Que se passe-t-il entre Muriel Blanche et le Popoli ?

By Ecclésiaste DEUDJUI
3 Minutes
Le dessin de Popoli est jugé sexiste à l
Le dessin de Popoli est jugé sexiste à l'endroit de Muriel Blanche. Source: people237.com /CC-BY

 

Décidément le paysage camerounais ne manque pas de faits divers, toujours plus insolites les uns que les autres.
Cette fois-ci il s’agit d’une banale affaire qui a débuté samedi dernier. Le journal Popoli, magazine satirique bien connu depuis les années 90’ pour son impertinence, s’en est pris à l’influenceuse (c’est le titre qu’on donne à quelqu’un qui n’a pas vraiment un métier) Muriel Blanche.
Le journal, à travers une illustration quelque peu osée, aurait laissé sous-entendre que Muriel Blanche flirterait avec le goléador Samuel Eto’o. Le prétexte étant que le mercredi 13 janvier, une délégation s’était rendue au stade Japoma pour visiter les infrastructures avant le début du CHAN, prévu trois jours plus tard. La délégation comprenait le gouverneur du Littoral, Samuel Ivaha Diboua, le gouverneur du football camerounais, Samuel Eto’o Fils, et... Muriel Blanche.

Personnellement la présence de cette dernière ne me dérange pas. Elle pèse environ trois millions de followers sur les réseaux sociaux, elle joue dans des web-séries qui sont très suivies par la jeunesse camerounaise, elle fait des campagnes publicitaires pour de grandes marques. C’est tout à fait normal que le CoCan (comité d’organisation du CHAN 2021 et de la CAN 2022) ait jugé pertinent de la convier, et de l’y associer. Pourtant dans sa parution du samedi 16 janvier, le Popoli a publié une caricature qui mettait en avant le popotin de l’influenceuse. Les dessinateurs se sont ensuite interrogés sur la nécessité de la présence de cette demoiselle pour un tel événement. Ils ont terminé en soupçonnant une idylle entre l’ancien buteur des Lions indomptables, et la réalisatrice du film Aline.

 

Muriel Blanche était au stade Japoma en compagnie du gouverneur Ivaha Diboua (à sa droite) et samuel Eto
Muriel Blanche était au stade Japoma en compagnie du gouverneur Ivaha Diboua (à sa droite) et samuel Eto'o (à sa gauche). Source: Twitter /CC

 

Très vite, la comédienne s’est sentie humiliée et a riposté : « Une poignée de personnes dont le cerveau serait logé dans la culotte ne réussira pas à nous y rabaisser tous (TOUTES) ! Au Cameroun on ne vous demandera jamais votre statut social ou la finesse de votre lingerie pour vous permettre de visiter un stade. »
Puis le Popoli a renchéri, non seulement avec un autre dessin, mais en y ajoutant un commentaire : « Aux extrémistes qui nous lisent à l’envers et décrètent des fatwas débiles, nous rappelons qu’hier nous avons combattu et vaincu la censure dans ce pays ! »

Une passe d’armes, donc. Pourtant cet imbroglio ne devait pas avoir autant d’échos, puisque le Popoli est un journal réputé pour faire rire, pour transgresser, pour provoquer, pour sensibiliser, pour choquer. Il ne faudrait ni le lire au premier degré, ni prendre ses impertinences pour des attaques personnelles. Ses victimes les plus assidues s’y sont déjà habitué d’ailleurs, à l’instar de son bouc émissaire numéro un : Paul Biya !

Alors les donneurs de leçon de morale, qu’ils aillent distribuer leurs grandes théories dans les amphithéâtres. Les féministes d’un jour, qu’elles aillent se concentrer sur l’encadrement de la fille-mère et sur la scolarisation de la jeune fille. Les opportunistes de tous bords qui ont déjà bondi sur la liberté de la presse, pour lui définir des milites, eh bien sachez que c’est tout simplement... hors-sujet.

 

Muriel Blanche était invitée par le Cocan pour visiter le stade de Japoma. Source: jewanda.com /CC
Muriel Blanche était invitée par le Cocan pour visiter le stade de Japoma. Source: jewanda.com /CC

 

Je peux comprendre Muriel Blanche, qui s’est sentie vexée qu’on lui ait prêté une quelconque promotion canapé. Je peux comprendre les individus qui réclament qu’on reconnaisse les efforts de la femme dans la société. J’entends bien qu’il y a des Camerounaises qui peuvent réussir par la seule force de leur volonté et de leur travail, et que des influenceuses comme Muriel Banche en font manifestement partie.
Mais, de grâce, on ne pourra jamais s’émanciper si certains individus ne tolèrent pas un minimum d’autodérision...

 

Ecclésiaste Deudjui

(+237) 696.469.637

doualatour@yahoo.fr

Samuel Eto’o
Muriel Blanche
Popoli
Samuel Ivaha Diboua
Nyemb Popoli