Nourane Foster et le policier de Bafoussam

By Ecclésiaste DEUDJUI
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Nourane Foster en pleine ltercation avec le policier de Bafoussam. Source: lebledparle.com /CC-BY
Nourane Foster en pleine ltercation avec le policier de Bafoussam. Source: lebledparle.com /CC-BY

 

Il y a eu une altercation ce mardi qui a fait le tour de la toile, entre Nourane Foster et un policier de la ville de Bafoussam. Les images qui ont circulé ont fait constater une vive dispute verbale entre les deux protagonistes, laquelle s’est terminée par une bousculade du policier envers la représentante de la population camerounaise...

En effet, Mme Nourane Foster est députée. De la République. Pour le compte du PCRN (le parti dirigé par Cabral Libii). Elle se rendait à Bafoussam pour je ne sais quelle raison, lorsque son véhicule a été confronté à un check-point. Il paraît que le gouverneur de la région de l’Ouest assistait à une séance de prière collective à l’occasion de la fête du mouton, et qu’il a donc fait bloquer certaines artères puisque ladite prière se tenait sur la voie publique. L’explication est simple, la mosquée principale de Bafoussam ne pouvait pas accueillir tout ce beau monde. D’ailleurs c’est toujours ainsi que les choses se passent dans cette ville durant les grandes manifestations musulmanes.

Sauf que, députée 2.0 de son état, l’honorable aurait insisté pour passer par la route bloquée, et donc aurait refusé les voies de contournement que lui auraient suggérées les officiers présents sur place. S’en est donc suivi la rixe verbale dont je vous ai parlé, des éclats de voix et des « Tu veux que j’appelle mon mari ? », pour finalement se terminer par une bousculade du policier envers la représentante de la population camerounaise...

Selon moi, les torts sont partagés. La députée d’abord : quel que soit son statut ou encore l’immunité dont elle jouit et qu’elle a clamée haut et fort, un personnage républicain se doit avant tout de respecter les citoyens dont il est censé être le porte-parole. Nourane Foster aurait donc dû, selon moi, maîtriser ses humeurs. Elle aurait simplement dialogué avec ces policiers pour leur indiquer qu’elle était vraiment pressée, et elle leur aurait simplement demandé une petite faveur. Car nul n’est au-dessus de la loi. Le statut de député ne vous autorise pas à forcer des barrages, et encore moins à admonester des représentants de l’autorité publique. Elle n’avait donc pas à se chamailler avec ces policiers, à sortir de son véhicule, à s’invectiver avec un Corps qu’elle félicitait il y a seulement quelques mois sur Facebook, et enfin à se proclamer en public comme une sorte de deus ex machina, en rappelant à l’assistance qu’elle avait affaire à un député de la nation... Tsuip !

De son côté, le policier auteur de la bousculade a eu tort ! Déjà par élégance, parce qu’il s’agit là d’une dame, et que quelle que soit la provocation faite par une femme, un gentleman ne doit jamais lever la main sur une personne de nationalité féminine. Ensuite, le policier n’a pas à hausser le ton pour faire respecter son autorité. Il devrait simplement user de pédagogie et de diplomatie, pour expliquer aux contrevenants quelles sont les raisons de leur interpellation ou de leur contravention. Un policier est d’abord dans la société pour la rassurer et la sécuriser, et non pas pour la brimer, la tancer et la bousculer sur la voie publique...

En définitive, il y a eu un peu de zèle de la part des deux camps. Un policier qui a fait respecter les instructions gouvernorales avec véhémence, et une représentante du peuple qui s’est crue tout permis. Un juste milieu et une discussion sereine aurait tranquillement permis de calmer cette affaire. Mais au lieu de ça nous avons plutôt assisté à un nouveau buzz comme nous en avons malheureusement l’habitude ici au Cameroun...

 

Ecclésiaste Deudjui

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