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La sextape du sous-préfet de Garoua-Boulaï

Oct 26, 2023 - 4 Minutes
Le sous-préfet de Garoua-Boulaï, Jean Patrick Abena, est impliqué dans une affaire de sextape. Source: actucameroun.com /CC-BY
Le sous-préfet de Garoua-Boulaï, Jean Patrick Abena, est impliqué dans une affaire de sextape. Source: actucameroun.com /CC-BY

 

Depuis ce mardi 24 octobre, la toile camerounaise est en flamme. Et pour cause, la sextape du sous-préfet de la localité de Garoua-Boulaï (c’est à l’Est du Cameroun) s’est retrouvée sur les réseaux sociaux. On y voit l’autorité territoriale dans son bureau, en train de s’adonner à des pratiques masturbatoires peu orthodoxes, à l’issue desquelles elle va finir par éjaculer sur sa main droite qui signe pourtant certains documents très importants.

Le sous-préfet en question s’appelle Jean Patrick Abena. Le sieur a déposé une plainte dans la même journée à l’ANTIC (agence nationale des technologies de l’information et de la communication), pour diffamation. L’administrateur civil prétend être victime d’un chantage, et il a d’ailleurs fourni les deux numéros qui seraient à l’origine de cette manipulation. Il est même allé plus loin, en déclarant qu’il ne s’agissait pas de lui dans cette vidéo, mais plutôt d’un montage facial.
Si c’est cela sa ligne de défense...

Pour être concret, le cas de ce sous-préfet n’est pas une exclusivité. Déjà parce que les sextapes pullulent sur nos écrans de téléphones et d’ordinateurs, d’ailleurs c’est même devenu une voie d’accès à la célébrité pour certaines influenceuses. De plus, avec la libéralisation des mœurs, de plus en plus de couples s’adonnent à des relations sexuelles par écrans interposés. Sans oublier qu’il y a des amants qui vivent sur des continents différents, et qui sont parfois « obligés » de recourir à de telles pratiques pour éviter de succomber à la tentation de l’infidélité.

Pour revenir à notre sous-préfet, plusieurs choses. Déjà, lorsqu’on farfouille ses comptes sociaux, on constate qu’il avait déjà commis une publication sur sa page Facebook, depuis le mois de juillet dernier. Il prévenait alors son entourage et ses proches, de ce qu’il aurait été victime d’un cyber piratage. Jean Patrick Abena nous avertissait qu’il était menacé par un groupe de maîtres-chanteurs, qui lui réclamaient de l’argent afin de ne pas diffuser des vidéos lui assez compromettantes. On lui aurait demandé la rondelette somme de 500 000 francs CFA...

 

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Le 14 juillet 2023, Jean Patrick Abena prévenait déjà qu
Le 14 juillet 2023, Jean Patrick Abena prévenait déjà qu'il était victime d'un cyber-chantage. Capture: Facebook /CC-BY

 

Ce qu’il faut dire d’emblée, c’est qu’il ne s’agit nullement d’un montage facial. Car si le sous-préfet ne se reconnaissait pas dans ces images, il n’aurait pas été saisi par la panique. Sa femme verrait bien que la nudité affichée n’est pas la sienne, et d’ailleurs le montage aurait été considéré comme grossier puisque non authentifié.
Sauf que, et cela peu arriver à tout le monde, l’autorité publique a été piégée. Elle a été manipulée par des cybercriminels qui se sont fait passer pour une charmante demoiselle, et qui ont poussé le sous-préfet à ce genre d’exhibition. Au lieu d’un appel vidéo érotique, les escrocs ont plutôt proposé une vidéo de masturbation féminine à notre chef de terre, et enregistré sa propre vidéo de l’autre côté. C’est ainsi que, comprenant le piège, il a très vite compris qu’il avait affaire à des brouteurs qui sont réfugiés au Bénin, en Côte d’ivoire, ou tout près de nous ici au Sud-Ouest ou à Foumban.

Car l’activité de scammers a désormais le vent en poupe, et des centaines de jeunes s’enrichissent illicitement grâce au trafic de cartes bancaires en ligne, au chantage, à la piraterie informatique, au phishing, à l’escroquerie, etc. Un secteur de banditisme qui n’est pas réellement réprimé ici, ni imposé fiscalement, ni tracé, bref, du grand n’importe quoi !

Pour résumer, le sous-préfet de Garoua-Boulaï, Jean Patrick Abena, a été pris au piège comme un enfant de quatorze ans. Car ce qu’il faut dire, c’est que tout ce qui est beau sur internet n’est pas forcément la réalité. Les promesses de multiplication d’argent, ainsi que les femmes affriolantes qui vous trouvent hyper séduisant lorsque vous discutez sur Messenger, ou sur WhatsApp, il faut les prendre avec beaucoup de pincettes.
Et quand on voit une personnalité administrative de ce rang, livrer son corps à des inconnus et venir parler de manipulation faciale pour se défendre, c’est tout simplement par manque de connaissance mais aussi par pure maladresse. Car lorsque vous êtes victime d’un maître-chanteur, il y a deux règles d’or auxquelles vous ne devez jamais désobéir : ne pas payer et surtout ne pas se justifier !

 

Ecclésiaste Deudjui
(+237) 696.469.637
Article publié sur wutsi.com/@/clesh7

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