Le roi Pelé en compagnie de la chanteuse togolaise Bella Bellow

By Arol Ketch Raconte
3 Minutes

Sur ce cliché pris le 7 février 1971 à Pointe-à-Pitre on peut apercevoir le footballeur brésilien Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé en compagnie de la chanteuse togolaise Bella Bellow, une icône de la musique africaine.

Qui est Bella Bellow ?

Bella Bellow fait partie des étoiles filantes de l’Histoire africaine contemporaine. Belle comme une fleur de printemps qui s’ouvre à la rosée du matin, la jolie Bella n’aura vécu que l’instant d’une rosée.

Le 10 décembre 1973, alors qu’elle était au sommet de la gloire, Bella Bellow perdit brutalement la vie dans un accident de circulation. Elle n’avait que 27 ans. Quoique filante, son étoile continue encore d’illuminer le firmament de la musique togolaise et africaine.

Bella Bellow de son vrai nom Georgette Nafiatou Adjoavi Bella est née en 1945 Tsévié au Togo. Dotée d’un immense talent vocal, elle égayait dès sa plus petite jeunesse les festivals scolaires et manifestations culturelles en interprétant quelques airs populaires et traditionnels de sa région ; ce qui lui valut le surnom de « rossignol des bois ».

C’est son passage à l’école des beaux-arts d’Abidjan qui marque véritablement le début de sa carrière. En 1965, Bella Bellow est invitée par Hubert Maga, alors président de l’ex-Dahomey (Bénin) pour chanter aux festivités marquant la fête de l’indépendance de ce pays. En avril 1966, elle est présente au tout premier Festival mondial des Arts Nègres à Dakar au Sénégal où elle représente le Togo avec sa collègue Julie Akofa Akoussah.

Le roi pelé et Bella Bellow
Le roi pelé et Bella Bellow

Georgette Nafiatou Adjoavi Bella se lance dans la musique et adopte « Bella Bellow » comme nom de scène. Elle enregistre Rockya son premier album en 1969. Dégageant un charisme impressionnant sur scène et dotée d’une beauté exceptionnelle, Bella Bellow fait grande impression et sa renommée se répand dans toute la sous-région. De Lomé, Bamako , Cotonou, Abidjan, Dakar en passant par Douala, Libreville, Kinshasa ou Brazzaville, Bella Bellow multiplie de brillantes prestations et est acclamée par des foules en délire.

L’année 1970, est l’année de la consécration. Bella Bellow devient l’une des rares africaines à chanter à l’Olympia à Paris. La belle Bella est au sommet de son art.

Elle multiplie les apparitions dans les programmes de variétés, participe au Festival panafricain d’Alger aux côtés de Myriam Makeba (voir Myriam Makeba) son idole, donne des concerts à Rennes en France, à Athènes en Grèce, à Split en ex-Yougoslavie, à Bonn en Allemagne et en Belgique. Son nom retentit en Guyane et en Guadeloupe aux Antilles. Elle participe au Festival de la chanson populaire de Rio de Janeiro au Brésil où elle est acclamée par plus de 100 000 spectateurs réunis au fameux stade Maracana.

Jalouse de son identité africaine, elle chantait en sa langue maternelle et était très souvent vêtue de tenues en tissus wax.

La «pionnière de la chanson togolaise moderne » est morte le 10 décembre 1973 dans un accident de la circulation à Lilikopé, près de Tsévié. Elle s’apprêtait à rejoindre l’artiste camerounais Manu Dibango. Elle avait seulement 27 ans.

Elle a influencé plusieurs générations d’artistes africains : Abéti Masikini, Mbilia Bel, Angélique Kidjo, Fifi Rafiatou, Afia Mala, Viky Bila, Vanessa Worou … pour ne citer que celles-ci. Vanessa Worou lui a même consacré une chanson « Ma Bella ».

Elle laisse plusieurs titres à succès à la postérité :
Zelie, lafoulou, blewou, rokia etc

Quelle est votre chanson préférée de Bella Bellow ?

Je dresse son portrait dans mon livre : “Surnoms des hommes et femmes qui ont marqué l’Histoire contemporaine de l’Afrique”.
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Arol KETCH – 11.01.2023
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