Face au Covid-19, quels défis pour l’Afrique ?

By Ecclésiaste DEUDJUI
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La commune de Treichville (Abidjan) a mis sur pied un Centre d
La commune de Treichville (Abidjan) a mis sur pied un Centre d'accueil anti-covid. Source: radiofrance.fr /Image reprise sous autorisation

 

Depuis décembre 2019, le monde entier fait face à une épidémie de grippe sévère provoquée par un coronavirus, en l’occurrence le SRAS-Cov-2.
Ce virus a d’abord été repéré en Chine dans la ville de Wuhan, avant de s’exporter progressivement en Asie puis dans le reste du monde. Le 11 mars 2020, l’OMS qualifie cette nouvelle maladie de pandémie mondiale. Cela signifie qu’elle est désormais présente sur les cinq continents, et que sa situation est préoccupante au point d’alerter les plus hautes autorités sanitaires mondiales.

Depuis lors, le continent africain a été considéré comme étant le plus vulnérable, en tenant compte de la pauvreté de sa population et de la faiblesse de ses infrastructures sanitaires. Certains responsables de la santé avaient d’ailleurs prévenu, « l’Afrique devrait se préparer au pire ! » Un message qui a été plusieurs fois relayé dans les médias et qui a fait penser que les rues africaines seraient, en l’espace de quelques semaines seulement, jonchées de cadavres...

Quelles mesures de riposte pour les États africains ?
A posteriori, l’Afrique s’est effectivement préparée au pire mais on constate qu’elle demeure le continent qui résiste le mieux face à cette pandémie, malgré les nombreuses mutations de ce virus.
Les premières mesures de riposte étaient calquées sur celles de l’Occident, bien que les modes de vie soient pourtant complètement différents : confinements, couvre-feux, port du masque obligatoire, dépistages, distanciations sociales, lavage des mains au gel hydroalcoolique...
L’Afrique ne pouvait pas persister avec un confinement intégral dans un environnement où l’essentiel de l’économie se fait dans l’informel. De plus, les Etats africains ne disposent pas ressources financières suffisantes pour compenser les salaires des employés en chômage partiel, ni pour prendre en charge les populations restées à la maison. Plus loin, on peut voir que la technologie des pays subsahariens ne leur permet pas un télétravail réellement efficient. Ni une e-éducation capable de former des individus professionnellement compétents pour le futur.
On a aussi constaté qu’en l’absence de médicament (et de vaccin(s) à l’époque), les thérapies anti-coronavirus en provenance du continent africain étaient généralement combattues. La pharmacopée africaine a été mise à l’épreuve de la médecine occidentale, avec par à-coups des succès populaires comme l’Artemisia de Madagascar. Même si avec le recul, les différentes potions issues de la naturopathie ne se sont pas montrées aussi convaincantes qu’elles le laissaient penser au départ.

Et maintenant ?
Force est de constater que l’Afrique ne croule pas sous les cadavres comme on l’envisageait au départ. Parce que le continent a vu arriver le virus et qu’il s’y est préparé à temps ? Parce que les installations sanitaires ne sont pas si médiocres que cela ? Parce que les entrées sur les territoires sont bien filtrées ? Parce que le génome des Africains serait plus efficace que celui des autres races ? Parce que la population africaine est essentiellement une population en pleine jeunesse ?
Il y a certainement un peu de tout cela. Les Africains n’ont pas de médicament contre le covid-19, ils n’ont pas encore commencé la vaccination pour la plupart, et pourtant un pays comme le Cameroun a eu « seulement » 650 morts en un an, contre plus de 100 000 morts rien que pour son homologue italien...
Cela ne signifie pas qu’il faille abandonner les mesures barrières, au contraire ! Le coronavirus reste un défi qu’il faudrait éradiquer sous peine de résurgence, de mutation dangereuse du virus ou encore de véritable endémie locale. Il faut continuer à inciter à la distanciation sociale, au lavage des mains, au port systématique du masque et à toutes les autres mesures de sécurité.
Car il s’agit là d’une épidémie qui a paralysé –et qui continue de le faire– l’économie mondiale, et dont les effets sont visibles dans tous les pays du planisphère. Le secteur des transports aériens en a été particulièrement touché, mais également aussi celui des importations/exportations de marchandises.

Lutter contre le coronavirus est un combat qui a déjà été mené en Afrique, face à des adversaires comme le paludisme ou encore le virus Ebola. Cela pourrait être une opportunité pour la renaissance de la médecine africaine, ou encore pour une révision du rapport entre les hommes et la nature. Chaque défi ouvre la voie à de nouvelles possibilités, et donc les états africains devraient s’unir afin d’éradiquer définitivement cette énième menace sanitaire.

 

Ecclésiaste Deudjui

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