d’eau. La serveuse s’en alla, les laissant seuls. Sans attendre, Julie commença à manger. Raphaël assis à l’autre extrémité la regardait de ses yeux sombres. Après quelques bouchées, elle déposa la fourchette.

— Tu pourrais faire un effort quand tu me regardes. Ou bien, suis-je répugnante à ce point ? Demanda Julie en regardant Raphaël dans les yeux.

Ce dernier arqua un sourcil

Julie garda le silence pendant quelques minutes.

— On vient à peine de se marier. Ajouta-elle timidement.

— Et qu’espères-tu ? Demanda Raphaël d’un ton espiègle.

Julie le regarda de ses grands yeux expressifs ne sachant que répondre.

— Tu as raison. Chuchota-t-elle. Je ne devrais rien espérer de toi.

— C’est parfait !

— Qu’est-ce que tu attends de moi ? Demanda-t-elle doucement.

— Je n’attends rien de toi !

— Tu m’as obligé à t’épouser alors qu’on ne se connaissait même pas ! Et tu oses me dire que tu n’attends rien de moi ?

— Tu l’as accepté. Je ne t’ai obligé en rien.

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— Tu m’as menacé ! Tu as menacé de nuire à mon père ! Si ce n’est de l’obligation alors, dis-moi ce que c’est. Éclaire ma lanterne s’il te plait. Lâcha-t-elle avec désinvolture.

— Tu as eu le choix ! Et tu as choisi, Alors assume.

Il eut un moment de silence avant que Raphaël ne reprenne la parole.

— Puisque tu insistes, je vais te dire ce que j’attends de toi. J’attends de toi que tu sois la femme au foyer parfaite. Et l’épouse irréprochable aux yeux du monde extérieur.

— Si tu voulais une épouse parfaite, eh bien fallait en courtiser une ! Tu n’es même pas capable de séduire une femme. Obligé de la forcer pour l’épouser.

— Tu as la langue bien pendue. Petite chipie.

— Vas te faire foutre ! Lâcha Julie. Jamais je ne t’aimerai ! Cria-t-elle.

— Parfait ! Je ne te demande pas d’être amoureuse. Épargnes-moi cela ! Tu ne m’intéresse pas, il faut que cela soit très clair dans ton petit cerveau. D’ailleurs, tu peux être rassuré, jamais je ne te demanderais de consommer ce mariage. Il la regarda de bas en haut. Tu es bien trop… belliqueuse et disgracieuse à mon goût ! Lâcha-t-il sèchement.

Julie ravala la salive de frustration.

— Parce que tu crois que je me souci de savoir si je peux plaire à un homme comme toi ? Je crois que tu as une trop haute estime de toi. Répliqua-t-elle.

Il posa les coudes sur la table.

— A partir de demain, nous ne serons plus que deux dans cette maison. Les employés vont être congédiés. Annonça-t-il calmement.

— Pourquoi ?

— Parce que je l’ai décidé ainsi.

— Et qui s’occupera de cette immense maison ?

— Toi bien sûr ! Qui d’autre voudrais-tu que ce soit ?

— Je n’ai pas l’intention de me réduire à l’esclavage. Protesta-t-elle.

Un rire se fit entendre.

— Tu croyais venir en vacance ? Non ma jolie. Tu es ma propriété et tu feras tout ce que je te demanderai. A commencé par être une bonne femme au foyer, sage et obéissante.

— Je refuse ! Et à quel moment je pars travailler si je dois m’occuper du ménage de la cuisine et je ne sais trop quoi d’autre…

— Qui t’a dit que tu devais travailler ? Peut-être tu ne saisis pas encore l’ampleur de cet engagement.

— Pourquoi fais-tu cela ? Pourquoi as-tu épargné mon père ? Pourquoi as-tu choisi de m’épouser pour compenser cela ? Pourquoi ?

— Tu ne le sauras jamais ! Contente-toi de subir. Maintenant dégage de ma vue immédiatement ! Ordonna-t-il d’une voix grave.

— On n’a pas fini de discuter ! Protesta-t-elle.

D’un geste vif, il balaya de la main le couvert dressé devant lui qui se versa sur le sol et se brisa. Ce geste arracha un sursaut chez Julie. Prise de peur, elle se leva et partit en vitesse vers la chambre qui lui avait été assignée.

Julie était profondément perturbée et traumatisée. Ce mariage arrangé s’était avéré être un véritable désastre. Et la réaction violente de Raphaël ne venait qu’empirer la situation. Ce qui aurait dû être le plus beau jour de sa vie s’était transformé en un véritable cauchemar. Elle se retrouvait prisonnière de cette maison, confrontée à l’hostilité et au mépris d’un homme froid et distant. Elle se demandait désormais quel sera le destin qui l’attendait dans cette situation remplie d’incertitude et de désespoir.

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