Mama Nguéa ou le machiavélisme de certains Camerounais...

By Ecclésiaste DEUDJUI
2 Minutes
Mama Nguéa, artiste camerounaise décédée le 14 juin 2020.
Mama Nguéa, artiste camerounaise décédée le 14 juin 2020.

Je suis partagé entre l’envie de regretter le décès de Mama Nguéa ce matin à 11 heures, et le désir de vilipender les expressions d’hypocrisie qui pullulent sur la toile où chacun a écrit « RIP », « Wèèèh Mama Nguéa est partie », ou encore « La culture camerounaise vient de perdre une immense artiste qui sera difficilement remplaçable... »

Le décès de Nguéa La Route n’était pourtant pas imprévisible. La chanteuse camerounaise souffrait depuis plusieurs années de maladies chroniques, à l’instar du diabète ou encore de l’hypertension artérielle pour ne citer que ces deux-là. On se souvient même de ses nombreux appels à l’aide via les réseaux sociaux, où elle sollicitait un appui financier de la part des autorités publiques ou de sa fan base qui est vraiment très importante ici au Cameroun.

Je suis partagé entre l’envie de blâmer tous ces gens qui se moquaient de ses malheurs, et qui instrumentalisaient sa souffrance à travers des vidéos humiliantes sur Facebook et dans les forums WhatsApp. Et même si le ministère de la culture a pris en charge certains soins médicaux, il faut reconnaître que notre artiste bénéficiait surtout d’un sursis et non pas d’une véritable assistance pour lui éviter l’inéluctable...

Les Camerounais sont quand même machiavéliques, il faut quand même l’admettre. Ils ont révélé que Mama Nguéa venait d’être amputée de la première jambe, puis de la seconde. Et puis, plus rien. Ils sont surtout habitués à colporter et vulgariser les malheurs de leurs stars. Ils aiment s’émouvoir de leurs souffrances, compatir même sincèrement, mais ne pas les assister à suffisance. Ça me rappelle le décès de Clarisse Wopso dont la démence était également sue de tout le monde, et dont tout le monde se moquait. Elle avait finalement fini par se donner la mort de façon quasiment abominable...

Nous sommes des sanguinaires. Oui, tout le monde va se souvenir des mélodies de Nguéa La Route, mais il aurait été mieux de la soutenir dans son long combat contre la maladie. Il faut cesser de vénérer les gens lorsqu’ils sont morts. Il faut cesser d’écrire « RIP » sur les photographies des personnes qui sont décédées, en vous disant que cela vous donnera bonne conscience. Car moi je considère ces sadiques hypocrisies tout simplement comme de la méchanceté.

Repose en paix, Mama Nguéa !

Ecclésiaste Deudjui

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doualatour@yahoo.fr

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