Mon histoire d’amour avec Maradona

By Ecclésiaste DEUDJUI
3 Minutes
Diego Maradona lors de la Coupe du monde 1986 au Mexique. Crédit: 20minutes.fr /Image reprise sous autorisation
Diego Maradona lors de la Coupe du monde 1986 au Mexique. Crédit: 20minutes.fr /Image reprise sous autorisation

 Voilà exactement une semaine que Diego Maradona nous a quittés. Arrêt cardiaque. On a beau accuser son médecin de négligence et de responsabilité dans ce décès, mais cela ne nous ramènera pas notre Pibe de oro (garçon en or).

Diego Maradona, c’est une partie de ma vie. Peut-être parce que je suis un fanatique de football. Peut-être parce que j’ai eu le privilège de le voir jouer. Peut-être parce qu’il a sacralisé le dossard N°10. Peut-être parce qu’on m’avait tellement parlé de lui dès ma prime enfance, et que j’ai grandi en suivant de loin ce personnage qui est devenu une véritable légende.

En 1986 j’avais quatre ans. On m’a raconté que sur les hauteurs de Guadalajara et de Mexico, au Mundial mexicain, il avait fait des ravages : un but de la main contre l’Angleterre en quarts de finale le 22 juin 1986, suivi d’un chef-d’œuvre de plus de soixante mètres, le genre d’exploit qui vous fait entrer dans le panthéon des meilleurs sportifs de tous les temps...
Et puis, avant et après ce match, d’autres buts décisifs. D’autres passes décisives. D’autres gestes d’éclat dont lui seul détenait le secret, et d’autres émotions qu’il a transmises non seulement aux Argentins, mais aussi à tout le reste de la planète...

Je me souviens qu’en 1990 j’avais regardé le match d’ouverture entre le Cameroun et l’Argentine, depuis Nkongsamba. Mon grand-frère Guy supportait les Sud-Américains à cause de Diego Maradona. Moi j’étais surtout émerveillé par la série de jongles qu’il avait effectués avant le match, car il maniait si bien le ballon de la tête, du pied bien sûr, mais aussi des épaules et de la poitrine.
Puis je l’ai suivi tout au long de la compétition, depuis Foumban cette fois-ci. Je regardais son huitième de finale contre le Brésil. Sa demi-finale contre l’Italie organisatrice, au stade San Paolo de Napoli son club de cœur. Et puis, la finale perdue (0-1) contre la Mannschaft de Lothar Matthaüs, avec les larmes inoubliables du capitaine argentin.

Naples. C’est le club européen qui l’a révélé. Auparavant il avait déjà évolué au Barça, mais c’est à Naples qu’il est devenu une icône internationale : intégrer un club qui était au bord de la relégation, et en faire un champion d’Italie puis un vainqueur de la Coupe UEFA. Du jamais vu !
Maradona était le genre de footballeur qui vous métamorphosait toute une équipe. Il vous éclairait le jeu, il était doué, il était même surdoué à vrai dire. Il rendait les autres meilleurs. Il a fait de l’Argentine un champion du monde 1986 avec des joueurs moyens, et un vice-champion du monde 1990 avec des joueurs non-exceptionnels.
Il aurait très bien pu rééditer l’exploit en 1994 aux États-Unis, avant que la Fifa ne l’exclue définitivement de la compétition. L’Argentine a gagné les deux premiers matchs auxquels il avait participé (contre la Grèce puis le Nigeria), ensuite elle a perdu les deux suivants contre la Bulgarie puis en huitièmes de finale contre la Roumanie de Gheorghe Hagi (2-3).
Un hasard ? Je ne pense pas !

Ensuite la suite on la connaît, la descente aux enfers, la drogue, l’alcool, les femmes, les extravagances, etc. Ce n’est pas cela que je retiendrai de Diego Maradona. Ce qui compte ce n’est pas ce qu’il a pu faire de sa vie, mais surtout ce qu’il a fait de la nôtre. De la mienne. De la vôtre.

Ce personnage restera à jamais un mythe éternel, et pour moi il ne mourra jamais. Il avait soixante ans, il était une légende, il était une icône.
Diego Armando Maradona n’est pas mort !

 

Ecclésiaste Deudjui

(+237) 696.469.637

doualatour@yahoo.fr

Football
Décès
Argentine
Diego Maradona
Légende