Chapitre 3: la distance qui fait peur
La vraie peur n'est pas la distance mais ce qu'elle crée
Les jours heureux ont parfois un silence étrange avant de changer.Amina le sentit avant même de comprendre pourquoi.Elias était là.Il souriait.Il parlait.Mais quelque chose en lui semblait… ailleurs.
— “Tu es fatigué ?” demanda-t-elle un soir, alors qu’ils marchaient côte à côte.
— “Un peu”, répondit-il, trop vite.Elle ne posa pas plus de questions.Elle avait appris à ne pas forcer les portes fermées.Mais cette nuit-là, elle dormit mal.Le lendemain, il ne vint pas.Pas de message le matin.Pas d’appel à midi.Amina regarda son téléphone plus de fois qu’elle ne voulait l’admettre.Ne deviens pas dépendante, se répéta-t-elle.Tu étais très bien seule avant.Mais son cœur n’écoutait pas.Ce n’est que le soir qu’un message arriva :“Désolé. Journée compliquée. On se voit demain.”Court. Froid. Différent.Elle resta longtemps à fixer ces mots.Ce n’était pas l’absence qui faisait mal.C’était la distance.Le lendemain, ils se retrouvèrent à leur endroit habituel.La colline. Le vent. Le ciel.Mais l’air entre eux n’était plus le même.
— “Elias… qu’est-ce qui se passe ?”Il regardait la ville, pas elle.
— “On m’a proposé du travail… dans une autre ville.”Son cœur se serra.
— “Loin ?”
— “Oui.”Un simple mot.Mais il tomba comme une pierre.
— “Tu pars quand ?”
— “Je ne sais pas encore. Peut-être dans un mois.”Un mois.Trente jours.Et après ?Elle sentit cette vieille peur revenir, celle qu’elle connaissait trop bien.Ne t’attache pas. Tout finit par partir.
— “C’est une bonne opportunité”, dit-elle, essayant de sourire.Il tourna enfin les yeux vers elle.
— “Tu dis ça comme si ça ne te faisait rien.”Elle avala difficilement.
— “Je n’ai pas le droit de te retenir.”
— “Et si je voulais que tu essaies ?”Son regard trembla.
— “Je ne sais pas comment garder quelqu’un qui doit suivre sa route.”Le vent souffla plus fort, comme s’il voulait disperser leurs mots.Elias s’approcha un peu.
— “Amina… ce que j’ai avec toi, je ne l’ai jamais eu.”Elle sentit ses yeux brûler
.— “Alors pourquoi j’ai l’impression de te perdre ?”Il posa doucement sa main sur la sienne.
— “Parce que parfois, aimer quelqu’un, c’est aussi accepter que la vie soit compliquée.”Pour la première fois, Amina comprit une chose difficile :L’amour ne fait pas toujours mal parce qu’il est faux.Parfois il fait mal parce qu’il est réel…et que le monde autour ne s’arrête pas pour lui.Elle serra sa main un peu plus fort.Comme si elle essayait de retenir le temps lui-même.
Certaines histoires ne sont pas fragiles parce qu’elles sont faibles…mais parce qu’elles comptent trop. 🌅