Faut-il accepter la vaccination contre le covid-19 ?

By Ecclésiaste DEUDJUI
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Un individu qui se fait vacciner contre le covid-19. Source: timesofisrael.com /CC-BY
Un individu qui se fait vacciner contre le covid-19. Source: timesofisrael.com /CC-BY

 

À l’heure où je vous parle, le Cameroun a commandé une cargaison de 1,7 millions de doses du vaccin AstraZeneka, pour aider à lutter contre la pandémie du covid-19.
S’il est vrai que sur l’apparence cela ressemble à une initiative louable, les populations peuvent tout de même se poser quelques préoccupations. Car le vaccin dont on parle, il serait à l’origine de graves complications sanitaires dans certains pays qui l’auraient déjà utilisé. Des pays comme le Danemark, la Norvège et l’Islande l’ont d’ailleurs définitivement suspendu.

Ceci dit, la question de la vaccination au Cameroun n’est pas née de l’épidémie au coronavirus. Depuis belle lurette, les Africains ont toujours considéré que les « Blancs » se servaient de ces sérums pour leur inoculer des substances nocives à l’intérieur de leur organisme.
Personnellement je ne partage pas cette position, puisque si les « Blancs » veulent nous inoculer quoi que soit, ils peuvent très bien le faire par les médicaments qu’ils nous vendent, par les aliments qu’ils modifient génétiquement ou encore par les équipements technologiques qu’ils nous incitent à utiliser.

Bref, le Cameroun espère recevoir ses doses grâce à l’initiative COVAX, qui est un plan mondial mis en place en vue de garantir l’accès aux vaccins pour les pays très pauvres. Et l’OMS de renchérir, elle qui vient récemment de déclarer qu’ « il n’y a pas de raison de ne pas utiliser le vaccin d’AstraZeneca ».

De toute façon, il s’agit là de gros sous. Car en moins de douze mois seulement, on a déjà trouvé pas moins de huit vaccins pour aider à combattre le coronavirus, contre... zéro pour le virus du sida qui existe depuis 1981 !
C’est quand même curieux. Surtout que ces doses ont été précommandées depuis plus de six mois, sans compter que la plupart de ces recherches avaient été préfinancées à hauteur de plusieurs milliards de dollars...

On peut bien se demander, au cas où le vaccin importé serait réellement efficace, qui en seraient les heureux bénéficiaires prioritaires. Car la population camerounaise dépasse déjà probablement les 30 millions d’individus, même si le dernier recensement date de l’année 2005. Faudra-t-il prioriser les personnes âgées ? Et si oui, à partir de quel âge ? Devra-t-on s’enregistrer auprès du ministère de la santé pour déclarer ses comorbidités si on est jeune ? Ou alors les gens qui tiennent ce pays se feront d’abord vacciner en premiers, comme ils ont souvent l’habitude de se servir lorsqu’il s’agit de se redistribuer les dividendes publiques ?

 

Plusieurs pays africains ont déjà commencé la vaccination contre le covid-19. Source: equonet.net /Image reprise sous autorisation
Plusieurs pays africains ont déjà commencé la vaccination contre le covid-19. Source: equonet.net /Image reprise sous autorisation

 

La question de l’acceptation de ce vaccin, tout comme de n’importe quel autre, a parfaitement raison de se poser. Car nous n’avons pas encore suffisamment de recul nécessaire pour être certain que ce vaccin n’aura pas d’effets secondaires à long terme. Certes il a fallu parer aux urgences, mais à quel prix ? D’autant plus que la technologie utilisée par les vaccins anti-covid est une technologie à ARN messager. Il s’agit quasiment d’une expérimentation qui n’avait jamais été osée sur tous les vaccins fabriqués auparavant. C’est vous dire...

Encore heureux que cette vaccination ne sera pas obligatoire, comme l’a si bien précisé le ministre Manaouda. Encore heureux que notre population soit essentiellement jeune (plus de la moitié des Camerounais ont moins de vingt ans), et espérons que cela aidera à atteindre rapidement une sorte d’immunité collective. Encore heureux qu’il nous reste les gestes barrières et les mesures de protection distanciatoires, que personnellement je considère comme des vaccins dix fois plus efficaces.
Car il faut bien faire attention, en voulant éradiquer un problème, de ne pas en créer un autre qui sera peut-être plus mortel voire plus difficile à résorber...

 

Ecclésiaste Deudjui

(+237) 696.469.637

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