L’UEFA va tuer le football !

By Ecclésiaste DEUDJUI
3 Minutes
Avec les nouvelles règles, le PSG de Neymar ne serait pas passé contre le Bayern de Kimmich. Crédit: uefa.com /Image reproduite sous autorisation
Avec les nouvelles règles, le PSG de Neymar ne serait pas passé contre le Bayern de Kimmich. Crédit: uefa.com /Image reproduite sous autorisation

 

J’aurai l’air un peu vieux réac’ parce que je ne veux pas voir bouger les choses ! Tout de même, je pense que l’UEFA et son compère la FIFA, sont en train de vouloir nous tuer le football. Du moins, le football tel que nous le connaissions et l’appréciions auparavant...

 

La vidéo

Je suis très opposé à l’arrivée de l’arbitrage vidéo dans le football, parce que je pense que la VAR tue l’essence même du jeu. Je pense que nous avons aimé le football dès notre enfance à cause de –en l’occurrence grâce à– ces moments magiques que nous avons vécus. Le football ne doit surtout pas devenir une science exacte. Cela doit rester un sport humain où les arbitres qui sont des humains pourraient éventuellement se tromper eux aussi. Car avec la vidéo, il n’y aurait pas eu la fameuse légende sur la main de Maradona en 1986, ni sur le but de Geoff Hurst durant la Coupe du monde de 1966. Bien sûr que les erreurs grotesques doivent être détectées et corrigées absolument et rapidement, mais a-t-on besoin de refuser des centaines de jolis buts pour de légers hors-jeux de, quoi, même pas 6 millimètres ?

 

La règle de la main dans la surface

Moi-même je ne la maîtrise plus. L’IFAB, l’international football association board qui est chargée de définir les règles du football, les modifie tout le temps. Auparavant on était assez carrés : une main dans la surface équivalait à un pénalty ! Mais dorénavant c’est confus, c’est touffu, c’est incompréhensible et c’est surtout contre l’esprit du jeu. Parfois les lois disent que si le ballon se dirigeait vers les buts alors il y a pénalty. Parfois elles stipulent que si le ballon touche d’abord une autre partie du corps, alors il n’y a pas pénalty. Parfois on cherche à savoir si les bras sont décollés du corps ou pas. Parfois on se demande si le mouvement était volontaire ou alors si le geste des bras était naturel. Bref, un foutoir ! Et devinez quoi, c’est avec l’arbitrage vidéo qu’on va perdre 180 secondes du match pour re-visionner cent fois les images avant de se faire une grossière interprétation...

  

Le président de l
Le président de l'UEFA Aleksander Ceferin au siège de l'instance, le 5 décembre 2019 à Nyon. Fabrice COFFRINI AFP/Archives

 

Les cinq remplacements dans un match

Une fois de plus, nous avançons vers le football 2.0. Au départ c’était pour s’adapter au contexte pandémique dans lequel nous vivons depuis 2020, mais cette règle des cinq remplacements va définitivement supplanter celle des trois changements. Bien sûr, cela va rendre les matches plus rythmés du début jusqu’à la fin, mais la fatigue des fins de rencontre faisaient aussi partie du charme de notre football. Rappelez-vous ! Il fût un temps où on voyait les joueurs en crampes durant les prolongations, et des footballeurs qui donnaient tout ce qu’ils avaient dans le ventre pour remporter la partie. La victoire revenait alors à l’équipe la plus courageuse, la plus physique et la plus battante. Et puisque les remplacements étaient chiches, chaque entraîneur devait réfléchir tactiquement avant d’effectuer la moindre substitution. Les entraîneurs de l’époque étaient presque comme des joueurs d’échecs.

 

Le but à l’extérieur

Vous n’allez pas me croire, mais l’UEFA envisage sérieusement de supprimer la règle du but à l’extérieur. Une véritable hérésie. Pourtant cela fait plus de soixante ans qu’elle a été introduite dans les compétitions européennes, afin de favoriser le jeu offensif des équipes qui se rendaient à l’extérieur. Et voilà qu’on veut la supprimer. Dites-moi donc quel sera l’intérêt pour une équipe d’encaisser cinq buts à domicile de se défendre, ou alors si on aura encore des matchs au couteau où une équipe pousse et pousse encore, parce que le score est à égalité mais qu’elle est défavorisée sur l’ensemble des buts marqués à l’extérieur. Hein ? Dites-moi si sans cette extraordinaire règle qu’on va bientôt supprimer, il y aurait eu des scénarios épiques comme celui que nous avons vécu en 2017 durant la Remontada ?

Quoi qu’il en soit, le football est en train de perdre de sa saveur. Mais en attendant, rendez-vous ce soir à Porto pour la superbe finale de LDC qui opposera le Manchester city de Pep Guardiola, au vaillant Chelsea de l’intrépide Thomas Tuchel.

 

Ecclésiaste Deudjui

(+237) 696.469.637

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