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Ennemies jurées

Jul 30, 2024 - 9 Minutes

Chapitre 2


- Tourne quoi? demanda curieusement Mélanie en changeant d'air. Tu veux faire quoi avec ça ?
- À ton avis ? Je souhaite tourner le couscous pour t'en donner. ( s'adressant à ses sœurs) Mais vous êtes où, bon sang ? Dépêchez-vous !
- Peux-tu me dire ce qui se passe ? insista Mélanie. Qu'est-ce que...
Elle ne put terminer sa phrase car elle vit les jumelles sortir du salon en grande vitesse. Elles étaient bonnement équipées. Marianne avait à sa possession un gros Pilon, une grosse louche et une marmite. Marielle quant à elle, avait un tourne-couscous, un long couteau et un long courant. Elle dixit subitement en lançant son regard dans tous les coins de la cour :
- Où est-il ? Qui est venue nous chercher dans notre propre maison, Annabelle ? Où est-il ? Nous allons lui faire la peau.
- C'est quoi le souci ? Demanda Marianne. Qui t'a touchée au dehors ?
Annabelle se rapprocha d'elle et prit le Pilon. Elle se mit à le taper à même le sol en lançant un regard poignant à Mélanie qui cherchait à reculer vers l'arrière car elle avait finalement compris que sa vie était en danger. Annabelle décida finalement d'éteindre son silence :
- Les gens ont vraiment le courage ici dehors. Non mais je suis décontenancée jusqu'à l'os.
- Pardon, laisse-moi tes gros mots là et dis-nous ce qui se passe, lança subitement Marielle. Qui a eu le courage de faire quoi à qui ?
Annabelle retira les clés dans son soutien et les donna à Marielle.
- Va d'abord me cacher ça dedans. Mes petits seins çi ne peuvent pas les soutenir jusqu'à ce que la bagarre ne finisse. Allez, dépêche-toi et reviens entendre la sorcellerie que cette fille a osé me dire quand j'étais encore chez elle. Elle a creusé sa propre tombe.
Marielle prit un élan et cacha soigneusement les clés du portail. À moins de cinq secondes, elle revient sur ses pas en criant presque :
- Il faut donc nous dire ce que cette fille a encore fait. Je ne l'ai même jamais aimé celle-là. Toujours en train de fourrer son nez dans les histoires qui ne la regardent pas. 
- Justement, intervient Annabelle. Elle a osé fourrer son nez dans notre histoire de famille. Elle a osé insulter notre mère.
- Quoi? s'étonnèrent les jumelles unanimement. Elle a osé faire quoi?
- Tu as été la première a insulter ta mère, lança Mélanie en paniquant. Je n'ai fais que t'aider à le faire. Qu'est-ce que j'ai dit de mal, moi?
- Moi Annabelle, je réprimande ma mère et toi, tu te lèves un bon matin et ouvre ta large bouche pour faire la même chose que moi ? Pour qui te prends-tu ? Je suis la seule à dire du mal de ma mère. Je peux le crier haut et fort mais toi, tu n'as pas ce droit là. Nous allons mettre tout au clair... Qu'est-ce que tu disais tout à l'heure ? Que la taille de ma mère est comme pour quel animal là ? Seul Dieu va nous séparer aujourd'hui. Vois moi sa nuque...
- Tu as bien fait de la ramener ici, ajouta Marielle. Elle croit insulter mère et s'en sortir indemne ? Personne à part nous n'a le droit de dire du mal de notre mère...
- Avec sa tête comme le pingouin, ajouta Marianne...
- Et voici que tu viens de me rappeler le supposé animal, l'interrompt subitement Annabelle. Elle a osé dire que la taille de mère est comme pour le pingouin...
- Le pingouin ? s'écrièrent les jumelles. Donc celà sous entend que mère est courte comme la petite Guînes ? Ehhh, nous n'allons pas te rater.
À l'instant, les jumelles se jetèrent sur Mélanie en la bastonnant de plus belle. Marianne arrêta ses pieds et la jetta à même le sol. Elle s'assit sur elle tout en lui donnant les coups de poing. Marielle tirait quant à elle les cheveux de cette dernière. Annabelle se contentait de ricaner à l'éclat tout en persistant dans les injures qui n'étaient pas prêtes de finir. 
