Michèle Ndoki va-t-elle remplacer Maurice Kamto ?

By Ecclésiaste DEUDJUI
2 Minutes
Michèle Ndoki (à droite) est candidate à la présidence du MRC. Source: actucameroun.com /CC-BY
Michèle Ndoki (à droite) est candidate à la présidence du MRC. Source: actucameroun.com /CC-BY

 

Le MRC vient encore de nous sortir un nouvel épisode rocambolesque dont il a le secret. Ou c’est déjà la saison 6 oooh ! Toujours est-il que dimanche soir, dans l’émission L’Arène sur Canal 2, l’avocate Michèle Ndoki a déclaré son intention de briguer la présidence de son parti le MRC, afin de « prouver que l’alternance est possible ».

Michèle Ndoki revenait d’un séjour à l’étranger, plus précisément en Côte d’Ivoire. Rappelons qu’elle occupe actuellement le poste de vice-présidente des femmes de ce parti, et qu’elle n’a jamais caché son admiration et sa dévotion profonde pour son mentor politique, le Pr Maurice Kamto.
Seulement voilà, l’appétit vient en mangeant. En fréquentant régulièrement l’opposant numéro 1 du Cameroun, elle s’est saisie d’appétit pour le pouvoir. Et elle entend y postuler dès les instances internes, notamment en challengeant celui qui actuellement le maestro du parti.

Concrètement, cela qui signifie que Me Ndoki va se présenter lors des primaires de 2023, face à Maurice Kamto qui sera candidat à sa propre succession. Cela pose aussi la question d’une femme à la tête d’un parti politique d’envergure, voire une femme à la tête de la République du Cameroun.
Est-ce réellement possible en l’état actuel de notre architecture politique ?

Quoi qu’il en soit, Michèle Ndoki vient de lever un tabou. Car même si on enlève Paul Biya dont l’alternance à la tête de son parti RDPC est une élucubration, il en est de même dans tous les autres organes d’opposition. Déclarer sa candidature à une élection interne, relève quelquefois de la lèse-majesté. On ne sait pas encore si Maurice Kamto avalera la pilule, ou alors s’il profitera de cette annonce pour démontrer le volet « démocratique » et « concurrentiel » de son organisation. Mais en attendant, les chances qu’elle puisse le vaincre sont, disons le franchement, très infimes.

Le MRC est actuellement préoccupé par le sort de ses dizaines de militants qui croupissent derrière les barreaux, pour avoir marché en protestation de la gestion des fonds Covid. Le porte-parole Bibou Nissack et le trésorier Alain Fogué ont d’ailleurs été condamnés à sept ans de prison, et Maurice Kamto n’a de cesse de revendiquer leur libération immédiate.

Quant à Michèle Ndoki, elle jouit d’une popularité née lors de ces mêmes marches, après avoir été violentée par des hommes non identifiés. Sa déclaration de candidature est un acte à encourager et à saluer, même s’il n’est pas certain qu’elle sera la candidate officielle du MRC lors de la présidentielle de 2025...

 

Ecclésiaste Deudjui

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