Mais que se passe-t-il avec Richard Bona ?

By Ecclésiaste DEUDJUI
4 Minutes
Richard Bona avec sa célèbre guitare. Source: worldzik.over-blog.com /CC
Richard Bona avec sa célèbre guitare. Source: worldzik.over-blog.com /CC

Depuis quelques semestres déjà, Richard Bona est devenu un acteur incontournable sur les réseaux sociaux camerounais. Non pas pour sa musique, ni pour les droits d’auteur, et encore moins pour les Beaux-Arts. Mais son pseudonyme (il s’appelle en réalité Bona Pinder Yayumayalolo) est dorénavant associé aux faits divers, aux clashs, aux fake news, à la politique, à la parodie, etc.

Il faut dire que tout a commencé au début de l’année 2016, lorsque l’État camerounais avait invité notre Bona national à venir recevoir une médaille de l’ordre du Mérite. Et puisque le bassiste possédait déjà la nationalité américaine –et que notre Constitution ne reconnaît pas la double-nationalité–, on lui a donc demandé de payer un visa d’entrée et lui il s’en est offusqué en disant que « Moi ? Richard Bona ? Payer un visa d’entrée pour retourner dans mon propre pays alors que je suis une icône planétaire ? Jamais ! »

Je caricature.

Toujours est-il que c’était là la rupture. Il s’est ensuite mis à insulter notre Gouvernement, à attaquer l’âge de notre président de la République Paul Biya, et enfin à vilipender tous les commentateurs qui osaient contester officiellement sa position (Marco Mbella en sait quelque chose).

Bref, voilà pour l’épisode 1. Ensuite il y a eu les obsèques de sa maman qui est restée décéder entre-temps, et auxquelles il n’a pas pu venir assister pour les mêmes raisons que je vous ai citées de visa, de paperasse, de double-nationalité, d’artiste interplanétaire et cætera...

Pourtant, Richard Bona est un géant ! On ne compte même plus ses collaborations prestigieuses et encore moins ses nombreux tubes à succès. Je l’ai toujours dit, c’est un esthète. C’est un musicien de l’esprit. C’est un Artiste avec un A majuscule, parce que je me rappelle quand j’écoutais tous ses albums et que je lévitais carrément, car ce type n’est ni plus ni moins qu’un extraordinaire génie humain.

Richard Bona a récemment jeté le canl d
Richard Bona a récemment jeté le canl d'or qui lui avait été attribué en 2009. Source: afrikmag.com /CC

Mais que se passe-t-il donc avec Richard Bona ? Déjà, il se passe qu’il s’est mis aux directs de Facebook. Une fois par semaine, ou alors deux ou trois si quelqu’un l’a sérieusement provoqué. Il se met devant ses smartphones et il commence à raconter des tas d’histoire sur X ou Y, mais surtout pas sur la musique ! Il passe des challenges « antigouvernementaux » dans lesquels les meilleures parodies seront récompensées en euros ou bien en dollars. Il se met en scène en nous racontant ses succès, ses régimes alimentaires, ses abhorrations, ses observations sur l’actualité politique camerounaise qu’il dépeint toujours avec des mots qui sont généralement très venimeux...

Alors Richard Bona s’est donc mis aux clashs : il a insulté Ernest Obama pendant une dizaine de minutes. Il a jeté à la poubelle son Canal d’or. Il a brûlé les CDs de tous les musiciens qui avaient osé critiquer ses réactions. Il s’est mis à dire du mal de toutes les initiatives du régime de monsieur Biya, et il a même sorti une chanson qui s’appelle « Allô Fokou » et dans laquelle il demande à tous les sardinards de penser à se suicider par pendaison...

On est en train de perdre Richard ! Non seulement parce qu’il s’est rasé la tignasse, mais surtout parce que cet artiste a véritablement pris un virage très dangereux. La dernière actualité en date c’est son altercation avec Joseph-Antoine Bell, l’ancien portier des Lions Indomptables qui, lui non plus, n’a pas sa langue dans la bouche. Et alors il se joue entre les deux vedettes une partie de ping-pong d’ordures langagières sévères, avec un Jojo qui a commencé à tirer à balles réelles : « Si un étranger se présente à la frontière en pensant qu’on va le laisser entrer parce qu’il présente une guitare, alors c’est un idiot ! » (Sic). Et l’autre de renchérir en lui administrant sa désormais célébrissime Bonamicine (c’est comme cela qu’on appelle ses répliques qui lui servent d’invectives), notamment en disant que Bell n’est ni plus ni moins qu’un chômeur : « Lui il cherche du travail, et moi j’en donne, du travail ! ».

Et ces galéjades enfantines enflamment la toile camerounaise, puisque mes compatriotes sont insatiablement friands de ragots. Ils excitent même notre bassiste international pour qu’il se révolte à chaque fois, et pour qu’il nous produise ses interventions en direct et ses posts attaquatoires dont lui seul détient le secret.

Nous sommes déjà entrés dans une nouvelle version de la Bonathologie...

 

Ecclésiaste Deudjui

(+237) 696.469.637

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