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Déchets en Afrique : pourquoi le symposium international d'Ebolowa me donne de l'espoir

1 hours ago - 4 Minutes

Du 7 au 10 juillet 2026, Ebolowa accueillera la première édition du Symposium international sur la gestion des déchets en Afrique. Un événement qui m'interpelle particulièrement parce que je suis convaincu qu'il est temps d'adopter, au Cameroun et plus largement en Afrique, une véritable culture du tri des déchets, comme cela se fait déjà dans plusieurs pays européens.

Il suffit de parcourir les rues de Yaoundé, Douala ou de nombreuses villes africaines pour mesurer l'ampleur du problème. Dépotoirs sauvages, caniveaux obstrués, montagnes de plastiques abandonnées aux abords des marchés, sachets emportés par le vent... Le spectacle est devenu presque banal. Trop banal.

Pourtant, nous savons tous que cette situation n'est pas normale.

Selon les estimations citées dans le dossier de presse du symposium, l'Afrique subsaharienne a produit 174 millions de tonnes de déchets en 2016. Ce chiffre pourrait atteindre 516 millions de tonnes d'ici 2050 si rien ne change.

Face à cette réalité, la tenue de la première édition du Symposium international sur la gestion des déchets en Afrique, du 7 au 10 juillet à Ebolowa, apparaît comme une initiative particulièrement importante.

Trier les déchets : une révolution culturelle nécessaire

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Trier, c'est déjà recycler. Crédit : Symposium international sur la gestion des déchets en Afrique

Ce qui m'intéresse le plus dans ce symposium, c'est qu'il ne se limite pas à dénoncer l'insalubrité. Il propose une réflexion profonde sur le changement des comportements.

La présidente du comité d'organisation, la Pr Colette Djadeu, spécialiste du marketing social et enseignante à l'ESSTIC, estime que l'une des solutions majeures réside dans le tri des déchets à la source.

« Un élément qui n'a pas été abordé pendant les états généraux, c'était d'inciter les familles à faire le tri des déchets pour faciliter leur valorisation », explique-t-elle.

Pr Colette Djadeu, présidente du comité d'organisation du Symposium international sur la gestion des déchets en Afrique

Je partage entièrement cette vision.

En Europe, il est courant de disposer de plusieurs poubelles à domicile : une pour les déchets organiques, une autre pour le plastique, une pour le verre ou encore pour le papier. Les citoyens savent où déposer leurs déchets et les collectivités organisent ensuite leur collecte.

Pourquoi cela ne deviendrait-il pas une habitude chez nous ?

Bien sûr, les réalités africaines sont différentes. Mais le principe reste le même : si nous voulons recycler, il faut d'abord trier.

Comme le rappelle la Pr Colette Djadeu, « trier c'est une chose, mais après il faut savoir où mettre le déchet trié ». D'où la nécessité de créer une véritable coordination entre les différents acteurs de la filière afin que chaque ménage sache précisément où déposer ses déchets.

Pr Colette Djadeu, présidente du comité d
Pr Colette Djadeu, présidente du comité d'organisation du Symposium international sur la gestion des déchets en Afrique.

Je rêve du jour où les familles camerounaises disposeront, elles aussi, d'au moins deux bacs distincts à domicile. C'est d'ailleurs ce que j'applique dans mon ménage. Les déchets organiques sont regroupés dans un bac qui prendra la destination de champ pour le compostage. Le second bac quant à lui constitué des autres déchets, non-biodegradables, est confié à une entreprise de collecte. 

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Ce changement pourrait sembler anodin. Pourtant, il constituerait une véritable révolution culturelle.

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Transformer les déchets en opportunités

L'autre aspect qui me paraît essentiel dans ce symposium est l'accent mis sur l'entrepreneuriat social.

Pendant longtemps, nous avons considéré les déchets comme un problème. Et si nous commencions à les voir comme une ressource ?

Les déchets organiques peuvent servir à produire du gaz domestique. Crédit : Symposium international sur la gestion des déchets en Afrique
Les déchets organiques peuvent servir à produire du gaz domestique. Crédit : Symposium international sur la gestion des déchets en Afrique

Aujourd'hui déjà, plusieurs jeunes entrepreneurs camerounais transforment les plastiques en pavés, en meubles, en matériaux de construction ou en objets décoratifs. D'autres développent des solutions innovantes dans le compostage ou la valorisation des déchets agricoles.

Malheureusement, comme le souligne la Pr Colette Djadeu, « les initiatives sont éparses et pas coordonnées ».

Le symposium ambitionne justement de réunir chercheurs, entrepreneurs, collectivités territoriales, ONG, entreprises et décideurs politiques afin de construire des solutions communes adaptées aux réalités africaines. Plus de 300 participants sont attendus à Ebolowa.

Au-delà des échanges scientifiques, l'événement porte une ambition sociétale forte : changer les comportements, améliorer la qualité de vie des populations, stimuler les emplois verts et renforcer l'économie circulaire.

La question des déchets ne concerne pas uniquement les pouvoirs publics. Elle nous concerne tous.

Chaque sachet jeté dans un caniveau, chaque bouteille abandonnée dans la rue et chaque déchet brûlé à ciel ouvert ont des conséquences sur notre santé, notre environnement et l'avenir de nos villes.

Le symposium d'Ebolowa me donne donc de l'espoir.

Les déchets plastiques sont recyclés en pavé au Kenya. Crédit : Symposium international sur la gestion des déchets en Afrique 
Les déchets plastiques sont recyclés en pavé au Kenya. Crédit : Symposium international sur la gestion des déchets en Afrique 

L'espoir qu'un jour, au Cameroun et en Afrique, trier ses déchets devienne un réflexe citoyen aussi naturel que se laver les mains avant de manger.

Parce qu'une Afrique plus propre n'est pas un rêve. C'est un choix collectif.