À quoi ça sert de contester les élections ?

By Ecclésiaste DEUDJUI
3 Minutes
Donald Trump refuse de reconnaître sa défaite. Source: lesoir.be /CC-BY
Donald Trump refuse de reconnaître sa défaite. Source: lesoir.be /CC-BY

 

Depuis une semaine déjà que le résultat des élections présidentielles a été dévoilé, Donald Trump continue toujours de nier le verdict du scrutin. Ce qui est une aberration en soi, puisque c’est le président sortant qui accuse son adversaire politique de fraude. Le monde à l’envers !

Ce vendredi, les derniers résultats ont finalement été connus avec une victoire pour Joe Biden en Géorgie (16 grands électeurs) et en Arizona (11), et une autre pour Donald Trump en Caroline du Nord (15). Rappelons que Joe Biden avait précédemment remporté l’Etat de Pennsylvanie qui lui a octroyé 20 grands électeurs, ce qui porte son total à 306 contre 232 pour son adversaire républicain.

 

À quoi ça sert donc de contester les élections ? Si ce phénomène peut apparaître comme une surprise aux États-Unis, c’est un fait récurrent sur le continent africain. On peut même dire que c’est une routine. Généralement les élections en Afrique sont organisées et verrouillées de main de maître par le président sortant –qu’on ne voit jamais sortir, en passant–, et ses opposants contestent le verdict du scrutin bien longtemps avant la date officielle des élections.

C’est un cinéma qui ne nous fait plus rire. Les exemples sont légion au Cameroun avec Maurice Kamto, qui s’est même autoproclamé président de la république depuis les élections qu’il a « perdues » en octobre 2018. Et à l’heure où je vous parle, il a purgé neuf mois de prison en 2019 et il est actuellement en résidence surveillée depuis le 22 septembre 2020 à Yaoundé.

 

Au Gabon, c’était pareil en 2016. Jean Ping, ancien baron du régime de Bongo père, s’est vu assigné à résidence par Bongo fils qui n’est autre que son beau-frère, toujours avec ces mêmes motifs de fraude électorale, de bourrage des urnes, de partialité de la Cour constitutionnelle, etc. Toujours est-il que cela fera bientôt cinq ans et pourtant, même malade, c’est toujours Ali Bongo qui demeure le seul maître à bord à Libreville.

En Guinée, on prédisait l’enfer à Alpha Condé. Mais il a fait réviser la Constitution pour se présenter à un troisième mandat, et il l’a remporté. Cellou Dalein Diallo a eu beau ameuter la communauté internationale, cela ne changea rien : c’est le papy de 82 ans qui est toujours aux commandes de ce pays.

 

Et enfin, at last but not at least, la Côte d’Ivoire. Le 31 octobre était annoncé comme une date impossible, puisque c’était la date des élections présidentielles. Guillaume Soro avait même donné sa parole en affirmant que ce suffrage ne s’exprimerait pas à cette date-là. Ses comparses et lui en ont même appelé à la désobéissance civile ! Mais aujourd'hui, à l’heure où je vous parle, nous sommes déjà le 15 novembre et pourtant ces élections ont effectivement eu lieu le 31 octobre.

Alassane Ouattara s’est même payé le luxe de remporter cette présidentielle avec un score soviétique de 94 % ! Elle n’est pas belle la vie ?

 

Bref, contester une élection ne sert à rien à posteriori. Si on trouve que les conditions ne sont pas réunies pour sa tenue équitable, il vaut mieux n’y pas participer. Si on doute de la commission qui est chargée de veiller sur sa régularité ainsi que de proclamer les résultats définitifs, autant poser des conditions d’amélioration au préalable. Car que ce soit Donald Trump aux États-Unis ou encore ses compères de l’Afrique subsaharienne, leurs revendications ne modifieront jamais le résultat officiel.

Car on n’a jamais vu un président nouvellement élu se faire remplacer par ses adversaires qui ne reconnaissaient pas cette élection...

 

Ecclésiaste Deudjui

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