À propos du syndicat sur l’argent de taxi des Camerounaises...

By Ecclésiaste DEUDJUI
6 Minutes
La sublime Camerounaise Eza Ajara. Source: Instagram /CC
La sublime Camerounaise Eza Ajara. Source: Instagram /CC

 

Si vous êtes sur Facebook, vous avez certainement remarqué qu’il y a une histoire de « Syndicat » qui sévit sur la toile, et qui embrase presque tous les commentaires.
Je rappelle que cette histoire de Syndicat avait débuté il y a plus d’un an déjà, mais qu’elle n’avait pas réellement provoqué le buzz. Il s’agissait d’un groupuscule d’internautes qui avaient lancé, en rigolant, qu’il fallait que les hommes arrêtent de dépenser exagérément d’argent sur les femmes qu’ils convoitent, et en particulier l’argent de taxi. Je rappelle aussi que « l’argent de taxi » est une mode d’Afrique francophone, et qu’elle consiste pour un individu qui a rendez-vous avec sa petite amie (ou alors avec une fille qu’il espère transformer en petite amie), à lui payer les frais de transport pour son retour chez elle. Je ne sais pas quel est le nom du tout premier homme qui avait lancé cette mode, mais toujours est-il que c’est devenu un rituel pour tous les dragueurs, et particulièrement ici au Cameroun.

Je replace les choses dans leur contexte : l’argent de taxi n’est pas réellement donné pour le taxi. Il existe parce que la majorité des courtisans n’ont pas de véhicule, et qu’il faut bien que la demoiselle qui a daigné se déplacer pour venir les rencontrer, puisse confortablement rentrer chez elle. Sauf que le prix du taxi c’est 250 FCFA, et qu’il serait ridicule de donner cette pareille somme à une dulcinée qu’on convoite tant. En plus, il faut tenir compte de son transport de l’aller. En plus, il faut en profiter pour la dépanner sans que ça n’en ait l’air. Et voilà comment l’argent de taxi est devenu l’objet de tous les débats, de toutes les gênes, puisque son montant est si fluctuant qu’il peut varier de 250 FCFA comme j’ai dit tout à l’heure, jusqu’à plus de 50 000 FCFA pour les baratineurs les plus fortunés...

 

Les exigences du Syndicat

Si le Syndicat a pris le pouvoir sur la toile, c’est parce que les fêtes approchent. Et on sait très bien que c’est la période idoine pour les femmes de submerger leurs compagnons avec de multiples problèmes d’argent. Le Syndicat évoque donc que l’argent de taxi ne doit plus dépasser 2 000 FCFA, et que les cadeaux onéreux doivent également être interrompus. Il suggère aussi à ses membres de recommander des coiffures simples à leurs compagnes, et d’éviter de financer les greffes brésiliennes et les téléphones dernier cri. Bref, le Syndicat demande aux hommes camerounais d’être moins dépensiers envers les femmes qui les attirent.

 

Comment en est-on arrivé là ?

C’est simple : la pauvreté, la pauvreté, la pauvreté. Pas seulement financière, mais aussi mentale. Parce que la plupart des relations amoureuses camerounaises ne sont pas basées sur l’amour, mais plutôt sur un échange de services. La femme qui se déplace pour un rendez-vous avec un homme, elle sait qu’elle sera complétement prise en charge durant toute la rencontre. Et le type qui invite une donzelle pour soi-disant « faire connaissance », en réalité il veut juste la goinfrer, la soûler, et principalement la culbuter dans la première auberge qui se trouvera dans les parages.
Donc contrairement à ce qu’on pourrait penser, le problème du Syndicat ne porte pas en réalité sur l’argent, mais sur le sexe !

On peut considérer que si un homme camerounais dépense une fortune sur une Camerounaise et qu’il parvient finalement à coucher avec elle, eh bien il ne regrettera jamais son argent ! Par contre si un jeune homme dépense seulement deux mille francs CFA et que la fille lui glisse entre les doigts, il se sentira maudit et honni. L’acte sexuel devient donc ici comme un objectif à atteindre pour l’homme, et l’argent mis en jeu constitue le moyen d’atteindre cet objectif.

