Chapitre 23 suite
La patience est une vertu
Envoûté
Le même collègue qui l'a accompagné hier soir entre dans le bureau.
_ ehh Rachelle je t'attends depuis tu n'as pas fini avec ton client ?
Thomas se précipite pour lui répondre.
_ je ne suis pas son client, je suis son fiancé.
_ pardon ? Son fiancé ?
_ en faite c'est le père de mes enfants. s'empresse de corriger Rachelle.
_ je suis ton fiancé un point un trait. Dit Thomas avec insistance.
_euhh je vais vous laisser, dit le collègue en sortant du bureau.
_ c'est avec lui que tu devais aller manger n'est ce pas. Je peux savoir ce qui se passe entre vous ? D'abord il te dépose le soir et c'est encore lui qui t'emmène manger à midi.
_ tu es jaloux ?
_ bah non. Il ne m'atteint pas à la cheville. Je ne te parle pas d'argent mais plutôt de charisme. Il est trop court pour toi, il t'arrive aux hanches on dirait un petit poussin.
Rachelle rit aux éclats. Elle sait effectivement que son collègue est petit de taille et reçoit souvent des taquineries de la part de ses collègues. Thomas s'assoit et croise les pieds.
_ comme tu ne veux pas sortir alors je vais demander au restaurant de nous livrer ici.
Qu'est ce que tu prends ? Ah ne dis rien je sais déjà ce que je vais commander pour toi .
_ qu'est ce que tu me veux Thomas. Je pense avoir été clair hier je ne te veux plus.
_ moi je te veux et tant que je te voudrais je ne te lâcherais pas.
_ c'est du harcèlement.
_ porte plainte.
_ tu es pathétique.
_ je m'en fou. Je prends un vin rouge ou bien des bières ?
_ un vin bleu stuiiippp. Tu es à mon lieu de service ne me crée pas de problème.
_ allons donc au restaurant. Je ne bouge pas d'ici tant que tu n'accepte pas mon invitation..je te promets qu'on va discuter de tout sauf de nous. Tu pourras me parler de ton travail, des difficultés que tu rencontres, aussi des enfants j'ai pensé que nous pouvons changer d'école l'année prochaine je pense plus à l'école américaine.
_ américaine mais pourquoi ? Il est bien ou il est.
_ allons donc discuter devant un plat.
_ je te déteste franchement. J'accepte parce que tu m'as forcé la main. Allons-y et que ça soit la dernière fois.
_ Moi aussi j'espère que c'est la dernière fois.
Rachelle lui lance un regard noir. Il se lève et ils sortent du bureau. Thomas ne s'est pas arrêté là, il lui fait livrer des fleurs à son bureau et parfois des bijoux. Il sait exactement ce qu'elle aime et n'hésite pas à les lui offrir. Quelque soit le temps que ça va prendre il compte bien récupérer sa femme.
Ma mère nous a invité chez elle pour un dîner en famille. Elle n'arrête pas d'inventer les cérémonies à la maison rien que pour que je sois là et permettre le rapprochement avec mon père. Je suis touchée par les efforts qu'elle fournit pour nous réconcilier. Nous sommes arrivés chez les parents avec les enfants et mon beau frère. Maman a préparé un plat traditionnel de chez nous. On se régale en discutant. Mon père quitte la table et va rester dehors. Je vais le voir pour tenter une énième approche. Il est assis sur sa chaise fétiche que lui seul utilise.
Sa béquille dans un coin. Je m'avance vers lui, je ne sais pas ce qu'il me réserve cette fois-ci.
_ papa est ce qu'on peut parler.?
Il ne répond pas et ne me regarde pas. Ses yeux sont rivés sur la cour, il observe les oiseaux qui se disputent des graines. Je ne lâche pas prise, soit il accepte soit il me chasse comme d'habitude. Je pense bien que son silence veut dire qu'il ne veut pas me parler.
_ papa s'il te plaît !
Toujours pas de réaction, je décide donc de le laisser. Quand je me tourne pour partir il dit :
_ Viens t'asseoir.
Et moi dans mon cœur j'ai sauté de joie. Enfin il accepte de me parler. Je prends un tabouret qui traîne dans la cour et je vais m'asseoir près de lui. C'est toujours avec les yeux fixant les oiseaux qu'il me parle.
_ si tu es possédée tu nous dis on prie pour toi.
_ je ne suis pas possédée papa.
_ j'aurai aimé que ce soit le cas ce qui expliquerait ton comportement. Je ne t'ai pas élevé comme ça ni Éliane. Qu'est ce qui ne va pas avec toi?
_ j'ai eu un moment d'égarement. Je reconnais mon erreur et je te promets que ça ne se reproduira plus.
_ c'est a toi de tenir cette promesse pas à moi. Vous pensez que quand vous faites des bêtises c'est nous les parents qui souffrons ? On souffre oui mais c'est vous que vous détruisez. Moi je n'ai plus rien à perdre j'ai déjà fait ma vie. Le reste vous engage chacun sait ce qu'il veut faire. Si tu as choisi cette voie continue seulement. C'est toi qui paiera le prix et non moi.
_ j'ai compris papa.
_ tu as toujours voulu arriver sans être partie. Pressée plus que toi n'existe pas. Tu es obligée de te marier ? Tu crois que toutes les femmes mariées sont heureuses ? Pendant que tu les envies elles aussi t'envie. Le mariage est important oui mais ce n'est pas nécessaire, ce n'est pas une priorité, ce n'est pas une fin en soi. On peut bien vivre sans être marié.
Pourquoi tu t'es mise cette pression ? C'était pour m'impressionner ? Je ne pense pas t'avoir dit un jour que si vous ne vous mariez pas à un certain âge vous ne serez plus mes filles ou vous ne serez pas responsable. Je préfère vous voir mille fois heureuses seules que d'être malheureuses en couple. Ta sœur a eu la chance d'épouser un homme comme Claude. Elle n'a pas utilisé des produits pour l'avoir non, elle est restée à sa place et a attendu, ce qui t'a dépassé. Attends ton tour Sonia, la patience est si difficile pour toi ? Tu as 33 ans et puis quoi.. l'âge c'est un chiffre.
Combien de femmes se marient aujourd'hui à plus de 40 ans et donnent naissance à leur premier enfant ? Même à 50 ans on se marie. L'âge c'est un chiffre ça ne détermine pas la fin de ta vie. Plus tu agis mal, plus tu repousses de loin les chances d'avoir un homme bon. Dieu est fâché contre toi, prie beaucoup pour qu'il te pardonne et te donne l'homme qu'il te faut et s'il ne le fait pas tu restes tranquille et tu attends. Tu m'as compris ?
_ oui papa j'ai compris.
_ à présent que tu n'as plus de travail que comptes-tu faire?
_ je ne me sens plus bien ici papa. J'ai envie d'aller où personne ne me connaît.
_ tu va fuir les gens jusqu'à quand ? Affronte les.
_ je ne peux pas.. je ne me sens plus à l'aise. Je me disais que je devais aller au village rester un peu avec grand -mère.
_ hummm bah si tu veux. Tu en a parlé à ta mère ?
_ pas encore.
_ d'accord c'est ton choix. Si ça peut te faire mûrir ça me va.
J'ai pris la décision d'aller au village chez la mère de ma mère. Au moins Là-bas personne ne me connais et ça me permettra d'apprendre les travaux champêtres. Je pense que j'ai pris une bonne décision. Le village me fera du bien.