- J'ouvre ma bouche pour dire que maman est méchante juste parce que j'étais fâchée contre elle, toi, avec ta tête sans cheveux, tu oses ajouter le piment dans ma sauce. Qui t'a donnée la permission d'insulter ma mère ? Ça va t'apprendre à mettre ta bouche dans nos histoires. Regarde comment elle est là-bas, exactement comme la mauvaise nouvelle ! Allez les jumelles, frappez également sa bouche qui parle beaucoup là. Allez-y...
Les cris de Mélanie sortirent Sylvain Enama qui se trouvait dans sa zone de confort. Il était obligé de venir en grande vitesse pour prendre connaissance du désastre que ses enfants étaient en train de commettre. Il tomba des nus à l'instant où il vit l'état lamentable de Mélanie. Il lança un grand cri qui poussa ses jumelles à battre en retraite.
- Ehh mon papounet s'est réveillé ? demanda curieusement Marianne en grattant sa tête avec un sourire aux lèvres.
Marielle lâcha les pieds de Mélanie qu'elle tirait. Elle lui porta immédiatement ses chaussures et Annabelle l'aida à se mettre sur ses deux pieds. Elle se mit à essuyer sa robe qui était bourrée de poussière. Elle arrangea sa coiffure tout en disant :
- Je t'ai toujours dit de faire attention quand tu viens à la maison, Mélanie. Notre grande cour est vraiment accidenté. Il faut remercier le ciel que tu n'as pas perdu tes dents bien jaunes là. Désolée ! Prochainement, il faut regarder où mettre les pieds, ma coucou...
Mélanie continuait à pleurer sans dire un seul mot. Sylvain qui n'était pas dupe, savait déjà qu'elle avait été battue par ses filles. D'un air colérique et déboussolé, il lança :
- Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour mériter un tel châtiment ? Je n'ai que demandé des enfants mais il m'a donné des extraterrestres déguisés en humain. Mon Dieu, dis-moi sérieusement. Il faut qu'on ait une discussion entre homme parce que ça ne peut pas se passer comme ça. Toi-même quand tu vois le comportement de ces trois filles, est-ce que tu es content de toi? Je t'ai juste demandé une seule fille et toi, tu m'en as donné jusqu'à trois. Même pas deux mais trois. Qu'est-ce que je fais avec trois filles, moi? J'ai fui le boulot du lundi pour me reposer mais me voici qui assiste à un champ de bataille. ( s'adressant à ses filles) Vous allez me tuer avant mon jour et malheur à vous si je vois l'une de vous oser pleurer lors de mon enterrement. Je vais sortir expressément du cercueil pour vous donner une bonne gifle avant de me recoucher convenablement. Vous voulez tuer l'enfant d'autrui ?
- C'est elle qui a commencé, lança subitement Annabelle...
- Avant que j'aligne un autre mot, je dois vous voir chacune à l'intérieur. Je ne me répéterai plus une seconde fois.
À l'instant, les trois filles prirent un élan de course pour pénétrer à l'intérieur du salon sans dire un seul mot car elles pouvaient ressentir la colère de leur père traverser leurs orteils. Pendant ce temps, Mélanie continuait à nager dans un sanglot interminable. Sylvain s'approcha d'elle et essaya tant bien que mal de la calmer du mieux qu'il pouvait. Avec moins de difficulté, il réussit à la faire revenir en elle à moins de cinq minutes. Il alla récupérer les clés du portail à l'intérieur et l'ouvrit. Il accompagna la jeune fille chez elle sans toutefois pénétrer à l'intérieur car il évitait de croiser les parents de cette dernière. 
Arrivée chez lui, il trouva ses filles à la cuisine comme si de rien n'était. Elles essayaient de se faire pardonner en cuisinant un bon plat espérant que la colère du père s'atténuerait mais ce dernier ne semblait guère leur porter une attention particulière. Il ne se rendit guère à la cuisine pour les réprimander à nouveau. Il s'assit dans son salon et dans son fauteuil. Il prit la télécommande et mit le journal de midi. Après quelques minutes, Marianne arrangea la table à manger et Marielle vint avec de l'eau dans une petite bassine qu'elle posa non loin du siège réservé pour son père. Annabelle vint avec deux bols paisiblement fermés qu'elle posa sur la table bien faite. Elles se rapprochèrent ainsi de leur père. Les jumelles s'assirent à sa gauche et Annabelle, à sa droite. Cette dernière lança :
- Le repas est servi, mon papounet d'amour...
- Je n'ai pas faim, l'interrompt Sylvain en gardant tout son attention sur la télévision en marche.
- Mon papounet est-ce que tu as même senti l'odeur de...
