« Nous n’avons plus peur du coronavirus ! »

By Ecclésiaste DEUDJUI
3 Minutes
Les personnels hospitaliers et les populations se sont adaptées à la maladie du coronavirus. Source: financialafrik.com /CC-BY
Les personnels hospitaliers et les populations se sont adaptées à la maladie du coronavirus. Source: financialafrik.com /CC-BY

Pas avant hein, parce qu’auparavant c’était plutôt « Nous n’avons PAS peur du coronavirus ! » Car il faut se rappeler que dans les mois de décembre 2019, janvier 2020 et février 2020, le covid-19 était surtout une « affaire de Blancs ».

Les gens qui vivent sur le continent africain se gargarisaient de leur couleur de peau noire, et ils y allaient en conjectures pour expliciter le fait que la maladie ne s’était pas encore installée sur l’Afrique subsaharienne, et en plus elle n’avait causé aucun dégât majeur.

Les choses ont un peu changé. Les morts du Camerounais Manu Dibango puis du Sénégalais Pape Diouf, respectivement âgés de 86 et 68 ans (remarquez, l’un est l’inverse de l’autre), on substantiellement modifié le logiciel anticoronavirus des personnes de couleur noire. Il n’est plus question de dire que « le virus ne résiste pas à la chaleur », « le virus ne s’attaque qu’aux personnes âgées », ou encore « le virus ne peut pas tuer les personnes de couleur noire parce que les Africains sont plus résistants que les Blancs, ils sont plus solides, ils sont plus mal nourris (sic), et surtout ils ont l’habitude de faire face au paludisme et à d’autres infections qui sont éminemment plus dangereuses que votre minuscule coronavirus... »

Je paraphrase. Mais l’idée originelle c’était de dire que le continent africain ne subirait pas violemment cette pandémie, malgré les fameuses alertes de l’OMS et ses tendancieuses « L’Afrique devrait se préparer au pire ! »

Aujourd’hui la donne a changé. Presque trois mois se sont écoulés depuis les premiers cas confirmés sur la terre africaine, et toujours pas de catastrophe (je touche du bois !). Les pays qui avaient osé se confiner ont commencé à se déconfiner progressivement puis totalement, et certains États comme le Cameroun ont même recommencé les cours scolaires et les boîtes de nuit comme pour dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes...

Nous n’avons plus peur du coronavirus, c’est ce que nous semblons nous dire. Les rues de Douala et de Yaoundé sont bondées de monde, et spécialement les espaces publics. Les gens se mélangent et s’entassent dans les marchés au point de se marcher dessus, et ils ne portent leurs masques que pour échapper aux contraventions de la police judiciaire. Les habitants ont certes appris à se laver les mains, ils pratiquement automatiquement la distanciation sociale dans les bureaux et dans les hôtels (sauf lorsqu’ils ont réservé le même lit J), et en plus certains individus se promènent avec leur propre gel hydro-alcoolique.

La tendance générale est à l’assouplissement généralisé, et on a l’impression de penser que le coronavirus n’est pas partout. Qu’il ne suffit pas de sortir de sa maison pour l’attraper irrémédiablement et immédiatement.

En gros, respectons les gestes barrières. Evitons de tomber dans la psychose. Apprenons à vivre avec cet agent pathogène, le covid-19, pour mieux éviter la maladie qu’il inocule, la covid-19. Les Camerounais savent que la courbe des infections continue de progresser inexorablement, mais elle n’est pas aussi effrayante que la grande terreur que les firmes pharmaceutiques nous avaient pourtant prédite.

Alors vivons !

Ecclésiaste Deudjui

(+237) 696.469.637

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