Cameroun : Embiid et Siakam en sélection…

Être ou ne pas être...

By TIFOS
4 Minutes
Pascal Siakam (à gauche) par Keith Allison from Hanover, MD, USA - CC BY-SA 2.0 / Joël Embiid (à droite) par All-Pro Reels - CC BY-SA 2.0 (Wikimédia Commons)
Pascal Siakam (à gauche) par Keith Allison from Hanover, MD, USA - CC BY-SA 2.0 / Joël Embiid (à droite) par All-Pro Reels - CC BY-SA 2.0 (Wikimédia Commons)

Le succès n’invite personne à sa table. La réalité est catégorique là-dessus : percer dans le sport avec une nationalité africaine est très difficile. Les critiques comme la méfiance, escorteront votre mission impossible. Tenteront de vous dévier de ce chemin sinueux que Pascal Siakam et Joël Embiid ont emprunté avec brio. Le drapeau camerounais sur le dos, le « champion du monde » et son compatriote ont démontré à leurs frères que c’est possible de rayonner en restant africains…

Kevin Seraphin (à gauche) et Luc Richard Mbah a Moute par Keith Allison from Owings Mills, USA – Wikimédia Commons CC BY-SA 2.0
Kevin Seraphin (à gauche) et Luc Richard Mbah a Moute par Keith Allison from Owings Mills, USA – Wikimédia Commons CC BY-SA 2.0

Merci Monsieur

Mais avant tout, rendons d’abord hommage à celui sans qui cette leçon n’aurait pas été possible : Luc Mbah A Moute. Grâce aux camps qu’il organise, le Prince de Biamesse a permis à sa nation de compter dans ses rangs deux véritables champions. Deux gros talents qui ont tout pour offrir à « l’Afrique en miniature » mieux qu’une médaille d’argent* à l’Afrobasket.

En effet, avec les meilleurs basketteurs de son histoire, les Lions Indomptables ont d’énormes chances de gagner en légitimité. Leur expertise apporterait enfin un titre à leurs paniers. Un trophée continental avant les JO et le Mondial ? Pourquoi pas. Il faudra d’abord participer certes, mais rivaliser avec les plus grands ne sera pas infaisable. Pascal Siakam :

« Quand j’étais enfant, je ne pouvais pas rêver que je pourrais un jour vivre ça et je pense que beaucoup d’enfants se disent la même chose, mais je leur dis : Regardez-moi, j’étais un petit gamin décharné du Cameroun et maintenant je suis champion. »

Tim Frazier, Kyle Lowry et Pascal Siakam par par Keith Allison from Hanover, MD, USA - Wikimédia Commons CC BY-SA 2.0
Tim Frazier, Kyle Lowry et Pascal Siakam par par Keith Allison from Hanover, MD, USA - Wikimédia Commons CC BY-SA 2.0

Le prix à payer

Pour cela, il faudra payer le prix fort pour bénéficier de cette aubaine. Mettre en place les conditions nécessaires à une bonne atmosphère et convaincre les franchises américaines de libérer leurs têtes d’affiches. L’ailier des canadiens :

« Mon employeur, c’est Toronto. Je leur dois tout ce que j’ai aujourd’hui. Avant que je puisse avoir la possibilité de jouer pour le Cameroun, il faut que les conditions soient solides. Si je n’ai pas l’assurance que je vais venir quelque part où ça sera bien organisé, et que les choses se passent bien, je ne pense pas que j’aurai la possibilité de le faire. J’ai très envie de le faire ».

La Fédération devra ainsi négocier avec Toronto et Philadelphie afin que celles-ci aillent dans le sens de leur détermination, en leur envoyant des staffs personnels pour leurs joyaux. Non pas pour les placer au-dessus des autres joueurs, mais pour pallier à un manque professionnel dont ils sont les principaux garants. Sans quoi, il faudra compter sur les patriotismes du Raptor et du Sixer. Celui du Philadelphien étant écorché par une possibilité de jouer pour la France.

Le pivot des 76ers :

« Je n'ai jamais dit que j'allais jouer pour la France, juste que c'était une possibilité. On ne sait jamais. (…) Je viens du Cameroun mais il y a beaucoup de problèmes. Il faut qu'ils arrangent tout ça. J'aime mon pays, je suis patriote. Je veux jouer pour mon pays. Si j'ai un choix à faire, ce sera Cameroun en premier, s'il y a un bon cadre, parce que c'est de là que je viens. (…) C'est beaucoup d'argent pour laisser partir leur joueur dans un endroit où il n'y aurait pas un bon cadre médical. Donc, il y a mon pays, il y a la France, il y a les États-Unis aussi. Je veux seulement être dans un bon encadrement. »

Joël Embiid en plein dunk (Image rognée) par Keith Allison – Wikimédia Commons CC BY-SA 2.0
Joël Embiid en plein dunk (Image rognée) par Keith Allison – Wikimédia Commons CC BY-SA 2.0

All Stars Team

Des mots qui passent pour un caprice étrange, quand on sait que le natif de Yaoundé n’a aucun lien héréditaire avec les Bleus. Qu’il pleuve ou qu’il neige, Jojo est un Kmer : un vrai comme Spicy P. Une paire qui à elle seule, formait la seconde patrie représentée au All Stars Game 2020 après les États-Unis.

Le nombre de participants par pays :

  • 32 pour les USA
  • 2 pour le Cameroun
  • 1 pour la Grèce, la Slovénie, la Lettonie, la France, la Serbie, la Lituanie et l’Australie

La preuve que si les deux concitoyens ont joué ensemble dans la sélection de la Conférence Est, la Team Giannis, c’est bien pour annoncer une future collaboration. Une association ultérieure à ce 16 Février historique que le « Triangle National » devrait envisager…

Équipe de Mbah A Moute (Houston Rockets) par KeithJJ - Pixabay CC0<br>
Équipe de Mbah A Moute (Houston Rockets) par KeithJJ - Pixabay CC0

Une base non négligeable

Sans Siakam et Embiid, la Tanière n’est pas si « vide » que ça. Si elle venait à se faire, leur venue bonifierait un effectif potentiellement bien équipé. En formant dans le 5 Majeur un trio inédit avec leur mentor Mbah A Moute, les Américains complèteraient ainsi un collectif composé de Français, d’Allemands, d’Italiens, de Slovènes, d’Angolais ou d’Argentins. Des expériences sur de vraies terres de basket au travers desquelles le Cameroun pourrait se construire un bel avenir…

*En 2007 à Luanda, le Cameroun a terminé second de l’Afrobasket. Les camerounais ont été battus en finale par l’Angola, le pays hôte 67-51. Leur seule défaite du tournoi.

Cameroun
Sport
Afrique
Basketball
Nba