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Ennemies jurées -

La lecture nourrit l'âme

Jul 5, 2024 - 22 Minutes
Chapitre 1<div><br></div><div>Monsieur Sylvain Enama se trouvait paisiblement assis dans son fauteuil avec les yeux rivés sur sa télévision. Avec sa télécommande à la main, il ne cessait de changer de chaîne à chaque seconde pour but de trouver une émission qui sera à son goût. Marianne, l

- Ah mon papounet d'amour ! Comme tu n'arrives pas à te trouver une bonne émission, il faut me passer la télécommande voir. Je vais mettre Pépa Pig...

- Pepa quoi? l'interrompt son père en la fixant. C'est encore quelle émission ça ?

- Mais c'est Pépa Pig, papa. C'est une très bonne émission, je te jure sur la terre de ma poupée qui n'a pas les cheveux là. C'est une très bonne émission. C'est très instructive car ça me permet de me divertir et me sentir bien. Regarde ce sourire sur ma face.( Elle tira ses joues avec ses doigts). Avant même que l'heure ne sonne, ce sourire est apparu subitement et il est quasiment impossible qu'il disparaisse maintenant. Ça disparaitra quand l'émission sera terminée.( Elle tapota l'épaule de son père en s'esclaffant) Je sais très bien que mon papounet adore aime me voir dans cet état. Alors tu me passes la télécommande pour que ce sourire ne quitte plus mon visage ?

- Tu peux la prendre, dixit son père en lui tendant la télécommande. 

À l'instant, il vit Marielle sauter sur lui en saisissant la télécommande.

- C'est mon heure pour regarder Angelo la débrouille. Alors, pas touche à la télécommande. Je dois d'abord visionner.

Voulant changer de chaîne, Marianne arracha la télécommande avec colère.

- Pour qui te prends-tu ? Je te rappelle que j'ai été la première à la demander à papa. Sais-tu comment j'ai souffert pour l'avoir ? C'est mon tour de voir Pépa Pig aujourd'hui.

Marianne l'arrachea de nouveau et les disputes prirent l'ascenseur. Les jumelles se mirent à crier et à sauter sur les fauteuils du salon sans daigner écouter leur père qui avait tendance à parler au mur. Lasser de cette situation, il s'allongea dans son fauteuil. Il prit ses écouteurs et les enfonça dans ses oreilles. Il mit la musique à fond et prit le poussin qu'il ne tarda à couvrir son visage. Il laissa ainsi ses jumelles dans leurs désordres continuels. 

À moins d'une minute, une femme de la trentaine d'âge s'aventura dans la zone et à l'instant où elle vit l'extrême désordre qui régnait au salon, une colère noire l'envahit soudainement. Sans réfléchir, elle lança un grand cri qui pouvait réveiller un mort enfuit dans son cercueil :

- Assez !!!!!!!!

À l'instant, les jumelles devinrent comme des statuettes. Marielle resta avec une bouche grandement ouverte et tenue en équilibre sur l'un des fauteuils. Marianne quant à elle, était non loin de cette dernière. Avec les deux mains tendues en l'air comme si on lui avait pris en flagrant délit, elle fixait la femme en colère avec un air perdu. Cette dernière était Sandrine Enama, la mère de la famille. Stricte et extrêmement en colère, elle était la seule qui pouvait faire résonner ses enfants et remettre de l'ordre dans la maison. Ses règles étaient respectées à la lettre et personne jusqu'à l'heure actuelle n'avait eu le courage de la désobéir en tant que tel. Son influence était immense. Même son mari ne lui tenait point tête car il connaissait sa force de frappe. 

D'un visage serré et remplit de rides, elle se mit à avancer lentement vers ses jumelles sans aligner un seul mot. À l'instant où elle atteint le lieu propice, elle les fixa intensément à tour de rôle. Elle laissa échapper un sourire de son visage en les envoyant un clin d'œil. Subitement, Marielle descendit du fauteuil en gardant les bras en l'air. Sandrine posa son regard sur Marianne avec le même sourire sur la face accompagné d'un clin d'œil qui la poussa à mettre la main dans son pantalon et à y sortir la télécommande qu'elle avait cachée à la vue de sa sœur. Elle posa soigneusement la télécommande sur la table et souleva ses deux bras en plein air comme c'était le cas pour Marielle.

Sandrine éteignit son sourire faussaire et lança d'une voix posante:

- Annabelle? Annabelle ?

