Le Cameroun peut-il remporter la Coupe du monde au Qatar ?

By Ecclésiaste DEUDJUI
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Nicolas Nkoulou (à gauche) et son coéquipier Castelleto, lors de la défaite (0-2) face à l
Nicolas Nkoulou (à gauche) et son coéquipier Castelleto, lors de la défaite (0-2) face à l'Ouzbékistan. Source: afrik-foot.com /CC-BY

 

J’ai suivi l’intervention lunaire de Samuel Eto’o Fils après notre défaite contre l’Ouzbékistan. Et si j’ai bien entendu, le bon monsieur nous révèle qu’il avait « souhaité la défaite du Cameroun », que « notre sélection nationale est un groupe humainement bon », et surtout que « Les lions indomptables rentreront du Mondial au soir du 18 décembre », c'est-à-dire le jour de la finale...

Personnellement je trouve ces propos un peu osés, voire déplacés. Je suis d’avis qu’il faille disséminer un vent d’optimisme au sein de notre tanière, mais pas au point de sacraliser une défaite (0-2) contre la 77ème nation au classement FIFA. Je suis aussi d’avis que, même si nous devons croire en nos chances et en nos capacités, il faut aussi connaître nos limites, sinon le réveil sera terriblement brutal !

Contre l’Ouzbékistan, les Lions ont testé de nouveaux joueurs qui ont donné satisfaction pour la plupart. Les critiques ont surtout porté sur la défense à trois —expérimentale— et sur les apports insignifiants des deux revenants que sont Nicolas Nkoulou, et Georges Constant Mandjeck. La circulation de balle a été très appréciable et l’état d’esprit des joueurs était plutôt positif, mais un match de préparation c’est toute une atmosphère, et c’est également le résultat.

Surtout que dans le même temps, le Brésil rossait le Ghana (3-0) en se baladant presque, et que la Suisse a dominé l’Espagne (2-1) dans ce qui représentait pourtant un match très important. Autant dire que nos adversaires ne se contentent pas de faire la fine bouche, et que, quand ils peuvent gagner un match de préparation, ils ne se gênent pas...

Mardi prochain nous joueront donc notre dernier match-test avant la Coupe du monde, contre la Corée du sud. Cette fois-ci le stade sera plein et le public sera entièrement hostile à notre sélection nationale. Si Samuel Eto’o souhaite encore une défaite, autant qu’il le dise tout de suite, au lieu de faire comme les journalistes qui ajustent leurs discours après les résultats de chaque rencontre.
Moi je ne suis pas pessimiste, mais réaliste. Nous devons avoir un moral de vainqueurs mais le moral seul ne suffit pas pour remporter une telle compétition. Le talent est prioritaire. Nous avons des joueurs moyens, il faut bien l’admettre, et qui ne jouent dans aucun grand club (hormis quelques exceptions). Nous aurons en face de nous des adversaires comme Vinicius Jr., Rodrygo, Neymar, et ce serait leur faire injure que de penser que nous avons déjà gagné le match contre le Brésil.

Avançons-nous vers le Mondial qatarien avec le maximum de prudence, car les propos d’Eto’o sur notre victoire finale lui retomberont comme un camouflet en cas d’une élimination précoce. Car en 2010 et 2014 nous sommes revenus du Mondial avec zéro point, donc soyons raisonnables et modestes. Une qualification pour les quarts de finale serait déjà un exploit gigantesque, et certainement aussi le signe d’une Coupe du monde parfaitement réussie.

 

Ecclésiaste Deudjui

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