Mon oncle avait raison.
J'ai un oncle que la majorité de mon lectorat connaît certainement, car c'est lui qui m'a initié aux métiers de la communication et c'est aussi qui m'a inculqué plusieurs notions de vie dans l'univers de la cité. Ecclésiaste Deudjui puisqu'il s'agit de lui me disait souvent : « Deutou les femmes hein...»
Mon oncle Ecclésiaste est donc un célibataire pas endurci, mais pleinement épanoui et quand je lui demandais à mon arrivée à Douala la raison pour laquelle il n'était pas marié, il n'hésitait pas à me mettre en garde contre les Camerounaises.Il me racontait ses multiples mésaventures et un jour, il a terminé avec un conseil : « Quand tu vas vouloir te mettre en couple, il faut toujours tenir compte du Body count, éviter les mères célibataires et toutes ces Camerounaises qui revendiquent une pudeur de gazelle aux yeux de leurs entourages. »Warr !! Sacré Ecclésiaste ! À l'époque je le considérais comme un fidèle adhérant du club des misogynes jusqu'au jour où j'ai trouvé de sens à ses paroles.
Mon oncle avait donc raison, car il y a quelques mois, j'ai rencontré une Camerounaise dont je souhaite oublier le nom qui regroupait à elle seule tous les caractères qu'il m'avait proscrits. Elle avait un body count kilométrique. Mais j'ai toujours trouvé une excuse pour m'engager réellement de plus que moi-même, je n'étais pas facile. Elle était mère célibataire. C'était un seul enfant, j'ai cautionné, car nous savons que dès vingt ans chaque Camerounaise surtout ici à Douala a déjà connu soit un avortement, soit un accouchement réussi et le vrai combat réside désormais dans le fait de trouver une compatriote qui se limite à une seule procréation. Elle avait une pudeur de gazelle. Elle revendiquait fortement et à tout moment une pudeur fausse. Quand tu l'écoutais parler on aurait dit la descendante directe de la vierge marie, alors que hein...
Mon oncle, mon patron, ma famille et certains de mes amis comme mon meilleur ami Herman Ngameni, avaient donc raison, car tous m'ont alerté sur cette relation qui dans le passé a failli me perdre, mais tout naïf, j'ai manqué de lucidité pour comprendre que le vrai amour lui, il voit. Il n'est pas aveugle. Et si cet échec fait désormais partie d'un souvenir bientôt lointain j'ai pris la décision de ne plus jamais remettre en question la parole d'un aîné car ce qu'un vieux voit étant couché un jeune même au-dessus du mont Everest ne verra pas.
Christian Deutou : « Mon oncle avait raison. » Article publié sur www.wutsi.com/@/leswandaseries