Après deux appels successifs, une voix répondit et la portante de cette supposée voix se présenta à la même seconde. C'était une jeune fille mince, élancée, ébène et âgée de 21 ans. Vêtue d'une robe moulante laissant ainsi transparaître sa petite forme, elle vint en courant tout en dévoilant un large sourire.

- Oui, mère ! Tu m'as appelée et je suis à ton service.

Elle disait celà en se moquant de ses sœurs qui étaient déjà à un point de libérer les larmes enfuis dans leur corps.

Sans la fixer du regard, Sandrine lança :

- Cherche-moi une chicotte assez solide pour corriger ces petites nuisibles. Ça les apprendra à mettre mon salon dans un état de désordre. Apporte-moi une chicotte...

- J'en ai déjà trouvé, mère, lança subitement Annabelle en sortant le long courant qu'elle avait cachée derrière son dos en quittant de sa chambre. Avant même que tu ne m'appelles, j'avais déjà trouvé ce courant pour la bonne correction que tu vas infliger à ces deux filles. Elles méritent convenablement. Elles dérangent énormément, je peux te l'assurer, mère. Elles...

- Donne-moi ça, arrache-t-elle le courant des mains de sa fille sans même la regarder.

À l'instant, les jumelles se mirent à pleurer à l'excès mais celà n'empêcha leur mère de les infliger la sentence qui leur est dûe. Chacune d'elles reçut au moins dix coups aux fesses. Pendant ce temps, Annabelle ne faisait que ricaner en catimini et le papa continuait à suivre sa musique comme si de rien n'était sans toutefois lancer un coup d'œil vers ses jumelles en larmes. Sandrine lança après avoir terminé son manœuvre :

- Ça vous apprendra à faire du désordre dans mon salon. À peine que je ne tourne le dos, c'est le chaos total. Vous n'allez donc jamais grandir? Je vous rappelle que vous avez 12 ans. Vous n'êtes plus des enfants. Vous devriez vous responsabiliser. Prenez l'exemple chez votre grande sœur. Annabelle ne...

À l'instant où elle fixa Annabelle du regard, elle se tue en avalant ses compliments. Elle se mit à la dévorer du haut jusqu'en bas avec un regard poignant remplit de colère. Le sourire qu'affichait cette dernière s'éteignit subitement car elle avait remarqué le changement d'humeur de sa mère qui ne cessait de fixer sa courte robe sans cligner les yeux. Elle se mit immédiatement à chercher un moyen à baisser sa robe qui ne lui arrivait guère au genou. Toutes ses cuisses étaient à l'air libre sans oublier que ses formes y étaient bonnement visibles.

Sandrine lança un sourire narquois au bord de ses lèvres et dixit à ses jumelles :

- C'est qui celle-là ? Elle sort d'où ? Vous ne m'aviez pas informé de la venue de l'une de vos camarades de classe. Et puis même, elle ne peut pas être dans la même salle que vous. Elle est déjà trop vieille. Mais en voyant son accoutrement, je peux conclure qu'elle a repris les classes jusqu'à donner l'AVC à ses parents. Les pauvres ! Neuf mois de souffrance dans l'eau. Quel gâchis !...

Au même moment qu'elle parlait, Annabelle s'agenouilla avec les deux mains sur la tête. On pouvait voir quelques gouttes de larmes couler de ses yeux. Les jumelles qui étaient autrefois en pleure, se calmèrent subitement et laissèrent place aux fous rires. Marianne lança subitement :

- Ah mère, est-ce que nous avons ce genre d'amie? Nos amies s'habillent très bien. Celle-là, nous ne savons même pas qui sait. Dis Marielle, tu connais cette fille ?

- Ou même alors ? répondit Marielle en ricanant. Je ne sais pas qui s'est mais j'ai l'impression d'avoir vu ce joli visage quelque part. Dommage que je n'arrive pas à me repérer. Aide-moi voir...

- Ce visage me dit également quelque chose, ajouta Marianne. On dirait que c'est... C'est encore qui là, Marielle ? Son nom m'échappe là.

- C'est grave, mère, dixit-elle à sa mère. Je crois bien que c'est Annabelle. C'est exactement de cette façon qu'elle a l'habitude de pleurer. Si à moins d'une seconde elle tord sa bouche en pleurant, c'est que c'est elle.( Au même moment, Annabelle tord la bouche en pleurant) Voilà ça ! C'est bel et bien Annabelle. Où va-t-elle habiller comme ça ?