  

Les femmes camerounaises sont attirées par les hommes qui leur donnent de l
Les femmes camerounaises sont attirées par les hommes qui leur donnent de l'argent. Source: camer.be /CC

 

La place de l’argent dans les relations amoureuses

Vous avez certainement entendu un ami dire « J’ai envie d’appeler ma copine mais je n’ai pas d’argent sur moi ». Quel rapport ? Est-ce que c’est normal que pour voir sa petite amie, il faille préalablement se préparer financièrement ?
Cela est dû au fait que non seulement l’argent occupe une position prépondérante dans les couples, mais particulièrement l’argent de l’homme. Car les femmes camerounaises aiment se faire entretenir pour la plupart, et certaines même intégralement. C’est pour cela qu’en invitant une femme, on prend tout en charge. C’est pour cela qu’en épousant une femme, on la prend complètement en charge. C’est aussi pour cette raison que les femmes vous trouvent séduisants lorsque vous êtes généreux, et qu’elles peuvent ainsi supporter toutes vos humiliations.
L’argent a pris de l’importance à cause de la pauvreté de notre société et du manque de galanterie de certains hommes. À cause aussi de la vénalité de certains parents qui sont prêts à sacrifier leurs filles aux plus offrants, et à « vendre » leurs enfants dans ce rituel de plus en plus exagéré qu’on a baptisé la dot.

 

Combien faut-il donner pour l’argent de taxi ?

Même si certaines filles se caractérisent par des comportements vénaux et déplacés, il faut quand même payer l’argent de taxi pour une demoiselle qui s’est déplacée pour venir vous rencontrer. Il faut gérer son aller et son retour. Il faut tenir compte de la distance qu’elle a parcourue ainsi que de l’heure à laquelle elle compte prendre le chemin du retour. Il faut garantir sa sécurité. Il faut lui faire plaisir autant que possible, et lui montrer qu’elle n’a pas eu tort d’effectuer le déplacement.
Par contre, l’argent de taxi ne doit pas être comme un argent de poche. Cela ne doit pas devenir la raison de votre rencontre. Ce n’est pas parce que la fille espère une enveloppe qu’elle doit se forcer à venir papoter avec son nouveau dragueur. L’argent de taxi ne doit pas devenir une cotisation, parce qu’il y a des filles qui se déplacent de maisons en maisons en une seule après-midi, et au final leur journée a été « pointée » parce qu’elles ont recueilli le maximum d’argents de taxi possibles...

Les femmes doivent déjà commencer par venir voir les hommes non plus seulement pour manger et boire, mais d’abord pour apprendre à les connaître. Les hommes ne doivent plus faire varier l’argent de taxi en fonction du comportement instantané de la fille (c’est vrai, car il y a des filles qui acceptent de coucher avec vous pour ne pas faire diminuer leur argent de taxi). Les femmes qui sont dans une autre ville doivent apprendre à respecter les contrats moraux, et à se déplacer effectivement lorsqu’un leur expédie l’argent de transport. Les hommes doivent savoir qu’une femme ça s’entretient, et qu’on peut donner l’argent de poche régulièrement à sa petite amie sans nécessairement attendre qu’elle le demande.

Et puis, finalement, les Camerounais doivent travailler ! Les femmes pour être indépendantes, et les hommes pour pouvoir mieux s’occuper de leur tendre moitié. Les Camerounais doivent devenir fidèles ! Parce que si une femme trouve que votre argent de taxi est insignifiant, c’est tout simplement parce qu’elle ne vous considère pas. Et si un homme vous donne un argent de taxi ridicule, c’est également parce qu’il possède plusieurs autres conquêtes.
Soyez vigilants ! Ne devenez pas des prostituées déguisées, et vous les hommes ne soyez pas des voleurs de Q car vous avez également des sœurs et des cousines.

Le Syndicat n’a que levé le voile sur un véritable problème de moralité qui sévit ici au Cameroun.

 

Ecclésiaste Deudjui

(+237) 696.469.637

doualatour@yahoo.fr

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