Football : Diégo Maradona face à l’Afrique

Une grande amitié

By TIFOS
4 Minutes

Décédé le mercredi 25 Novembre dernier, inhumé deux jours après, Diégo Maradona n’est plus. La légende argentine du football mondial s’en est allée, foudroyée par une crise cardiaque. Une surprise, quand on sait que Diéguito sortait à peine victorieux d’une délicate opération au cerveau. Sur son balcon pour saluer ses fans, il était donc attendu. Espéré en vain parce que désormais dans l’éternité, installé dans le subconscient de tous. Notamment ceux des africains, marqués à jamais par ces souvenirs inaltérables qui le lient à un homme pas comme les autres.

Maradona par Neogeolegend (image rognée) - Wikimédia Commons CC BY 2.0
Maradona par Neogeolegend (image rognée) - Wikimédia Commons CC BY 2.0

Maradona à Abidjan

Peu le savent, mais Maradona a bien posé ses pieds sur le Continent Noir. En Côte d’Ivoire, Boca Juniors et lui ont été invité en 1981 pour un tournoi amical. Une compétition logiquement remportée par les locataires de la Bombonera, vainqueurs du Stade d’Abidjan 5-2 (Doublé de Maradona) en demies et de l’ASEC Mimosa en finale 3-2. Une ultime rencontre qui a vu la Pelusa répondre haut la main au jeu ultra physique imposé par ses hôtes.

Argentine - Angleterre par Nazionale Calcio - Flickr CC BY 2.0
Argentine - Angleterre par Nazionale Calcio - Flickr CC BY 2.0

Cameroun – Argentine

9 ans après le passage à Abidjan, Maradona s’est encore retrouvé confronté à une équipe africaine. En match d’ouverture du Mondial 90, les félins succèdent aux pachydermes et les Albicéleste tombent dans la tanière. S’inclinent 1-0 devant un Cameroun qui finira la rencontre à 9, le torse bombé par une meilleure possession de balle que les champions du monde en titre (53-47). À cette occasion, le capitaine argentin déclarera même :

  « Je ne crois pas qu’ils aient eu la moindre attention de nous faire mal pour remporter ce match. (...) Il n’y a rien à redire, aucune excuse. Si le Cameroun a gagné, c’est parce que c’était la meilleure équipe. »  

Pelé et Maradona par Surian Soosay - Flickr CC BY 2.0
Pelé et Maradona par Surian Soosay - Flickr CC BY 2.0

Nigeria – Argentine

Après avoir sorti l’Italie avec son tir au but, Maradona vivra en Italie le début de sa fin. Son hymne sifflé en finale face à l’Allemagne, il perdra plus qu’une Coupe du Monde à Rome. Son retour à Naples sera si dur qu’il sera obligé de partir. Par la petite porte, de rejoindre le FC Séville en 1992 avant les Newell's Old Boys un an plus tard.

Le but est de préparer la World Cup 94. Relancer aux USA une carrière ternie par le dopage. Un autre rendez-vous manqué, marqué une fois encore par une disqualification. Contrôlé positif à l’éphédrine, le meneur de jeu sera exclu de la coupe avec deux matches à son actif. Un contre la Grèce, l’autre contre le Nigeria en phase de poule. Une victoire 2-1 sur des Green Eagles qui se qualifieront quand même pour les huitièmes. Un match que Sunday Oliseh n'est pas prêt d'oublier : 

« Ce qui m’avait impressionné, ce n’était pas seulement ses qualités footballistiques mais la façon avec laquelle ses coéquipiers le regardaient. Ils le regardaient comme le Moïse qui devait les amener sur la terre promise. Les gens le qualifient de légende et s’il y a bien un joueur de foot qu’on peut qualifier de légende, c’est Diego ».

Maradona par Philip Choi - Flickr CC BY 2.0
Maradona par Philip Choi - Flickr CC BY 2.0

08 Juin 1990 : des adversaires inoubliables

Comme un symbole, Maradona est parti la même année que le camerounais Stephen Tataw. « C’était il y a 30 ans, avec Stephen Tataw, capitaine des Lions Indomptables du Cameroun au Mondial 1990. Mes condoléances à ta famille. Repose en paix », écrivait-il sur son compte Instagram. Honorant ainsi la mémoire de ce Lion Indomptable qu'il accompagnera quatre mois plus tard.

Un hasard qui démontre à quel point cette défaite à San Siro a impacté le Gamin en Or. El Pibe de Oro n'a jamais oublié ce jour et le faisait savoir à chaque fois qu'il en avait la possibilité. Son hommage à l'ancien stoppeur, Benjamin Massing, décédé en Décembre 2017 à Édéa, l'illustre :

« Je veux me souvenir du défunt Benjamin Massing. Nous étions rivaux au début de l'Italie 90. Derrière chaque joueur de football, il y a un homme et une famille. Mes respects pour eux. »

Une vibrante réaction à laquelle on ajoutera celle d'Alphonse Tchami, son coéquipier camerounais à Boca Junior en 1997, au micro du site Actu Cameroun :

« (...) Pour lui, c’était un jeu, un spectacle. À l’entraînement, il aimait qu’on refasse le Cameroun-Argentine de 1990, il voulait sa revanche, même si je n’avais pas participé à ce Mondial »

Kalidou Koulibaly (Image rognée) par Werner100359 - Wikimédia Commons CC BY-SA 4.0
Kalidou Koulibaly (Image rognée) par Werner100359 - Wikimédia Commons CC BY-SA 4.0

Ses préférés

Dans la Botte, le Cameroun chutera à San Paolo de Naples. Face à l’Angleterre de Shilton en quart, Roger Milla et les siens sortiront la tête haute de cette enceinte au sein de laquelle Le Maître a écrit ses plus belles lettres. Au cœur du futur Stade Diégo Maradona, ils ont précédé un autre joueur africain qui avait tout le respect de Diégo : Kalidou Koulibaly. Il déclarera à son sujet : 

« Si Koulibaly était blanc, il jouerait déjà au Real Madrid ou au FC Barcelone. C’est un phénomène, le meilleur défenseur d’Italie. »

Dans le Panthéon Africain de Maradona, vous trouverez également un autre ouest-africain. Un ivoirien, champion d'Afrique en 1992, ancien sociétaire de l'ASEC : Abdoulaye Touré, dit Ben Badi. Pour Diégo, il appartenait à la classe des meilleurs de tous les temps : 

« Je le dis sans sourciller, Ben Badi aurait pu devenir l’un des plus grands joueurs de tous les temps. Ceux qui connaissent vraiment le football seront d’accord avec moi. Le mec avait un talent exceptionnel, quand on regarde la manière dont il jouait, c’était un véritable génie. Lorsqu’il évoluait dans son pays dans les années 90, je pense qu’il était à cette époque, l’un des tous meilleurs mondiaux à son poste. J’aimais trop ce joueur, il pratiquait le football que j’aimais. (...) »

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