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KREARTIV Afrique Centrale 2026 : les Industries culturelles ont aussi besoin du tourisme pour révéler leur potentiel

2 hours ago - 3 Minutes

Lorsque l'on parle des Industries culturelles et créatives (ICC), on pense spontanément à la musique, au cinéma, à la mode, à l'artisanat, au design ou encore au spectacle vivant. Pourtant, un autre secteur me paraît indispensable à leur développement : le tourisme.

Par Sidoine FEUGUI 

En découvrant la thématique du Salon KREARTIV Afrique Centrale 2026, prévu du 16 au 20 décembre à Douala, une idée m'est revenue avec insistance. Nous ne pourrons pas bâtir une économie créative forte si nous ne donnons pas aussi envie aux Africains et au reste du monde de venir vivre nos cultures sur place.

Le thème retenu est particulièrement évocateur : « De l'Informel à l'Économie Formelle : Structuration et Promotion des Chaînes de Valeur des Industries Culturelles et Créatives en Afrique Centrale. »

Cette ambition répond à une réalité que le communiqué décrit parfaitement : « l'écosystème des Industries Culturelles et Créatives demeure largement informel, fragmenté et insuffisamment structuré. »

Le tourisme, un maillon essentiel des ICC

À mes yeux, le tourisme est l'une des chaînes de valeur les plus sous-estimées des ICC.

Un festival attire des visiteurs. Un musée fait découvrir une histoire. Un village artisanal fait vivre des familles. Une gastronomie locale pousse les touristes à prolonger leur séjour. Une randonnée, un spectacle ou une exposition créent de nouvelles retombées économiques.

Toutes ces expériences génèrent des revenus bien au-delà des seuls artistes.

D'après le communiqué de l'ACTICCC, organisateur de l'événement, l'Afrique centrale compte près de 230 millions de consommateurs, mais les acteurs culturels continuent de travailler de manière dispersée. Il souligne également que « les chaînes de valeur sont peu organisées » et que les mécanismes de professionnalisation restent insuffisants.

Je pense justement que le tourisme peut servir de trait d'union entre tous ces métiers.

Imaginez un visiteur venant assister à un concert à Douala. Il pourrait en profiter pour découvrir des créateurs de mode, visiter des galeries d'art, acheter de l'artisanat local, goûter la gastronomie camerounaise ou participer à des circuits écotouristiques. C'est toute une économie qui se mettrait en mouvement.

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C'est pourquoi je trouve particulièrement intéressante la nouvelle formule annoncée pour KREARTIV Afrique Centrale.

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Bien plus qu'un salon professionnel

Le communiqué officiel précise que le salon adoptera un format inédit « 2 en 1 ». En journée, il proposera « un espace où les idées se rencontrent, les projets prennent forme, les opportunités se créent et les partenariats se construisent ». En soirée, il offrira « une expérience immersive inédite » destinée à révéler toute la richesse de l'économie créative.

Cette approche me semble pertinente. Les ICC ne se résument pas à des conférences ou à des expositions. Elles doivent aussi se vivre, se découvrir et se partager.

Le communiqué va d'ailleurs plus loin en présentant KREARTIV comme « une plateforme de référence où se rencontrent création, entrepreneuriat, innovation, investissement et valorisation du Made in Africa ».

Cette vision est porteuse d'espoir.

L'Afrique possède une jeunesse créative exceptionnelle. Le communiqué rappelle d'ailleurs que près de 70 % de la population africaine a moins de 30 ans, tandis que les Industries culturelles et créatives représentent déjà près de 3 % du PIB mondial et environ 50 millions d'emplois.

Nous avons donc les talents. Nous avons les idées. Nous avons les histoires.

Il nous reste désormais à mieux les structurer, à mieux les vendre et surtout à mieux les faire découvrir.

À mes yeux, l'avenir des ICC passera autant par les créateurs que par les touristes qui viendront vivre leurs œuvres. Car lorsqu'un visiteur repart avec un tableau, un livre, un vêtement, un souvenir ou une émotion, il devient lui aussi un ambassadeur de notre créativité.

Et c'est peut-être ainsi que le Made in Africa prendra toute sa dimension.