- À ton avis ? demanda Marianne. Elle seule sait où elle va habiller de cette façon. 

- Donc si je comprends bien, c'est Annabelle, dixit Sandrine à ses jumelles avec un air surpris.

- Oui, mère, lança unanimement les jumelles. C'est Annabelle !

- Ah, donc c'est Annabelle ici, poursuit-elle en la dévorant du regard. C'est de quelle Annabelle vous parler, les jumelles ? Parce que je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi cette Annabelle ressemble tant à ma Annabelle que j'ai porté neuf mois dans mon ventre. Mais c'est inadmissible ça. Donc parmi toutes les filles de ce monde, c'est le visage de ma fille que tu as choisi de prendre? Méfie-toi, jeune fille ! Je n'aime pas la tentation un si bon lundi. Tu as demandé la permission à qui pour ressembler autant à ma Annabelle ? Lève-toi et rentre chez tes parents avant que je ne casse tes maigres pieds là. ( s'adressant à ses jumelles) Allez me chercher votre soeur. Je dois vérifier quelque chose. ( elle se mit à crier le nom d'Annabelle en ignorant qu'elle était devant elle) Annabelle ? Ma fille, viens là s'il-te-plaît ! Annabelle ? Annabelle ?

Annabelle tomba de plus belle en sanglots et se décida finalement de prendre la parole malgré elle :

- Pardon, mère ! Je ne partais nulle part, je te le jure sur la tête de Marianne et Marielle. Je ne partais nulle part habillé ainsi. Je voulais juste voir si j'avais les belles formes comme mon amie Léa. Elle a osé me dire que je suis comme un poteau électrique sans seins ni fesses et que c'est pourquoi je ne porte jamais les habits serrés...

- Quoi? s'écria Marianne. Donc cette Léa a osé insulter notre grande sœur ? Mais comment a-t-elle pu ? Je vais la laver et sécher.

- C'est un petit problème, ajouta Marielle. Qui lui a donné le droit d'insulter notre sœur ? Avec ses fesses comme le plat de notre chien là...

- Qui vous a donnés l'autorisation de parler ? demanda curieusement leur mère.

- Personne n'a le droit d'insulter notre sœur à part nous...

- La ferme ! ( s'adressant à Annabelle) Lève-toi très rapidement et va toi-même chercher ta chicotte. Tu me diras où est-ce que tu as appris à porter une si petite robe dans ma maison. 

- Pardon, mère ! Je m'en vais l'enlever...

- Laisse-nous faire, mère, dixit Marianne. Nous allons te ramener une bonne chicotte pour corriger Annabelle.

Avant même que Sandrine ne donne son feu vert, les jumelles disparurent subitement et revinrent juste après avec un long courant, extrêmement long que le premier qui avait servi à les corriger. Sandrine se saisit de ce courant et infligea 15 coups à Annabelle qui criait aussi fort qu'on pouvait l'entendre chez les voisins d'à-côté. 

- Tu vas rapidement me retirer cette chose que tu appelles,, robe'', lança Sandrine en retournant dans sa chambre. Je pars me préparer pour mon entretien d'embauche et malheur à la personne qui mettra son nez dehors.

Elle entra dans la chambre en laissant ses trois filles au salon et ainsi que son mari qui faisait l'indifferent en suivant sa musique. Ce dernier se décida finalement de retirer le poussin de son visage et ainsi que les écouteurs de ses oreilles. Il lança un regard vers ses filles. Il vit ses jumelles en train de calmer leur grande sœur malgré elles.

- Pourquoi tu pleures comme si on était en train de te tuer? demanda Marianne. Tu exagères. Il faut te calmer. Nous avons toutes reçues une correction.

-. Arrête de pleurer, ajouta Marielle. Tu mérites même plus que ça. Tu partais d'abord où avec une si petite robe ?

Voyant que ses jumelles ne faisaient qu'empirer les choses, Sylvain se décida finalement d'intervenir :

- Ce sont les larmes de qui que j'aperçois là ? Viens là, ma petite puce. Viens dans les bras de papa.

Il ouvrit ses bras et Annabelle se leva finalement du sol et alla se blottir contre lui. À l'instant, elle se tue car ce dernier avait trouvé les bons mots pour la calmer.

