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Journée de l’Enfant africain : U-Report m’a rappelé cette nuit où j’ai failli devenir enfant de la rue

3 hours ago - 4 Minutes

Une pièce de théâtre jouée par des enfants du Centre Edimar m’a replongé dans un souvenir que je croyais oublié. Celui d’une nuit passée dehors après avoir fui la maison. Une nuit qui aurait pu changer le cours de ma vie.

Par Sidoine FEUGUI 

Les U-Reporters au Centre Edimar à l
Les U-Reporters au Centre Edimar à l'occasion de la journée de l'enfant africain. Crédit : Françoise Enono

Le mercredi 17 juin 2026, à l'occasion de la Journée de l'Enfant africain, les U-Reporters de Yaoundé ont organisé une activité communautaire au Centre Edimar. Cette structure  accueille et accompagne les enfants et jeunes vivant dans la rue ou en situation de grande vulnérabilité.

Dès l'entrée dans le centre, l'ambiance m'a frappé. Dans la cour, des enfants jouaient au football tandis que d'autres s'affairaient autour des babyfoots installés sous un hangar. Mais ce sont surtout les messages affichés sur les murs qui ont retenu mon attention.

« Je suis responsable de ma vie », « Quel est le sens de ma vie ? », « No food for lazy man » ou encore « Seuls les imbéciles ne changent pas ». Des phrases simples, mais suffisamment fortes pour pousser chacun à réfléchir sur son parcours et ses choix.

Après les préparatifs du repas, nous avons rejoint une salle de classe lumineuse où les enfants avaient préparé une représentation théâtrale.

Une pièce qui m'a ramené à mon enfance

Discussions entre les enfants et les U-Reporters Crédit : Françoise Enono
Discussions entre les enfants et les U-Reporters Crédit : Françoise Enono

L'histoire racontait celle de Nathanaël, un enfant ayant fui son domicile après avoir volé de l'argent à son père. Honteux après avoir été puni, il refusait de rentrer chez lui et survivait désormais dans la rue, exposé au froid et à l'insécurité. Un autre personnage lui conseillait alors de se rendre au Centre Edimar pour obtenir de l'aide.

Pendant que les enfants jouaient la scène, je me suis soudain revu plusieurs années en arrière. J'avais une dizaine d'années lorsque j'ai moi aussi fui la maison de ma grand-mère après avoir été surpris en train de voler de l'argent. Craignant la correction de mon oncle, j'avais préféré prendre la fuite.

La nuit tombée, je m'étais retrouvé seul. Je me souviens encore de ce refuge improvisé près du marché Acacias. Je me souviens surtout de la peur.

Plus tard, des commerçants m'avaient chassé de l'endroit où je m'étais installé. J'avais alors continué à errer dans l'obscurité sans savoir où aller.

Cette nuit-là, un homme m'avait interpellé. Il avait insisté pour me raccompagner chez moi malgré mes réticences.

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J'ai eu la chance de rentrer. D'autres enfants n'ont pas cette chance.

A lire aussi : PROMOTE 2026 : U-Report et l’UNICEF apprennent aux garçons à devenir des hommes autrement 

Derrière chaque enfant de la rue, une histoire différente

Discussions entre les enfants et les U-Reporters Crédit : Françoise Enono
Discussions entre les enfants et les U-Reporters Crédit : Françoise Enono

Cette visite m'a rappelé qu'il n'existe pas un seul profil d'enfant de la rue.

Certains ont fui après un conflit familial. D'autres sont orphelins. Certains ont été victimes de violences ou de mauvais traitements. D'autres encore se sont retrouvés loin de leur famille à la suite d'un concours de circonstances.

Au Centre Edimar, plusieurs histoires m'ont marqué. Celle d'un jeune garçon arrivé à Yaoundé après s'être accroché à un train sans réellement savoir comment retrouver le chemin du retour. Celles de nombreux enfants qui rêvent simplement d'aller à l'école, d'avoir une famille ou d'exercer un métier.

Yannis, 12 ans, « veut devenir footballeur comme Samuel Eto'o ». Nathan, 9 ans, « rêve de devenir médecin ». Maël, 13 ans, « espère retrouver un jour une vie de famille normale ».

À travers les causeries sur l'hygiène, la santé et l'accès à l'eau potable, le quiz éducatif et la remise de cadeaux organisée par U-Report, les enfants ont passé quelques heures loin de leurs difficultés quotidiennes.

Mais au-delà des activités, cette journée m'a rappelé une chose essentielle : derrière chaque enfant de la rue se cache une histoire que nous ne connaissons pas toujours.

Et parfois, il suffit d'une rencontre, d'une main tendue ou d'un centre comme Edimar pour empêcher qu'une erreur d'enfant ne devienne une vie entière d'exclusion.

CHALLENGE 16 JUIN – L’AVENTURE QUI NETTOIE YAOUNDÉ 

À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain, les U-Reporters de Yaoundé ont lancé un challenge citoyen autour de la gestion des déchets, dont les candidatures restent ouvertes jusqu’au 30 juin. Les participants sont invités à collecter des déchets, les trier, les transformer en une création utile ou artistique, puis à présenter leur initiative dans une vidéo de deux minutes. Une manière ludique de sensibiliser à la protection de l’environnement tout en encourageant l’engagement des jeunes pour une ville plus propre.