Gambie – Gabon : « Parce qu’on est petits »

« Parce qu’on est petits »

By TIFOS
3 Minutes

Des Gabonais couchés à même le sol, dormant à l’aéroport international de Banjul : les photos ont fait le tour du monde. Les fans d’Arsenal ont vu leur capitaine se faire maltraiter par les autorités Gambiennes. Un incident presque diplomatique qui ne conduira pas qu’à la défaite de l'escouade de Patrice Neveu face à leurs hôtes (2-1). La Gambie devrait payer pour une attitude qui ne date pas d’hier en Afrique…

P.E Aubameyang par Tim Reckmann (Image rognée) - Wikimédia Commons CC BY-SA 3.0
P.E Aubameyang par Tim Reckmann (Image rognée) - Wikimédia Commons CC BY-SA 3.0

La technique des plus faibles

Chacun y va de ses arguments pour renvoyer la balle à l’autre. Panthères et Scorpions se rejettent mutuellement ces images insoutenables. Qui a raison ? Qui a tort ? On le saura un peu plus tard. La CAF s'est saisie « des instances disciplinaires en vue d’examiner les causes de cet incident, en établir les responsabilités et appliquer les sanctions conséquentes ».

En attendant donc que les premières têtes tombent, ce dont on peut être sûr c’est que certaines nations et certains clubs en Afrique le faisaient depuis longtemps. Parce qu’on s’estime en danger, on a perdu le match aller ou on n’est pas sûr de le gagner, on joue sur l’hospitalité.

Pour empêcher les visiteurs d’être prêts le Jour J, on détruit leur préparation. Psychologiquement comme tactiquement, on s’attaque à leur intégrité pour glaner trois petits points. Tout un subterfuge qui prouve toute l’étroitesse du mental de l’équipe qui le fait, convaincue qu’elle ne gagnerait pas à armes égales. Les Brésiliens* se plaignent aujourd’hui, et pourtant ils l’ont aussi fait. Avant ils avaient peur, désormais ce sont eux qui font peur. Comme quoi tu récoltes ce que tu as semé...

  Image by Luis Wilker Perelo WilkerNet from Pixabay
  Image by Luis Wilker Perelo WilkerNet from Pixabay

Il y a pire...

Toutefois, l'Azingo peut même s’estimer heureuse : son staff et ses joueurs auraient pu vivre pire. Recevoir des pierres assis dans leur bus ou pendant un match, mourir sur le chemin des vestiaires comme Albert Ebossé, ou être maltraités par leur propre fédération. Au sein autant qu’autour des enceintes africaines, l’addition est souvent salée. Les histoires des sélections africaines abandonnées à elles mêmes ne manquent pas d’imaginations.

Chaque joueur, chaque supporter garde précieusement dans son esprit un jour où il s’est senti humilié. Les histoires de primes, de factures d’hôtel impayées, de voyages en bus ou l’avion s’imposait et bien d’autres périples ont malheureusement peint les aventures du football africain. Des actes injustifiables, étonnement justifiés par un manque de moyens. « On n’a pas d’argent », diront-ils pour se dédouaner. Quand certains leur répondront simplement qu’on accroche son sac ou on peut le décrocher…

Supporters du Congo par Happiraphael - Wikimédia Commons CC BY-SA 4.0
Supporters du Congo par Happiraphael - Wikimédia Commons CC BY-SA 4.0

La responsabilité de la CAF

Qu’en est-il de la Confédération Africaine de Football ? Si certaines attitudes vont encore à l’encontre de l’épanouissement du sport roi sur le Continent Noir, c’est que sa mission s’est arrêtée à certaines portes. On n’a pas suffisamment ou pas sanctionné les fautifs, et le mal s’est installé telle une tradition. On l’a même quasiment accepté en se disant comme d’habitude : « c’est l’Afrique ! ».

Une formule incompréhensible qui n’a fait que maintenir le Berceau de l’Humanité dans une grotte, à l’abri du développement. Pour le bien du foot africain en particulier et de l’Afrique en général, la CAF doit stopper ce genre de comportements, peu importe qui est le responsable. Les petits seuls ne doivent par servir de leçon...

*Surnoms des Gabonais

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