- Depuis quand ma si belle petite puce laisse-t-elle ses larmes couler ? Je ne veux plus les voir, d'accord ? 

Annabelle hocha la tête en signe d'approbation. Les jumelles s'approchèrent d'eux en les dévorant du regard. À moins de deux secondes, elles se mirent à sangloter en se couchant sur les pieds de leur père. Ce dernier lança en soupirant :

- Il ne manquait plus que ça. Il est hors de question que je vous porte toutes. C'est impossible. Il faudrait que vous vous calmiez avant que votre mère ne revienne.

Elles se tuent finalement mais se mirent à bouder à l'excès.

Quelques minutes après, Sandrine se rendit dans son entretien d'embauche. Annabelle en profita pour se rendre chez la voisine malgré l'interdiction conforme de sortir. Assise dans la cour en compagnie de son amie, Annabelle se mit à papoter :

- Notre quartier si est trop naze. On dirait un cimetière. C'est trop calme.

- Tu trouves ? demanda curieusement Mélanie. Donc tu as oublié tout le désordre que vous faites dans ce quartier ? La famille Eloum et la tienne, c'est une guerre interminable. À l'instant où ces deux se rencontrent, c'est le feu seulement. Et en passant, pourquoi tu criais tout à l'heure ? J'ai cru une seconde qu'on était en train de te tuer...

- C'est ma mère, lança Annabelle. Tu ignores quoi? Elle a failli me tuer aujourd'hui. Je me suis évanouis cinq fois aujourd'hui et je suis même allée jusqu'à oublier mon nom. Ma mère là, je ne la comprends pas. Comment elle peut me faire une chose pareille ? Elle est trop méchante...

- Donc c'est aujourd'hui que tu sais ça ? demanda curieusement Mélanie. Je voulais te le dire mais il fallait que tu le saches par toi-même. Ta mère est trop méchante. C'est ce que tu dis doucement comme ça ? Elle exagère vraiment. Elle se croit tout permis quoi... avec sa courte taille comme pour le pingouin...

Annabelle lança un air surpris à Mélanie. Sans dire un seul mot, elle se mit à secoua la tête comme si elle était d'accord avec les dires de son amie.

- Tu as raison, adhère-t-elle.

- Je te dis, Annabelle. Ta mère se croit tout permis. Je prie que Marie Eloum la remette à sa place. Elle doit la corriger...

- Que Marie Eloum corrige ma mère ? demanda Annabelle avec un sourire narquois aux lèvres.

- Tout-à-fait, ajouta-t-elle. Elle le mérite, n'est-ce pas ?

- Bien-sûr ! Elle le mérite.

- Certes que tu es mon amie mais nous devons nous dire certaines vérités. Ta mère est nuisible, n'en parlons même pas de tes sœurs. Façon la tête des jumelles là m'énerve... Heureusement que toi tu n'es pas comme ça...

- Même la tête de mes sœurs a pris une balle perdue, dixit Annabelle en souriant bêtement. Tu ne mâches pas tes mots, toi.

- C'est comme ça que je suis, fit-elle. Tu me connais très bien...

- Mais toi tu ignores toujours qui je suis, ajouta Annabelle en tapotant son épaule avec un large sourire. Bon... je dois rentrer avant que ma méchante mère ne refasse surface.

- Weeekee ma coucou, courage seulement. Je ne peux rien faire pour toi. C'est le fardeau que Dieu t'a donné là-bas.

- Je te dis. Allons à la maison. Je vais te donner un bon café chaud que tu ne vas jamais oublier de toute ta vie, ma coucou. Tu es mon invité spécial.

- Allons-y dans ce cas...

Les deux jeunes filles se mirent ainsi en route en direction de la demeure des Enama. À l'instant où elles pénètrent dans la concession dite, Annabelle ferma le portail à double clé et la garda soigneusement dans son soutien. Elle s'adossa au portail en croisant les bras.

- Je ne savais pas qu'on gardait la clé du portail dans le soutien, dixit Mélanie d'un air moqueur. Mais qui t'a appris une chose pareille ? 