Marianne n'avait guère terminé sa phrase que son père l'interrompt subitement :
- Je viens de vous dire que je n'ai pas faim. Laissez-moi visionner en paix. Je ne peux donc jamais avoir la paix dans ma propre maison ? Allez manger à votre faim et laissez-moi respirer, bon sang.
Après ces mots, les trois filles se levèrent du fauteuil avec un air alarmant. Les jumelles avaient presque les larmes aux yeux. À moins d'une minute, elles tombèrent en sanglots au même moment et ne puissent se retenir. En pleure sans fin, elles se couchèrent à même le sol comme si elles se trouvaient dans leur lit. Annabelle quant à elle, ramena un long courant et le posa non loin de son père. Elle s'assit également à même le sol et rejoignit ses sœurs dans les pleurs sans fin.
Sylvain qui faisait semblant d'être à l'écoute de son journal, ne faisait que les guetter avec un œil. Lasser de leur voir pleurnicher dans ses oreilles, il éteint la télévision et lança en les fixant d'un air surpris :
- Qu'est-ce que vous avez encore cette fois-ci ? C'est quoi le problème ?
Sans dire un seul mot, Annabelle lui rapprocha le courant de plus près. Il le prit et le fixa un moment avant de le déposer sur la table. Il lança :
- Vous voulez que je vous frappe pour vous faire pardonner, c'est bien ça ?
Les trois filles hochèrent la tête en signe d'approbation tout en nageant dans leur éternel pleure. Sylvain lança un grand soupir avant de lancer tout en ouvrant grandement ses bras :
- Venez dans mes bras, mes petites nuisibles sans fin. Allez, venez dans les bras de papa.
Les trois filles se levèrent du sol et allèrent se blottir dans les bras de leur père tout en essuyant les larmes qui coulaient profondément de leurs yeux. Chacune murmura dans sa gorge en le serrant fortement :
- Nous sommes désolées, papa. Pardonne-nous ! 
- C'est bon, mes petites nuisibles. Je vais manger votre repas, d'accord ?
À l'entendre dire celà, les filles se levèrent subitement avec un grand sourire aux lèvres. Elles arrêtèrent la main de leur père et le conduisirent à table. Elles lui servirent le repas et il ne tarda à se délecter. 
À peine cinq minutes à table, ils virent la porte principale s'ouvrir lentement. C'était Sandrine qui venait de faire une entrée à tel point qu'on aurait dit qu'elle se trouvait sur les rotules. Son corps pesait et son visage avait changé. Elle avait l'air triste, extrêmement triste. Elle se jetta dans son fauteuil en éloignant son sac à main aussi loin que possible d'elle. Elle s'adossa et ferma les paupières en ignorant sa petite famille qui attendait juste un petit bon après midi de sa part.
Inondé d'une curiosité sans fin, Sylvain mit fin à son repas en lavant ses mains dans le récipient d'eau. Il se rapprocha de sa femme avec un air curieux. Ses filles firent pareils sans daigner perdre un temps de plus. Elles s'assirent paisiblement à côté de leur mère et les jumelles ne tardèrent à poser leur tête sur ses épaules comme dans la routine. Elles se mirent à caresser ses paumes de main délicatement pour but de lui remonter le moral. Annabelle se mit à retirer les escarpins de cette dernière sans dire quoique ce soit. Sylvain la fixa longuement sans employer un seul mot. Tous savaient déjà ce qui pouvait la mettre dans cet état lamentable. 
Sylvain se décida finalement d'aligner une petite phrase de sa bouche :
- Tu trouveras une autre opportunité en or.
- Ce n'est pas le fait d'être rejeté qui me fait le plus mal, dixit-elle en sortant de son éternel silence de mort. Ce qui me fait le plus mal, c'est de la croiser de nouveau devant ma face. Une fois de plus, c'est elle qui est à l'origine de tout.
Sylvain passa sa main sur son visage d'un air déboussolé. Il fixa le ciel sans dire un seul mot. Les jumelles restèrent silencieuses avec un regard posé sur leur mère. Annabelle quant à elle, s'était relevé sur le coup et avait pris la direction du dehors.
- Où est allé se fourrer Annabelle ? demanda curieusement Sylvain en lançant son regard partout dans la maison. J'espère qu'elle n'est pas allée où je crois.
Les jumelles se relevèrent sous précipitation. Marianne lança tout à coup :
- Je crois bien que la maison de quelqu'un va prendre feu. Ça ne sent pas bon du tout. Elle est allée chez la sorcière déguisée en ange. C'est fini pour cette dernière.

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