SIARC 2026 : le Musée national ouvre ses portes à l'innovation artisanale traditionnelle et moderne
Jeudi matin, au Musée national de Yaoundé, le silence des galeries a laissé place aux micros, aux caméras et aux artisans venus écouter le lancement officiel de la campagne de communication du Salon International de l'Artisanat du Cameroun (SIARC 2026). Plus qu'un point de presse, cette rencontre donnait déjà un avant-goût de ce qui attend les visiteurs du 27 juillet au 5 août.
Par Sidoine FEUGUI à Yaoundé.
Chaque fois que j'entre au Musée National, j'ai le sentiment de traverser plusieurs siècles d'histoire camerounaise en quelques pas. Cette fois, pourtant, les regards ne se tournaient pas uniquement vers les objets du passé. Ils étaient déjà tournés vers l'avenir.
À quelques jours de l'ouverture du 9ᵉ Salon International de l'Artisanat du Cameroun, journalistes, partenaires et organisateurs se sont retrouvés dans ce même écrin patrimonial pour dévoiler les ambitions d'une édition placée sous le thème : « Entre tradition et modernité : comment stimuler l'innovation artisanale ? ».
Faire de l'artisanat un moteur de développement
Face à la presse, le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Économie sociale et de l'Artisanat, Achille Bassilekin III, n'a pas seulement présenté un programme. Il a rappelé la place que le gouvernement entend donner à l'artisanat dans la transformation économique du Cameroun.
Selon lui, cette neuvième édition doit contribuer à faire de l'artisanat « un puissant levier de création de richesses, d'emplois et de valorisation du Made in Cameroon ». Il a également lancé un appel aux médias, aux artisans, aux partenaires, aux opérateurs économiques et au grand public afin que chacun participe au rayonnement du salon et du savoir-faire camerounais.
En l'écoutant, je repensais aux nombreux artisans rencontrés au fil de mes voyages. Derrière chaque sculpture, chaque pagne tissé, chaque bijou façonné à la main ou chaque objet en cuir se cache bien plus qu'un produit. Il y a une histoire familiale, des gestes transmis de génération en génération et parfois toute une communauté qui vit de ce savoir-faire.
SIARC 2026 : Entre patrimoine et innovation
Ce qui me plaît dans le thème retenu cette année, c'est qu'il refuse d'opposer le passé au futur.
Pendant longtemps, l'artisanat a été perçu comme un secteur exclusivement traditionnel. Aujourd'hui, il dialogue avec le numérique, les nouveaux matériaux, le design et les exigences des marchés internationaux. Le SIARC 2026 veut justement montrer que préserver les traditions n'empêche pas d'innover. Bien au contraire.
Durant dix jours, le Musée national accueillera des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation, des démonstrations de savoir-faire ainsi que des espaces consacrés aux innovations technologiques appliquées à l'artisanat. L'objectif est aussi de favoriser les échanges entre artisans, investisseurs et institutions autour d'un secteur qui emploie déjà des centaines de milliers de Camerounais.
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Un 9ᵉ Salon International de l'Artisanat du Cameroun que je vous invite à vivre autrement
Chaque édition du SIARC attire des milliers de visiteurs. Pourtant, je crois que la plus belle façon de découvrir ce rendez-vous n'est pas de parcourir les stands à toute vitesse.
J'ai envie de prendre le temps d'écouter les artisans raconter leur métier, de comprendre pourquoi certains continuent de travailler le bois, le bronze ou l'argile comme leurs ancêtres, tandis que d'autres réinventent ces mêmes techniques grâce aux outils numériques. J'ai envie d'observer ces mains qui façonnent la matière avec une précision que les machines peinent encore à reproduire.
Car derrière chaque objet exposé, il y a souvent un visage, une famille, un territoire... et une histoire qui mérite d'être racontée.
En quittant le Musée national, une certitude s'est imposée à moi. Le SIARC n'est pas seulement un salon où l'on vient acheter des objets artisanaux. C'est un lieu où le Cameroun raconte son identité à travers celles et ceux qui la fabriquent chaque jour de leurs mains.
Du 27 juillet au 5 août, je compte bien y retourner. Cette fois, non pas pour assister à un point de presse, mais pour partir à la rencontre de ces femmes et de ces hommes qui prouvent que le voyage commence parfois... dans l'atelier d'un artisan.