- C'est ma méchante mère qui me l'a apprise. ( S'adressant à ses sœurs) Marianne, Marielle ? Dépêchez-vous de venir. N'oubliez pas de sortir avec le tourne-couscous de mère. Nous en aurons besoin. Je dois conduire une énergumène dans le cercueil qu'elle s'est créé elle-même. Seul l'ange Gabriel pourra nous séparer aujourd'hui.
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Chapitre 1

Monsieur Sylvain Enama se trouvait paisiblement assis dans son fauteuil avec les yeux rivés sur sa télévision. Avec sa télécommande à la main, il ne cessait de changer de chaîne à chaque seconde pour but de trouver une émission qui sera à son goût. Marianne, l'une de ses jumelles, accourt vers lui et ne tarda à prendre place. D'un air joyeux, elle lança tout à coup :

- Ah mon papounet d'amour ! Comme tu n'arrives pas à te trouver une bonne émission, il faut me passer la télécommande voir. Je vais mettre Pépa Pig...

- Pepa quoi? l'interrompt son père en la fixant. C'est encore quelle émission ça ?

- Mais c'est Pépa Pig, papa. C'est une très bonne émission, je te jure sur la terre de ma poupée qui n'a pas les cheveux là. C'est une très bonne émission. C'est très instructive car ça me permet de me divertir et me sentir bien. Regarde ce sourire sur ma face.( Elle tira ses joues avec ses doigts). Avant même que l'heure ne sonne, ce sourire est apparu subitement et il est quasiment impossible qu'il disparaisse maintenant. Ça disparaitra quand l'émission sera terminée.( Elle tapota l'épaule de son père en s'esclaffant) Je sais très bien que mon papounet adore aime me voir dans cet état. Alors tu me passes la télécommande pour que ce sourire ne quitte plus mon visage ?

- Tu peux la prendre, dixit son père en lui tendant la télécommande. 

À l'instant, il vit Marielle sauter sur lui en saisissant la télécommande.

- C'est mon heure pour regarder Angelo la débrouille. Alors, pas touche à la télécommande. Je dois d'abord visionner.

Voulant changer de chaîne, Marianne arracha la télécommande avec colère.

- Pour qui te prends-tu ? Je te rappelle que j'ai été la première à la demander à papa. Sais-tu comment j'ai souffert pour l'avoir ? C'est mon tour de voir Pépa Pig aujourd'hui.

Marianne l'arrachea de nouveau et les disputes prirent l'ascenseur. Les jumelles se mirent à crier et à sauter sur les fauteuils du salon sans daigner écouter leur père qui avait tendance à parler au mur. Lasser de cette situation, il s'allongea dans son fauteuil. Il prit ses écouteurs et les enfonça dans ses oreilles. Il mit la musique à fond et prit le poussin qu'il ne tarda à couvrir son visage. Il laissa ainsi ses jumelles dans leurs désordres continuels. 

À moins d'une minute, une femme de la trentaine d'âge s'aventura dans la zone et à l'instant où elle vit l'extrême désordre qui régnait au salon, une colère noire l'envahit soudainement. Sans réfléchir, elle lança un grand cri qui pouvait réveiller un mort enfuit dans son cercueil :

- Assez !!!!!!!!

À l'instant, les jumelles devinrent comme des statuettes. Marielle resta avec une bouche grandement ouverte et tenue en équilibre sur l'un des fauteuils. Marianne quant à elle, était non loin de cette dernière. Avec les deux mains tendues en l'air comme si on lui avait pris en flagrant délit, elle fixait la femme en colère avec un air perdu. Cette dernière était Sandrine Enama, la mère de la famille. Stricte et extrêmement en colère, elle était la seule qui pouvait faire résonner ses enfants et remettre de l'ordre dans la maison. Ses règles étaient respectées à la lettre et personne jusqu'à l'heure actuelle n'avait eu le courage de la désobéir en tant que tel. Son influence était immense. Même son mari ne lui tenait point tête car il connaissait sa force de frappe. 

D'un visage serré et remplit de rides, elle se mit à avancer lentement vers ses jumelles sans aligner un seul mot. À l'instant où elle atteint le lieu propice, elle les fixa intensément à tour de rôle. Elle laissa échapper un sourire de son visage en les envoyant un clin d'œil. Subitement, Marielle descendit du fauteuil en gardant les bras en l'air. Sandrine posa son regard sur Marianne avec le même sourire sur la face accompagné d'un clin d'œil qui la poussa à mettre la main dans son pantalon et à y sortir la télécommande qu'elle avait cachée à la vue de sa sœur. Elle posa soigneusement la télécommande sur la table et souleva ses deux bras en plein air comme c'était le cas pour Marielle.

Sandrine éteignit son sourire faussaire et lança d'une voix posante:

- Annabelle? Annabelle ?

