Cameroun : viols et enlèvements mineurs, que faire face à la récurrence des cas ? -
Depuis un moment, il ne se passe pas une journée sans qu'on ne découvre un avis de recherche sur un enfant disparu ou alors qu'on ne tombe pas sur une publication qui dénonce un cas de viol sur ces êtres pourtant innocents.
Aujourd'hui, dans notre pays, un sentiment d’inquiétude grandit dans de nombreuses familles face aux cas signalés d’enlèvements d’enfants et aux violences qui touchent les plus vulnérables.Nous nous ventons chaque jour de vivre dans « un contineng » où il faut d'abord lutter contre les difficultés économiques, l’urbanisation rapide, la désorganisation familiale et maintenant, il faut réfléchir comment barrer la route à ces formes de criminalité qui gagnent du terrain. De nombreux parents vivent désormais avec une peur constante, celle de voir leur enfant disparaître ou subir un acte de viol. Dans certains quartiers ici à Douala, la confiance entre voisins s’effrite et avec raison, car il suffit d'une minute d’inattention pour voir se produire le pire.
Les journées d'un enfant Camerounais aujourd'hui surtout en cette période de vacances sont très loin de ce que mon meilleur ami Herman Ngameni et moi avions vécu.À l'époque, un enfant pouvait se balader en longueur de journée sans que son parent ne soit obligé de signaler une disparition. Parfois, quand un étranger arrivait à votre domicile et demandait après vous, votre mère répondait d'un ton amusant : « Celui-là, c'est le chef du quartier. »De nos jours, les déplacements des enfants deviennent plus surveillés, et les réseaux sociaux amplifient parfois ce climat d’angoisse collective à travers des alertes. Cette situation interpelle profondément sur la sécurité publique, la protection de l’enfance et la responsabilité collective, mais avant, il faudrait comprendre les causes de la montée en puissance de tels actes.
Pour dire vrai hein, les causes de cette montée de l’insécurité autour de nos enfants sont multiples mais aussi complexes. Dans une shortlist on retrouve la pauvreté, le manque d'opportunités pour des jeunes, qui se retrouvent dans des réseaux criminels. Nous manquons aussi de mécanismes de surveillance efficaces sans compter l'insuffisance de coordination entre signalements, enquêtes rapides et communication publique, ce qui peut alimenter parfois un sentiment d’impunité lorsque certaines affaires ne sont pas rapidement élucidées. Vous voyez ce que je veux dire, non ?
Bref, nous sommes obligés de faire face à cette réalité et notre gouvernement gagnerait à renforcer les politiques de protection de l’enfance par des actions concrètes et visibles avec par exemple l'amélioration de la présence sécuritaire autour des écoles et marchés, création de mécanismes d’alerte rapide en cas de disparition, le renforcement des enquêtes spécialisées et surtout, mais surtout des sanctions fermes contre les auteurs de ces crimes.
Christian Deutou : « Ça doit cesser ! »
Article publié sur www.wutsi.com/@/leswandaseries