Précarité menstruelle : quelles sont les bonnes pratiques à adopter ?
À Yaoundé, l’association Cherrel et Plan International Cameroun ont réuni plusieurs acteurs engagés pour débattre de la précarité menstruelle et de ses conséquences sur la scolarisation des jeunes filles. Entre sensibilisation, échanges d’expériences et remise des prix, la rencontre a permis de proposer des solutions pour réduire le phénomène.
Par Marie Laure Nga Owona
Mardi 2 juin 2026, dès 8 heures, les participants ont investi la salle des conférences de Plan International à Bastos. Parmi eux figuraient des collégiennes, des professionnels de la santé ainsi que plusieurs acteurs de la société civile. La distribution de t-shirts blancs et rouges portant le message « Menstruation is a right, not a privilege » a marqué l'ouverture de la rencontre. Chaque participant a choisi la couleur de son t-shirt avant le début des échanges.
La première partie de la matinée a été consacrée à une séance de sensibilisation animée par Dr Jeanette Affoundé, conseillère régionale en santé de la reproduction. Sous le slogan « Briser les tabous, comprendre et prendre soin de soi », elle a présenté les notions essentielles liées au cycle menstruel, expliqué les bonnes pratiques d'hygiène et rappelé l'importance d'une meilleure éducation menstruelle.
Plusieurs types de protections hygiéniques ont été évoqués. Les serviettes réutilisables ont notamment été présentées comme une solution particulièrement adaptée au contexte local en raison de leur coût réduit et de leur impact environnemental limité.
Des jeunes qui portent le plaidoyer
L'événement s'est poursuivi par une table ronde modérée par Anaïs KOAGNE, en classe de 4ème, présenté comme une élève brillante au lycée de Biyem Assi. Quatre panélistes ont participé aux échanges : Fabrice Makem, expert en éducation aux médias et à l'information ; Yone Sandrine, présidente d'une organisation de personnes vivant avec un handicap et experte en psychologie sociale ; d'un jeune issu de la société civile, Président de l'association Dream Up Patrick Ngafis et d'un jeune défenseur des VBG et de la santé mentale.
Les discussions ont permis de mettre en valeur les propositions des jeunes pour faire face à la précarité menstruelle. Parmi les recommandations formulées figurent l'introduction de bracelets menstruels dans les établissements scolaires et l'adaptation des supports d'information aux personnes en situation de handicap visuel. Les intervenants ont également insisté sur le rôle déterminant des parents, notamment des hommes, qui sont encouragés à aborder ces questions avec leurs filles comme avec leurs fils.
Les enseignants, particulièrement dans le primaire, ont été appelés à sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge afin de favoriser une meilleure compréhension des menstruations et de réduire les comportements stigmatisants.
Remise de prix au lauréats du Cherrel Contest
La rencontre s'est achevée par une cérémonie de remise des prix récompensant les meilleures productions du Cherrel Contest . Sur les 14 contributions reçues, trois ont été distinguées. Le premier prix dans la catégorie dessin a été attribué à Jacques Ango'o, élève de 3e âgé de 15 ans. Le prix du slam est revenu à Michel Evouna, qui a devancé son poursuivant de neuf points. Une autre distinction dans cette même catégorie a également été décernée. Enfin, le prix de la meilleure production médiatique a été remporté par Steve Ebogo.
Michel Evouna est satisfaisait de sa participation. « J’ai beaucoup appris lors de cette conférence. Je veux porter un message aux garçons : cessez de stigmatiser les filles et formez-vous davantage pour mieux les soutenir. La communication est essentielle pour préparer la jeune fille à vie menstruelle. Il revient aussi aux gouvernements d’apporter le soutien nécessaire pour lutter contre l’absentéisme scolaire. » confie-t-il.
À travers cette initiative, Cherrel et Plan International Cameroun ont remis au cœur du débat la question de la précarité menstruelle à Yaoundé, tout en mettant en avant des pistes concrètes pour améliorer l'accès aux protections hygiéniques et à l'éducation menstruelle des jeunes.