Après deux appels successifs, une voix répondit et la portante de cette supposée voix se présenta à la même seconde. C'était une jeune fille mince, élancée, ébène et âgée de 21 ans. Vêtue d'une robe moulante laissant ainsi transparaître sa petite forme, elle vint en courant tout en dévoilant un large sourire.

- Oui, mère ! Tu m'as appelée et je suis à ton service.

Elle disait celà en se moquant de ses sœurs qui étaient déjà à un point de libérer les larmes enfuis dans leur corps.

Sans la fixer du regard, Sandrine lança :

- Cherche-moi une chicotte assez solide pour corriger ces petites nuisibles. Ça les apprendra à mettre mon salon dans un état de désordre. Apporte-moi une chicotte...

- J'en ai déjà trouvé, mère, lança subitement Annabelle en sortant le long courant qu'elle avait cachée derrière son dos en quittant de sa chambre. Avant même que tu ne m'appelles, j'avais déjà trouvé ce courant pour la bonne correction que tu vas infliger à ces deux filles. Elles méritent convenablement. Elles dérangent énormément, je peux te l'assurer, mère. Elles...

- Donne-moi ça, arrache-t-elle le courant des mains de sa fille sans même la regarder.

À l'instant, les jumelles se mirent à pleurer à l'excès mais celà n'empêcha leur mère de les infliger la sentence qui leur est dûe. Chacune d'elles reçut au moins dix coups aux fesses. Pendant ce temps, Annabelle ne faisait que ricaner en catimini et le papa continuait à suivre sa musique comme si de rien n'était sans toutefois lancer un coup d'œil vers ses jumelles en larmes. Sandrine lança après avoir terminé son manœuvre :

- Ça vous apprendra à faire du désordre dans mon salon. À peine que je ne tourne le dos, c'est le chaos total. Vous n'allez donc jamais grandir? Je vous rappelle que vous avez 12 ans. Vous n'êtes plus des enfants. Vous devriez vous responsabiliser. Prenez l'exemple chez votre grande sœur. Annabelle ne...

À l'instant où elle fixa Annabelle du regard, elle se tue en avalant ses compliments. Elle se mit à la dévorer du haut jusqu'en bas avec un regard poignant remplit de colère. Le sourire qu'affichait cette dernière s'éteignit subitement car elle avait remarqué le changement d'humeur de sa mère qui ne cessait de fixer sa courte robe sans cligner les yeux. Elle se mit immédiatement à chercher un moyen à baisser sa robe qui ne lui arrivait guère au genou. Toutes ses cuisses étaient à l'air libre sans oublier que ses formes y étaient bonnement visibles.

Sandrine lança un sourire narquois au bord de ses lèvres et dixit à ses jumelles :

- C'est qui celle-là ? Elle sort d'où ? Vous ne m'aviez pas informé de la venue de l'une de vos camarades de classe. Et puis même, elle ne peut pas être dans la même salle que vous. Elle est déjà trop vieille. Mais en voyant son accoutrement, je peux conclure qu'elle a repris les classes jusqu'à donner l'AVC à ses parents. Les pauvres ! Neuf mois de souffrance dans l'eau. Quel gâchis !...

Au même moment qu'elle parlait, Annabelle s'agenouilla avec les deux mains sur la tête. On pouvait voir quelques gouttes de larmes couler de ses yeux. Les jumelles qui étaient autrefois en pleure, se calmèrent subitement et laissèrent place aux fous rires. Marianne lança subitement :

- Ah mère, est-ce que nous avons ce genre d'amie? Nos amies s'habillent très bien. Celle-là, nous ne savons même pas qui sait. Dis Marielle, tu connais cette fille ?

- Ou même alors ? répondit Marielle en ricanant. Je ne sais pas qui s'est mais j'ai l'impression d'avoir vu ce joli visage quelque part. Dommage que je n'arrive pas à me repérer. Aide-moi voir...

- Ce visage me dit également quelque chose, ajouta Marianne. On dirait que c'est... C'est encore qui là, Marielle ? Son nom m'échappe là.

- C'est grave, mère, dixit-elle à sa mère. Je crois bien que c'est Annabelle. C'est exactement de cette façon qu'elle a l'habitude de pleurer. Si à moins d'une seconde elle tord sa bouche en pleurant, c'est que c'est elle.( Au même moment, Annabelle tord la bouche en pleurant) Voilà ça ! C'est bel et bien Annabelle. Où va-t-elle habiller comme ça ?

