Chers Camerounais, ne mourons plus dans le désert !

By Ecclésiaste DEUDJUI
4 Minutes
Des migrants en route pour l
Des migrants en route pour l'Eldorado dans le désert. Source: africtelegraph.com /Image reprise sous autorisation

 

Vous avez regardé la vidéo de cette jeune Camerounaise agonisant dans le désert, et vous vous êtes certainement demandé pourquoi. Car d’après mes informations, cette jeune dame (elle s’appelait Isabelle Mpouma) possédait une boutique –bien garnie, en plus– ici dans la ville de Douala, et elle s’en sortait plutôt pas mal. Mais voilà qu’elle est allée trouver la mort dans la chaleur du Sahara, très loin de ses deux enfants, et tout ceci parce qu’elle recherchait... l’Eldorado !

Chers Camerounais, ne mourons plus dans le désert ! L’émigration clandestine est une activité extrêmement dangereuse, et elle peut s’avérer mortelle pour la majorité de ses candidats. Il n’est pas intelligent de vouloir quitter votre pays par des voies irrégulières, en prenant des risques inconsidérés qui vous amèneront dans des prisons libyennes ou dans d’autres lieux de torture.
Pourquoi abandonner sa boutique pour partir en aventure ? Pourquoi abandonner sa famille pour se lancer dans les routes du Niger ? Pourquoi marcher à pied sur de très-très longues distances, affronter les polices des frontières, négocier avec des trafiquants d’esclaves et des passeurs pour se faufiler d’un pays à l’autre ? Pourquoi prendre la mer à bord de minuscules embarcations qui vont chavirer dans l’océan, au point où on ne retrouvera même pas votre cadavre pour procéder à son inhumation ?

C’est désolant ! De nombreux jeunes camerounais sont prêts à tout pour quitter leur propre pays, et pourtant nous avons tout sur place pour réussir. Certes notre régime quadragénaire ne nous encourage pas à entreprendre ici au Cameroun, mais nous avons malgré tout, tout pour réussir !
Nous avons les terres, nous avons le talent, nous avons l’intelligence, nous avons le courage. Nous avons la résilience et l’espérance. Nous avons la fertilité de notre imagination, ainsi que l’essor grandissant de l’économie technologique. Nous avons des Camerounais qui sont des champions de l’innovation dans presque tous les secteurs, et nous avons aussi et surtout... la Foi !

Les Camerounais sont des travailleurs. Ils sont des bâtisseurs et ils sont également des investisseurs. Osez ! Ne vous laissez pas décourager par les mauvaises langues ou par les mauvaises décisions administratives. Ne vous laissez pas enfariner par les légendes sur le porte-monnaie magique ou encore sur la sorcellerie. La seule magie qui vaille, c’est le travail !
Les Camerounais sont des débrouillards, il n’y a qu’à voir. Dans nos rues de Yaoundé à Bafoussam, en passant par Douala ou Ngaoundéré, les ruelles sont jonchées de petits commerçants qui se battent à la sauvette, ainsi que nos marchés sont bondés de vendeurs ambulants qui ne demandent qu’une seule chose : trouver leur pain quotidien.

 

La jeune camerounaise décédée dans le désert s
La jeune camerounaise décédée dans le désert s'appelait Isabelle Merci Mpouma. Elle était âgée de 37 ans et mère de deux enfants. Source: panoramapapers.com /CC-BY

 

Ce n’est pas le courage ni la force qui nous manquent, mais c’est le rêve. Arrêtez de rêver sur Facebook. Arrêtez d’idolâtrer nos médiocres influenceuses. Arrêtez de fantasmer sur les mbeinguètaires, car la majorité parmi eux ne vous dit pas la vérité. Car que ce soit en France, en Italie, en Allemagne encore aux États-Unis (sans oublier Dubaï), la vie est mille fois plus difficile que chez nous ici au Cameroun.
Personne au monde ne gagne de l’argent sans travailler. Ce que vous êtes prêts à faire en Occident pour vous en sortir, pourquoi ne pas le pratiquer déjà ici ? Certes les conditions ne sont pas identiques car au Cameroun il y a plutôt « les empêchements » que les « encouragements », mais il y en a qui ont quand même pu tirer leur épingle du jeu : Samuel Eto’o Fils, Sylvestre Ngouchingué, Jean-Pierre Amougou Belinga, Stanley Enow...

Vous pouvez réussir ici au Cameroun ! Avec des conditions difficiles, mais vous pouvez réussir. On peut devenir un journaliste respecté dans notre Cameroun-ci comme Martin Camus Mimb, tout comme on peut posséder une grosse quincaillerie comme la famille Fokou. Ou alors un vaste shopping, une chaîne de restaurants, une magnifique boutique de perruques comme l’entrepreneure Nourane Foster...
On peut aussi devenir un jeune député comme l'honorable Cabral Libii.

L’exil, ce n’est pas la solution. Ce que vous souhaitez gagner en euros, vous pouvez également le glaner en francs CFA. Vous vaudrez mieux en étant un médecin qui contribue à la santé de son pays d’origine, qu’un chirurgien expatrié qui exerce dans des pays occidentaux qui sont pourtant déjà très développés.
Pensez-y ! Ne pensez pas que votre capital financier actuel n’a aucune valeur. Au contraire ! Pourquoi investir tout l’argent que vous possédez dans un voyage sans retour ? Pourquoi quitter un environnement où vous êtes potentiellement un pacha, pour aller recommencer votre vie complètement à zéro ailleurs ? Hein ?
Pensez-y sérieusement.

On a au moins la chance que la nourriture ne coûte pas cher dans notre pays. On a la chance que chaque Camerounais possède une grande famille avec des associations solidaires. On est bienheureux que nous avons moult lieux de plaisance, nous avons de jolies femmes et de très-très mignons hommes, sans oublier la liberté d’expression et la liberté de circuler librement à l’intérieur de notre magnifique pays...

Que voulez-vous au juste ? Avec tout ceci, vous préférez encore aller vous faire enterrer dans le désert ?
Peut-être bien que la faute revient à notre société qui ne valorise pas assez les réussites et les initiatives locales. Peut-être bien. Mais la plus grosse faute revient à tous ces aventuriers qui se jettent dans l’inconnu, à la recherche d’un bonheur hypothétique qui se trouve pourtant parfois, à côté d’eux.
Restons chez nous !

 

Ecclésiaste Deudjui

(+237) 696.469.637

doualatour@yahoo.fr

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