La vie est chère au Cameroun, et c’est normal !

By Ecclésiaste DEUDJUI
3 Minutes
Les prix des produits connaissent une véritable flambée sur les marchés camerounais. Source: newsducamer.com /CC-BY
Les prix des produits connaissent une véritable flambée sur les marchés camerounais. Source: newsducamer.com /CC-BY

 

Depuis quelques semaines, une rumeur annonce que les prix du carburant seront revus à la hausse, sous très hautes instructions du FMI. La rumeur s’est même transformée en information, puisque selon certaines sources bien introduites, le prix des produits pétroliers devrait passer du simple au double d’ici janvier 2023...

Concrètement, cela signifie que le prix du litre d’essence qui coûte aujourd’hui 630 FCFA, passera à 1 200 FCFA environ. Ce qui entraînera une hausse généralisée des prix sur le marché, allant des coûts de transport aux prix des produits alimentaires de première nécessité.

En attendant cette crise du pouvoir d’achat, il faut déjà savoir que tout —ou presque— a augmenté sur nos étals. Les prix du riz, de la mayonnaise, du poulet, des œufs, du plantain, du citron, du lait concentré sucré, du sucre tout court, ont augmenté. Et même les prix du fer, du ciment, des outils de construction et de quincaillerie qui n’ont de cesse de s’incrémenter de jour en jour.

La « star » de cette inflation, c’est bien évidemment l’huile d’arachide. La marque Mayor pour ne pas la citer. Cette huile végétale essentielle à toutes les préparations, est devenue l’objet d’une surenchère jamais égalée. Son prix qui était de 1 150 FCFA avant décembre, est monté jusqu’à 2 000 FCFA avant de « redescendre » à 1 600 FCFA actuellement dans la plupart des épiceries.
La société qui fabrique cette huile s’était défendue de toute augmentation du prix, mais les grossistes ont finalement eu gain de cause. Eux qui savent si bien créer la pénurie pour justifier la hausse des prix, ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Eux qui savent vendre à l’extérieur ce qui est pourtant requis à l’intérieur, créant ainsi une survalorisation de leurs marchandises. Et enfin, ils ont l’habitude de justifier ces augmentations en argumentant que c’est à cause de la guerre en Ukraine...

La vie est devenue chère au Cameroun, et c’est presque normal ! On a l’impression que le Camerounais lambda ne s’en sortira pas avec ces augmentations de prix, mais curieusement il ne s’en plaint pas. Nous sommes dans un pays où les gens savent vociférer à travers les médias sociaux, mais où ils ne savent pas s’organiser pour revendiquer leurs droits fondamentaux. Les prix augmentent tous les jours, les gens pestent continuellement, mais les prix continuent d’augmenter sans que rien ne les perturbe.

Le FMI vient de donner ses recommandations pour une augmentation du prix de l’essence à la pompe, ce qui était jusque-là protégé par la subvention pétrolière étatique. Le gouvernement camerounais avait fait le choix stratégique, depuis plus de cinq ans, de ne plus taxer les produits pétroliers ; ce qui permettait de maintenir cette tarification non fluctuante. Car dans tous les autres pays du planisphère, le litre de Super coûte déjà sensiblement 2 euros !
Une augmentation du prix du carburant serait la goutte d’eau qui va faire déborder le vase, puisque cela entraînerait une nouvelle augmentation dans tous les autres secteurs : agriculture, santé, bâtiment, transport de marchandises et de personnes, communication ou encore éducation. Les Camerounais continueront de bavarder et de jaser comme ils avaient fait pour la bière et pour la taxe téléphonique, mais la vie continuera de s’écouler comme auparavant.
Car après tout, la vie est devenue tellement chère au Cameroun, mais paradoxalement c’est normal !

 

Ecclésiaste Deudjui

(+237) 696.469.637

Article publié sur wutsi.com/@/clesh7

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