- À ton avis ? demanda Marianne. Elle seule sait où elle va habiller de cette façon. 

- Donc si je comprends bien, c'est Annabelle, dixit Sandrine à ses jumelles avec un air surpris.

- Oui, mère, lança unanimement les jumelles. C'est Annabelle !

- Ah, donc c'est Annabelle ici, poursuit-elle en la dévorant du regard. C'est de quelle Annabelle vous parler, les jumelles ? Parce que je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi cette Annabelle ressemble tant à ma Annabelle que j'ai porté neuf mois dans mon ventre. Mais c'est inadmissible ça. Donc parmi toutes les filles de ce monde, c'est le visage de ma fille que tu as choisi de prendre? Méfie-toi, jeune fille ! Je n'aime pas la tentation un si bon lundi. Tu as demandé la permission à qui pour ressembler autant à ma Annabelle ? Lève-toi et rentre chez tes parents avant que je ne casse tes maigres pieds là. ( s'adressant à ses jumelles) Allez me chercher votre soeur. Je dois vérifier quelque chose. ( elle se mit à crier le nom d'Annabelle en ignorant qu'elle était devant elle) Annabelle ? Ma fille, viens là s'il-te-plaît ! Annabelle ? Annabelle ?

Annabelle tomba de plus belle en sanglots et se décida finalement de prendre la parole malgré elle :

- Pardon, mère ! Je ne partais nulle part, je te le jure sur la tête de Marianne et Marielle. Je ne partais nulle part habillé ainsi. Je voulais juste voir si j'avais les belles formes comme mon amie Léa. Elle a osé me dire que je suis comme un poteau électrique sans seins ni fesses et que c'est pourquoi je ne porte jamais les habits serrés...

- Quoi? s'écria Marianne. Donc cette Léa a osé insulter notre grande sœur ? Mais comment a-t-elle pu ? Je vais la laver et sécher.

- C'est un petit problème, ajouta Marielle. Qui lui a donné le droit d'insulter notre sœur ? Avec ses fesses comme le plat de notre chien là...

- Qui vous a donnés l'autorisation de parler ? demanda curieusement leur mère.

- Personne n'a le droit d'insulter notre sœur à part nous...

- La ferme ! ( s'adressant à Annabelle) Lève-toi très rapidement et va toi-même chercher ta chicotte. Tu me diras où est-ce que tu as appris à porter une si petite robe dans ma maison. 

- Pardon, mère ! Je m'en vais l'enlever...

- Laisse-nous faire, mère, dixit Marianne. Nous allons te ramener une bonne chicotte pour corriger Annabelle.

Avant même que Sandrine ne donne son feu vert, les jumelles disparurent subitement et revinrent juste après avec un long courant, extrêmement long que le premier qui avait servi à les corriger. Sandrine se saisit de ce courant et infligea 15 coups à Annabelle qui criait aussi fort qu'on pouvait l'entendre chez les voisins d'à-côté. 

- Tu vas rapidement me retirer cette chose que tu appelles,, robe'', lança Sandrine en retournant dans sa chambre. Je pars me préparer pour mon entretien d'embauche et malheur à la personne qui mettra son nez dehors.

Elle entra dans la chambre en laissant ses trois filles au salon et ainsi que son mari qui faisait l'indifferent en suivant sa musique. Ce dernier se décida finalement de retirer le poussin de son visage et ainsi que les écouteurs de ses oreilles. Il lança un regard vers ses filles. Il vit ses jumelles en train de calmer leur grande sœur malgré elles.

- Pourquoi tu pleures comme si on était en train de te tuer? demanda Marianne. Tu exagères. Il faut te calmer. Nous avons toutes reçues une correction.

-. Arrête de pleurer, ajouta Marielle. Tu mérites même plus que ça. Tu partais d'abord où avec une si petite robe ?

Voyant que ses jumelles ne faisaient qu'empirer les choses, Sylvain se décida finalement d'intervenir :

- Ce sont les larmes de qui que j'aperçois là ? Viens là, ma petite puce. Viens dans les bras de papa.

Il ouvrit ses bras et Annabelle se leva finalement du sol et alla se blottir contre lui. À l'instant, elle se tue car ce dernier avait trouvé les bons mots pour la calmer.

- Depuis quand ma si belle petite puce laisse-t-elle ses larmes couler ? Je ne veux plus les voir, d'accord ? 

Annabelle hocha la tête en signe d'approbation. Les jumelles s'approchèrent d'eux en les dévorant du regard. À moins de deux secondes, elles se mirent à sangloter en se couchant sur les pieds de leur père. Ce dernier lança en soupirant :

- Il ne manquait plus que ça. Il est hors de question que je vous porte toutes. C'est impossible. Il faudrait que vous vous calmiez avant que votre mère ne revienne.

Elles se tuent finalement mais se mirent à bouder à l'excès.

Quelques minutes après, Sandrine se rendit dans son entretien d'embauche. Annabelle en profita pour se rendre chez la voisine malgré l'interdiction conforme de sortir. Assise dans la cour en compagnie de son amie, Annabelle se mit à papoter :

- Notre quartier si est trop naze. On dirait un cimetière. C'est trop calme.

- Tu trouves ? demanda curieusement Mélanie. Donc tu as oublié tout le désordre que vous faites dans ce quartier ? La famille Eloum et la tienne, c'est une guerre interminable. À l'instant où ces deux se rencontrent, c'est le feu seulement. Et en passant, pourquoi tu criais tout à l'heure ? J'ai cru une seconde qu'on était en train de te tuer...

- C'est ma mère, lança Annabelle. Tu ignores quoi? Elle a failli me tuer aujourd'hui. Je me suis évanouis cinq fois aujourd'hui et je suis même allée jusqu'à oublier mon nom. Ma mère là, je ne la comprends pas. Comment elle peut me faire une chose pareille ? Elle est trop méchante...

- Donc c'est aujourd'hui que tu sais ça ? demanda curieusement Mélanie. Je voulais te le dire mais il fallait que tu le saches par toi-même. Ta mère est trop méchante. C'est ce que tu dis doucement comme ça ? Elle exagère vraiment. Elle se croit tout permis quoi... avec sa courte taille comme pour le pingouin...

Annabelle lança un air surpris à Mélanie. Sans dire un seul mot, elle se mit à secoua la tête comme si elle était d'accord avec les dires de son amie.

- Tu as raison, adhère-t-elle.

- Je te dis, Annabelle. Ta mère se croit tout permis. Je prie que Marie Eloum la remette à sa place. Elle doit la corriger...

- Que Marie Eloum corrige ma mère ? demanda Annabelle avec un sourire narquois aux lèvres.

- Tout-à-fait, ajouta-t-elle. Elle le mérite, n'est-ce pas ?

- Bien-sûr ! Elle le mérite.

- Certes que tu es mon amie mais nous devons nous dire certaines vérités. Ta mère est nuisible, n'en parlons même pas de tes sœurs. Façon la tête des jumelles là m'énerve... Heureusement que toi tu n'es pas comme ça...

- Même la tête de mes sœurs a pris une balle perdue, dixit Annabelle en souriant bêtement. Tu ne mâches pas tes mots, toi.

- C'est comme ça que je suis, fit-elle. Tu me connais très bien...

- Mais toi tu ignores toujours qui je suis, ajouta Annabelle en tapotant son épaule avec un large sourire. Bon... je dois rentrer avant que ma méchante mère ne refasse surface.

- Weeekee ma coucou, courage seulement. Je ne peux rien faire pour toi. C'est le fardeau que Dieu t'a donné là-bas.

- Je te dis. Allons à la maison. Je vais te donner un bon café chaud que tu ne vas jamais oublier de toute ta vie, ma coucou. Tu es mon invité spécial.

- Allons-y dans ce cas...

Les deux jeunes filles se mirent ainsi en route en direction de la demeure des Enama. À l'instant où elles pénètrent dans la concession dite, Annabelle ferma le portail à double clé et la garda soigneusement dans son soutien. Elle s'adossa au portail en croisant les bras.

- Je ne savais pas qu'on gardait la clé du portail dans le soutien, dixit Mélanie d'un air moqueur. Mais qui t'a appris une chose pareille ? 

- C'est ma méchante mère qui me l'a apprise. ( S'adressant à ses sœurs) Marianne, Marielle ? Dépêchez-vous de venir. N'oubliez pas de sortir avec le tourne-couscous de mère. Nous en aurons besoin. Je dois conduire une énergumène dans le cercueil qu'elle s'est créé elle-même. Seul l'ange Gabriel pourra nous séparer aujourd'hui.
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